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 Brice Torrecillas [XXe-XXIe s / France ; hommage régional]

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Lydia
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MessageSujet: Brice Torrecillas [XXe-XXIe s / France ; hommage régional]   Dim 05 Fév 2017, 16:14





Quatrième de couverture : 
 
 
Berceau du fauvisme grâce à Henri Matisse et André Derain, tombeau du poète espagnol Antonio Machado, Collioure possède à juste titre une renommée mondiale. À travers ce texte humainement - amoureusement - habité, BriceTorrecillas rend hommage à cette belle cité de la Côte Vermeille et aussi à René Francès, l’ami disparu qui lui a permis d’aller au-delà des clichés touristiques. René habitait Collioure, et Collioure habitait René : passionné de peinture et de tauromachie, animé du sens de la fête et fidèle aux traditions, il a toujours eu à cœur de confier à qui le souhaitait les clés du petit port catalan. Ce livre, riche d’une émotion vraie, est une longue et tendre déclaration d’amour : à Anne, à René... à Collioure... 
 
« C’est René qui m’a livré l’âme de Collioure. Il aimait son village au point que j’ai du mal à les distinguer l’un de l’autre. Je voudrais parler de René. Je voudrais parler de Collioure. »
 
 
 
 
Mon avis :
 
 
Ce livre me touche particulièrement. J'ai vécu trente ans en Catalogne, dans un petit village à une dizaine de kilomètres de Collioure. Tout comme Brice Torrecillas, je n'en étais pas native, ma famille non plus d'ailleurs. Et même si j'aime cette région, si j'y suis arrivée alors que j'étais encore dans le berceau, je n'ai jamais pu me sentir catalane.
 
L'auteur rend ici un fabuleux hommage à cette ville, et, à travers elle, à toute cette région où les habitants sont certes coriaces mais chaleureux. Ce que j'aime dans ce texte proche de la prose poétique, c'est que Brice Torrecillas ne mâche pas ses mots. Nous ne sommes pas ici dans l'éloge pur et dur. Non. Il décrit son ressenti, ses émotions telles quelles, sans ménagement. Il n'hésite pas à décrire les points négatifs de ces gens qui vous font ressentir que vous n'êtes pas de chez eux tout en vous acceptant - et c'est là toute l'ambiguïté - mais ces quelques inconvénients sont très vite effacés par la chaleur qui se dégage de ses habitants. Bel hommage à cette ville connue pour ses peintres, cette ville colorée où se mêle mer et montagne, barques et vignes. Bel hommage également à cette figure emblématique qu'était René Francès que je n'ai pas eu l'honneur de connaître mais dont on m'a parlé. René Francès, l'emblème de Collioure, son défenseur acharné, son ambassadeur. 
 
Je le disais au départ, je ne me suis jamais sentie catalane. Pour autant, ceci ne m'a pas empêchée d'apprendre le catalan, de chanter L'Estaca dont parle Brice Torrecillas, "l'hymne" de la région, d'aller même boire un café - au sortir d'un concert avec la chorale dont je faisais partie - avec l'autre grande figure, Jordi Barre... de m'intéresser à la culture régionale, d'aimer les gens de cette région et de m'en faire apprécier. Ce livre a eu, sur moi, l'effet de la madeleine de Proust. Je l'ai refermé avec quelques larmes dans les yeux... émue et nostalgique. 
 
Que dire de plus, sinon un grand merci, un très grand merci à son auteur ?
 
 
 
Extrait : 
 
 
Faire corps. Rester groupés pour lutter contre les menaces.
Le code de conduite peut paraître quelquefois pesant, comme on me l'a confié avec une certaine gêne. Difficile sinon impossible de sortir du rang, de mettre en avant sa singularité. Celui qui essaie de vivre selon des normes qui n'épousent pas exactement celles du village risque à tout moment d'en payer le prix. En poussant le bouchon un peu loin, on doit être Colliourenc avant d'être soi-même.
En revanche, les gens venus d'ailleurs qui seraient tout prêts à respecter le règlement ne pourront jamais vraiment s'intégrer. J'ai entendu ironiser sur ces anciens touristes qui s'installent ici pour leur retraite ou pour changer de vie. C'est vrai qu'ils sont un peu ridicules dans leurs tentatives effrénées de parler le catalan sans parvenir à gommer leur accent lyonnais ou parisien, de danser la sardane comme des petits chiens savants. Tant d'efforts si mal récompensés... Les artistes jouissent bien sûr d'un statut particulier (on sait ce qu'on leur doit et dans leur cas le processus s'inverse, tout peintre est un peu de Collioure, quand bien même n'y aurait-il jamais mis les pieds) mais si on accueille les autres avec hospitalité, si on les respecte pour ce qu'ils sont, ils resteront toujours des étrangers. Avant d'ouvrir leur manuel du parfait petit Catalan, pourquoi n'ont-ils pas ouvert simplement les yeux ? Ils se seraient aperçus qu'on ne devient pas Colliourenc, on l'est par la naissance. Le contraire des anchois, en somme : ce n'est pas la préparation qui importe, c'est la provenance.
On peut le regretter. On peut aussi tenter de comprendre. Leur identité a subi tellement de coups que les Colliourencs se méfient même des caresses.

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Brice Torrecillas [XXe-XXIe s / France ; hommage régional]
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