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 Jean Montaldo [XXe-XXIe s / France ; Essais Politiques]

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Lydia
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MessageSujet: Jean Montaldo [XXe-XXIe s / France ; Essais Politiques]   Dim 13 Nov 2016, 17:30






Quatrième de couverture :



"7 avril 1994 : François de Grossouvre est retrouvé mort, suicidé dans son bureau à l’Élysée. Nouvelle affaire d’État.
Conseiller et vieux compagnon du président de la République dont il est depuis trente-cinq ans l'éminence grise, Grossouvre connaît les moindres secrets de François Mitterrand. Depuis 1982 et mes premières grandes enquêtes sur la corruption socialiste, je le rencontre régulièrement, à l'abri des regards. Durant toutes ces années, il devient un ami et me livre d'inquiétantes confidences sur les coulisses de l’État PS, les réseaux de l'affairisme politique et les "40 voleurs..." que le président de la République tolère autour de lui, encourage parfois, protège toujours.
Conformément à ses vœux, je révèle dans ces pages pourquoi François de Grossouvre s'est senti trahi par le président. Pourquoi, jusqu'à la fin, il a porté à son encontre les plus graves accusations.
A la suite de mon précédent livre, Lettre ouverte d'un "chien" à François Mitterrand au nom de la liberté d'aboyer, j'ouvre ici de nouveaux dossiers. Ils donnent la clé du système pervers qui, après avoir désespéré le Premier ministre Pierre Bérégovoy, a fini par tuer François de Grossouvre."





Mon avis :



Je lis rarement des bouquins politiques mais je tenais à relire celui-ci car il m'avait marquée. Je l'avais lu à sa sortie, en 1994, mais j'étais encore un peu jeune à l'époque pour en comprendre tous les tenants et les aboutissants. Bien entendu, il ne faut pas perdre de vue que Montaldo est pamphlétaire ici, donc peu objectif. Ami de François de Grossouvre, qui s'est suicidé le 07 avril 1994, il tente de prouver qu'il s'agit d'un assassinat. Le bouquin n'est paru que deux mois après le décès... on peut donc imaginer aisément l'état émotionnel de Montaldo qui va employer toute sa verve à démontrer sa théorie.

Ceci dit, on apprend beaucoup de choses sur les coulisses du pouvoir, du "règne mitterrandien". Je me faisais d'ailleurs la réflexion qu'il y avait eu bon nombre de morts sous sa présidence... un peu trop peut-être pour être honnêtes ! Les dossiers sont légion : affaire Urba, affaire Tapie... que des joyeusetés (et des suicides en guise de conclusion !)... et quand, en plus, les juges y mettent leur nez dedans, ça ne sent pas bon !

J'essaie, dans ce billet, de rester neutre, car rien ne fâche plus que la politique. Ceci dit, lire ce livre permet tout de même, avec son esprit critique, de se faire une idée sur la question et, surtout, sur ce personnage, aimé ou haï, qu'était Mitterrand.




Extrait :


Vingt jours après le suicide de Grossouvre, la télévision d’État lui prête ses antennes pour qu'il puisse se justifier à propos du précédent suicide qui l'accuse, celui de Pierre Bérégovoy, un an auparavant. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Aussi, le 27 avril 1994, François Mitterrand fait appel aux compétences d'un autre de ses spécialistes : le militant du Parti socialiste Serge Moati, réalisateur d'un film de pure propagande sur la vie et la mort de Pierre Bérégovoy.

Payé par l’Élysée et diffusé par France 2, ce chef-d’œuvre de désinformation a été voulu et commandé par le président, au terme d'une chaude soirée à l'Elysée, le 10 mai 1993. Il nous est présenté sur une chaîne d’État, au moment même où s'ouvre, devant la cour d'appel de Paris, le second procès Pechiney dont François Mitterrand aurait dû être la grande vedette, si les cartes judiciaires n'avaient été biseautées... J'y reviendrai.

La réalité, je l'explique dans Le Quotidien du même jour : avec ce film, Serge Moati porte un sérieux préjudice à la mémoire du disparu. C'est une mauvaise action. Trop de propagande tue la propagande. Je retrouve là les méthodes chères aux cinéastes du régime soviétique : l'histoire est aménagée, les témoins triés sur le volet. Que je sache, la télévision publique est celle de tous les Français ; elle doit être neutre et respecter les règles élémentaires de la déontologie journalistique. Or François Mitterrand s'est fait réélire, en 1988, en promettant de restaurer les valeurs d'un État impartial. Et voilà que le chef d’État - peut-être parce qu'il n'a plus rien d'autre à faire - devient producteur de télévision, ce qui ne pourrait exister dans une démocratie anglo-saxonne.

En 1981, François Mitterrand est suivi par Moati au Panthéon, quand il va se recueillir sur la tombe de Jaurès, le père du socialisme. En 1993-1994, il demande aux mêmes caméras de Serge Moati, payées sur les fonds de la présidence de la République (et non sur sa cassette personnelle, ce qui aurait été la moindre des choses), de réécrire l'histoire à son avantage. C'est tout ce qui restera du film diffusé ce soir-là sur France 2 : un modèle de désinformation.

De cette "hagiographie aussi inutile que néfaste pour la mémoire de celui qu'il s'agit d'honorer", le journaliste du Monde Thierry Bréhier, écrit aussi :
"Le plus grave est que l'erreur a été volontaire".

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Jean Montaldo [XXe-XXIe s / France ; Essais Politiques]
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