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 Saint-Luc [XXe-XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Saint-Luc [XXe-XXIe s]   Jeu 16 Fév 2017, 12:00




Quatrième de couverture :


Le commissaire divisionnaire Garon dirige la brigade des affaires générales de Lyon, brigade un peu particulière chargée des dossiers mettant en cause des personnalités en vue. Suivez-le pataugeant dans la fange peu ragoûtante des affaires dites « spéciales » et plongeant dans les marigots souvent inavouables de la politique et de la finance.

Le directeur général d'une banque lyonnaise est retrouvé abattu dans son bureau, place Bellecour, trois balles au niveau du plexus dessinant un triangle parfait. L'enquête s'annonçant immédiatement comme « sensible » est alors confiée au commissaire Garon ; initiée à Lyon, elle le conduira bien loin de nos frontières, jusqu'à Hong Kong et Macao.
Meurtre sur contrat, chantage, trafics ignobles… Rien ne sera épargné au commissaire Garon qui découvrira progressivement la face noire de personnages pourtant au-dessus de tout soupçon.





Mon avis :

J'ai fait un peu le parcours à l'envers puisque j'ai commencé les aventures du Commissaire Garon par le tome 2. Non pas que ce fut par esprit de perversion. Un partenariat avec les Agents Littéraires m'avait permise de découvrir ce personnage haut en couleur d'Albéric, commissaire légèrement chafouin ayant le don de nous faire à la fois sourire et de nous mettre les nerfs en pelote.

C'est donc avec joie que je me suis plongée dans le tome 1, La jeune Chair. Je n'ai pas été déçue. Ce premier tome permet de commencer à cerner le personnage. Là encore, on voyage à travers Lyon (ville que je ne connais pas physiquement parlant mais que je découvre de manière presque virtuelle) mais également en Asie. On retrouve la noirceur et l'insatisfaction face à l'injustice de ce bas monde et la société corrompue, le tout ponctué par un humour caustique appréciable.

L'intrigue est habilement ficelée. Les références culturelles sont nombreuses. De San-Antonio à Malraux pour la littérature, l'époque giscardienne que l'auteur connaît bien – et ça se sent – pour planter l'histoire. Des allusions cinématographiques également, notamment avec l'épisode des lingots sous les dalles transparentes*, qui n'est pas sans me rappeler un film (mais impossible de me souvenir du titre**) dans lequel une discothèque avait les mêmes dalles mais avec des poissons. Un cadavre y était caché.

Court, agréable à lire et bien écrit, tels sont les ingrédients qui font que la mayonnaise prend. J'attends avec impatience les nouvelles aventures de ce commissaire que, personnellement, je trouve plutôt attachant.




* Intertextualité, quand tu nous tiens... Cet établissement existe bel et bien mais il m'a fait penser à ce film dont je parlais. Il s'agit de l'hôtel Grand Empereur à Macao. Voyez plutôt :




** J'ai retrouvé la référence. C'était dans un épisode de Columbo : Columbo et le monde de la nuit ( Columbo likes the Nightlife ; 2003 ; dernier épisode de la série)




Extrait :

Ils prirent l’Avenida de Lisboa qui longeait le casino du même nom et était en partie piétonne: elle était remplie de putes chinoises, en minijupe et collants. L’une d’elles mit sous leur nez sa poitrine prometteuse qui semblait vouloir transpercer l’élastomère de la combinaison vert fluo dont elle s’était affublée. Elle fixa Garon d’un regard largement souligné de khôl en se passant une langue tout autour de sa bouche rouge sang. Superbe fruit pour camionneurs de retour d’Ardèche, se dit-il, mais décidément trop vulgaire pour lui. Fred, par contre, semblait apprécier la situation et tous les corps à moitié dénudés qui s’offraient à ses regards.
Ils tournèrent ensuite à droite Avenida Mario Soares, laquelle semblait beaucoup plus calme : le King Grand se voyait de loin dans l’avenue dégagée.
C’était une grande bâtisse carrée, beaucoup plus haute que large, la moitié de la hauteur occupée par des projecteurs de couleurs criardes, entourant une couronne qui flashait continuellement. Au sommet de l’édifice, la même couronne royale tournait sur elle-même en haut de son mât, lançant ses éclairs sur la ville. Aspect incongru du décor, deux soldats d’opérette costumés en horse-guards montaient la garde, leur arme factice à l’épaule de part et d’autre de la porte monumentale d’entrée. Cerise de mauvais goût sur ce décor outré, un carrosse, certainement en contreplaqué mais rutilant de peinture neuve, était exposé sur le terre-plein en face de l’hôtel.

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MessageSujet: Re: Saint-Luc [XXe-XXIe s]   Jeu 16 Fév 2017, 13:12



Quatrième de couverture :


La mort de Patrice Warth, ancien ministre, ex-trésorier de l’Union des conservateurs de progrès sème la panique dans le landerneau politique : sa veuve allègue détenir des cahiers compromettants et menace de les rendre publics si toute la lumière n’est pas faite sur la disparition de son mari. L’enquête de Garon le mènera de Lyon à Chantilly en passant par Cannes et Genève, sur fond de guerre impitoyable des « services », de mafieux sans états d’âme et d’hommes politiques aux abois.





Mon avis :


Ah ! Commissaire Garon ! Tout un poème... A mi-chemin entre Philippe Jordan (Le Marginal) et San-Antonio pour leurs méthodes peu orthodoxes, voici un personnage qui décoiffe. On pouvait, à la limite, s’en douter par rapport au titre : « les cahiers du ministre », laissant présager de sombres affaires sulfureuses. Et si Albéric Garon ne fait pas dans la dentelle, on peut dire qu’il mène d’une main de maître son enquête.

L’originalité de ce roman policier réside dans le thème. Qui oserait s’aventurer dans les affaires de l’État ? Qui oserait faire des références aussi flagrantes à des dossiers dont notre gouvernement ne s’enorgueillit pas ? Saint-Luc le fait ici avec aisance et brio et son commissaire n’a rien à envier à ses collègues plus anciens.

Le style, qui plus est, est vif, incisif, donnant du mouvement, une certaine dynamique à l’histoire. La syntaxe s’impose naturellement, reflétant un certain réalisme. Ainsi, tout en lisant le texte, le lecteur peut déjà imaginer l’adaptation cinématographique qui pourrait en être faite très aisément. Le parler gouleyant des personnages est accrocheur et au service de l’histoire. Ceci dit, ce n’est pas pour autant que la langue n’est pas soignée. Elle est finement étudiée. De ce fait, rien ne paraît choquant et explique en partie la fluidité de la lecture. En partie car ce n’est pas le seul facteur. L’auteur nous transpose principalement à Lyon et sans connaître cette ville le lecteur peut aisément s’y retrouver. Saint-Luc a le souci du détail. Il rend compte de la géographie des villes dans lesquelles se déplace son personnage sans pour autant être ennuyeux. En virtuose de la plume, il prend soin de son public sans ne rien laisser paraître. Tous les éléments sont là pour faire rentrer ce roman policier dans les classiques du genre avec tous les honneurs qu’on leur attribue.

Je n’ai pas lu le tome 1 mais je vais m’empresser de l’acheter et je ne manquerai pas de suivre de très près ce commissaire qui, bien qu’un peu chafouin par moments, n’en reste pas moins attachant.

Un grand merci à Vincent des Agents Littéraires pour cette belle découverte.





Extrait :

- Connaissez-vous un certain César Rosazia ?

- Bien entendu, c’est mon chef direct à la S.J.N.M.

- Monsieur Antonina, je vous en prie... On est entre adultes, je n’ai aucun micro dans ma poche et je suis commissaire de police, pas inspecteur des impôts... Je répète ma question : connaissez-vous César Rosazia ?

- On ne vous la fait pas à vous, hein ? Tant mieux, j’aime les rapports francs.

- Alors, Rosazia ?

- Il travaille pour mon groupe, à la sécurité. Il en est même responsable d’ailleurs. Quand je dis qu’il travaille, j’espère que c’est toujours vrai, car il m’a annoncé la semaine dernière devoir prendre un long congé. Son père vient de mourir chez lui, là-bas, en Corse, il fallait qu’il règle ses affaires. Son absence m’ennuie, je vais devoir le remplacer. Ces successions corses peuvent demander beaucoup de temps, vous savez comme ils sont, là-bas, le déchirement de certaines familles... »

Ben voyons ! Comme par hasard, Rosazia était maintenant dans la nature. Si Garon avait eu besoin d’une confirmation du talent de physionomiste de Momo les trois doigts, il obtenait une validation.

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MessageSujet: Re: Saint-Luc [XXe-XXIe s]   Jeu 16 Fév 2017, 13:16





Quatrième de couverture :

Roland Ariel-Sachs, homme politique lyonnais mais aussi tout-puissant directeur général du Fonds monétaire de secours est accusé de viol lors d’une réunion du G20 se tenant dans un grand hôtel de Hua Hin, station balnéaire huppée du golfe de Siam.

Le ministère de l’Intérieur charge le divisionnaire Garon d’une enquête discrète : Ariel-Sachs est-il le pervers que décrit la presse ou s’agit-il au contraire d’une lointaine et diabolique machination ? Alors que l’adversaire autoproclamé du Président Balkücy semble se désintégrer en vol et que l’euro est attaqué, l’Elysée et la place Beauvau tentent de circonscrire l’incendie. Par tous les moyens…




Mon avis :


D'emblée, Saint-Luc annonce la couleur : « Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les situations sont donc imaginaires, bien que certains des protagonistes du roman soient inspirés de personnages publics. » Le Commissaire Garon se retrouve cette fois encore face à une sale affaire. Sale... dans tous les sens du terme puisqu'il s'agit d'une affaire de mœurs. Le directeur général du FMS est accusé de viol. Bien entendu, cela n'est pas sans nous rappeler une bien triste affaire. Mais là où certains se seraient complaisamment vautrés dans la fange en écrivant purement et bêtement (je préfère ce terme à « simplement », pas assez fort à mon goût dans ce cas), un récit collant à l'actualité, Saint-Luc réussit, avec brio, l'exploit d'en faire un polar et, surtout, de mettre en avant son personnage principal, Garon, sans l'effacer au profit du deuxième, le fameux Roland Ariel-Sachs.

Roman plus abouti que les deux précédents, Emphysiqué ! permet à la fois au lecteur de s'amuser en essayant de découvrir à quels personnage réels l'auteur fait référence mais également de réfléchir non seulement à cette enquête policière mais encore à tout ce petit monde de la politique et des médias qui ne nous montrent que ce qu'ils veulent.

Le style de Saint-Luc évolue au fil des romans. Et si je ne peux m'empêcher d'y voir du San-Antonio (que j'adore, ce qui est donc un compliment), l'élève dépasse le maître car la patte est beaucoup plus mordante, beaucoup plus incisive, ce qui donne un style très particulier, très agréable à lire et, plus important que tout, reconnaissable.

J'ai vraiment apprécié ce roman et je n'attends qu'une seule chose à présent : le quatrième opus des aventures du Commissaire Garon.





Extrait :


« J'avais autre chose à vous dire, Commissaire, mais c'est assez délicat... »

Ah quand même ! Il en avait mis du temps à se décider, l'animal ! Les choses sérieuses allaient enfin commencer et Bénélut lever un coin du voile. Garon approuva de la tête, fit un signe ample de sa main largement ouverte signifiant qu'il était à l'écoute.

« Voilà, commissaire. Je suis horrifié par ce qui s'est passé ce matin en Thaïlande, je refuse de croire en la culpabilité de mon camarade, mais j'éprouve néanmoins un certain remords. Remords qui engendre lui-même un doute...

- De quoi doutez-vous, monsieur le président ? De sa culpabilité ou de son innocence ? »

C'est le moment que choisit le serveur pour apparaître de nouveau, leur annonçant qu'il fermait. Garon dut sortir sa carte tricolore, lui apprenant que le Zéphyr fermerait plus tard ce soir. Bénélut, qui venait à n'en pas douter de perdre un électeur, évita de regarder l'importun et répondit au commissaire :

« Vous ne m'aidez pas beaucoup ! Ce que j'essaie de vous faire comprendre est très délicat. La vérité est que je voudrais que Roland Ariel-Sachs fût innocent, mais que je ne peux m'empêcher, au fond de moi-même, d'en douter. Je doute parce qu'un fait s'est produit, il y a de cela quelques années, et que j'ai étouffé sa divulgation, voilà pourquoi. (...) »

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