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 Paul Perrève [XXe-XXIe s / France ; Médecine]

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Lydia
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MessageSujet: Paul Perrève [XXe-XXIe s / France ; Médecine]   Dim 13 Nov 2016, 17:34





Quatrième de couverture :



En Haute-Ardèche, les corps et les caractères, tout autant que le paysage, sont façonnés par la " burle ", ce terrible vent hivernal qui glace jusqu'aux os. Sur ces terres superbes aux abords hostiles, Paul Perrève a exercé la profession de médecin généraliste pendant douze ans. Douze rudes années à parcourir les mauvaises routes des hauts plateaux, douze années éreintantes, rythmées par les naissances, les maladies, les accidents et les morts des habitants de ces fermes, de ces villages que Paul Perrève apprendra à connaître, à comprendre et, au fil des saisons, à aimer. Ce livre est un récit passionnant sous la forme du " journal d'un médecin de campagne ", mais aussi un témoignage unique sur les hauts et les bas d'une vocation et une déclaration d'amour à ceux que la fortune a abandonnés sur le bord du chemin...





Mon avis :



À l'heure où l'on parle de désertification médicale, de raréfaction des médecins de campagne, ce petit bouquin, que j'ai découvert par pur hasard, tombe à pic. Ce n'est pas un simple roman, plutôt, comme l'annonce la quatrième de couverture, un "journal" dans lequel l'auteur ne cache absolument rien. Rudesse des éléments, des habitants parfois, tout est combiné pour écœurer le plus convaincu des disciples d'Hippocrate. Sauf, bien entendu, si, comme Paul Perrève, on a ce métier chevillé au corps et au cœur. Imaginez vous sortir en plein hiver vers minuit, lorsque souffle ce vent terrible formant des congères, que la route commence à se glacer sur des chemins qui n'ont du terme "route" que l’appellation, pour aller pratiquer un accouchement dans une ferme perchée dans ces hameaux perdus... Il faut avoir du courage mais aussi de l'humanité.

Dans cette sorte de roman autobiographique, il nous fait part de tous ses ressentis, sans rien nous cacher. Le médecin de campagne des années 60 était considéré comme le messie, de même que l'instituteur ou le curé. On comptait sur lui et il ne pouvait se dérober à ses responsabilités. On peut constater, à travers cet écrit, qu'il passait moins de temps à son cabinet que dans sa voiture, toujours par monts et par vaux, allant de ferme en ferme, quel que soit le temps.

Très agréable à lire, ce livre vous en apprendra beaucoup sur ce métier mais aussi sur ces habitants ruraux et sur leurs conditions de vie.




Extrait :


Mais la misère n'est pas un décor. Elle marque d'une empreinte pathétique, indélébile les visages et les corps où elle s'est installée. La misère, ce sont ces yeux grands ouverts d'enfants apeurés, qui me scrutent derrière des visages barbouillés de morve et de crasse. Ils sont là, ces enfants, dans leurs habits aux couleurs incertaines, fanés, usés, reprisés, trop longs ou trop courts, maintenus par des boutons dépareillés, par des ficelles de lieuse ou des bretelles délabrées. Ils sont là sous leurs tignasses sombres et laineuses que de maladroits ciseaux ont coupées, avec leurs mains sales, leurs genoux écorchés, leurs jambes couvertes d'impétigo, les pieds dans des brodequins sous lacets.
Et ce vieillard assis sur un tabouret à traire, emmitouflé sous une épaisse couche de gilets, de vestes et de cache-nez, un vrai portemanteau ; le menton appuyé sur sa canne sculptée, il m'épie de son œil rougi qui coule en permanence.
La femme debout auprès de ses enfants porte une jupe retenue par un élastique qui apparaît à la taille, un tricot de laine constellé de taches. Encore jeune, déjà les marques de la vieillesse s'inscrivent sur son visage fatigué, usé, sans âge, sur son regard que ternit l'indifférence, n'exprimant plus depuis longtemps la plus fugace émotion.
Un enfant se cache le visage contre sa jupe en me lorgnant à la dérobée ; doucement la femme le repousse, d'un geste doux comme une secrète caresse.
La misère est silencieuse. Les enfants, la femme, le vieillard me regardent et se taisent. Ni bonjour ni rien. Le vieux a bien marmonné quelque chose, mais c'était peut-être une injure. La femme s'essuie les mains sur la jupe et passe la porte de la chambre contiguë sans même m'inviter à la suivre.
Dans ces misérables tanières il n'y a bien souvent qu'une chambre sans chauffage encombrée de lits de fer, de matelas à même le sol, de berceaux aux planches mal jointes. C'est peu de dire qu'on y est à l'étroit. Pour arriver jusqu'au malade, il faut se frayer un passage entre les obstacles, enjamber une couche où dort un gosse.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Paul Perrève [XXe-XXIe s / France ; Médecine]
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