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 Frédéric Pajak [XXe-XXIe s / France ; Livres illustrés]

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MessageSujet: Frédéric Pajak [XXe-XXIe s / France ; Livres illustrés]   Sam 01 Avr 2017, 17:03





Quatrième de couverture :

A première vue, Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese n'ont rien en commun. Et pourtant : tous deux sont orphelins de père, tous deux ont grandi dans un entourage exclusivement féminin, tous deux n'ont jamais su se faire aimer d'une femme, tous deux ont eu une vie brève, solitaire et émouvante. Et puis, tous deux ont été inspirés par Turin, et son atmosphère terriblement "psychique". De cette ville, qui fut un temps la capitale de l'Italie, Nietzsche n'a dit que l'abord exaltant, aristocratique et baroque, tandis que Pavese en a recraché toute la tristesse, avec ses quartiers industriels, ses usines qui noircissent le ciel, ses ouvriers exténués. C'est à Turin que Nietzsche perd la raison : il a quarante-quatre ans. Et c'est à Turin que Pavese se suicide dans une chambre d'hôtel : il a quarante-deux ans. Le philosophe allemand meurt le 25 août 1900, l'écrivain piémontais un demi-siècle plus tard, à un jour près, le 26 août 1950. En cherchant des rapprochements entre ces deux artistes, ces deux jusqu'au-boutistes de la mélancolie, l'auteur se glisse dans leur drame, dans les blessures inguérissables de leur enfance. Il fait revivre les événements tragiques qui les ont conduits l'un à la folie, l'autre au suicide. Ce livre, s'il respire la gravité, est d'abord une rêverie, une suite de détours et de coïncidences. Les murs de Turin y transpirent. Ils parlent. Il fallait bien près de trois cents dessins pour faire entendre ces voix.




Mon avis :

Difficile de faire la critique de cet ovni littéraire inclassable. L'auteur le dit lui-même : « Ce livre n'est pas une biographie, ni les deux biographies, et encore moins une autobiographie. Ce n'est pas un livre d'histoire, ni d'histoires, ce n'est pas un livre de géographie, ce n'est même pas un roman et ce n'est pas une bande dessinée. » Composé de dessins illustrant les propos – souvent courts – de l'auteur, cet ouvrage est pour le moins original. En effet, avoir l'idée d'établir une comparaison entre deux auteurs que rien ne rapprochait a priori est curieux. Mais là où l'on voit tout le talent et le génie de l'auteur, c'est que le thème est précis et les liens nombreux : mettre ainsi en exergue des points négatifs vécus à la fois par Nietzsche et par Pavese, il fallait oser et, surtout, avoir matière. Le lecteur découvre ainsi, au fil de la rêverie de l'auteur les multiples tragédies des deux personnages concernés. Et même si tout est noir, le graphisme étant au service du texte, il n'en reste pas moins que cet ouvrage est terriblement intéressant. Frédéric Pajak réussit à rendre son œuvre suffisamment fluide et attrayante pour que le lecteur se laisse emporter dans sa pérégrination spirituelle.

Un grand merci à toute l'équipe de Babelio et à son opération Masse Critique ainsi qu'aux Éditions Noir sur Blanc pour cette belle découverte.





Extrait :

(P170-171)





P170 :


« Première neige, chic !!! »

En ce mois de décembre 1888, Nietzsche est dans un état de nervosité particulièrement vif. Comme presque chaque année, à l'approche de Noël et du premier janvier, il souffre de partout et plusieurs jours de suite, perd d'un coup connaissance, traverse de violentes dépressions.



P171 :


Dans la nuit du 23 décembre, en Arles, un inconnu s'est tranché le lobe de l'oreille avec un rasoir. Il a offert le morceau de chair sanguinolent à sa putain préférée. Quelques jours plus tôt, il avait écrit ces mots étranges dans une lettre à son frère Théo : « Tout ce que j'ai fait sur nature, c'est des marrons pris dans le feu. »

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Frédéric Pajak [XXe-XXIe s / France ; Livres illustrés]
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