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 Boris Pahor [XXe-XXIe s / Italie-Slovénie ; Témoignage]

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Lydia
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MessageSujet: Boris Pahor [XXe-XXIe s / Italie-Slovénie ; Témoignage]   Sam 01 Avr 2017, 18:07





Quatrième de couverture :

« C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste rayée recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. »

Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof, Boris Pahor, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Son récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs déchirants. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.





Mon avis :


J'ai lu une quantité de témoignages de ce type. L'Histoire est ce qu'elle est et ce drame s'est répété de camp en camp. Je tenais à lire ce livre car je connais le Struthof. Enfin, quand je dis que je le connais, j'ai pleinement conscience que ce que j'ai pu visiter n'est qu'un dixième du camp existant. Ceci dit, cela suffit pour comprendre l'horreur de la situation. Mais ici, les descriptions restent assez générales. Je pense qu'il y a une certaine volonté de l'auteur de montrer qu'un camp, qu'il se trouve en France, en Allemagne ou en Autriche, reste un camp, avec son lot de désolation, de misère, de tortures. Et en cela, on ne peut qu'adhérer bien entendu, surtout lorsque l'on sait que le narrateur a transité par plusieurs.

Quelque chose est frappant dans ce récit. Il n'est pas larmoyant comme beaucoup. Bien sûr, il raconte les brimades, les sévices, les tortures, la peur. Cependant, Boris Pahor ne s'apitoie pas sur son sort. D'ailleurs, il met souvent en relief les autres, ses camarades. Et dans toute cette noirceur, il arrive à nous faire partager le peu d'humanité qu'il pouvait rester en mettant en avant les aides rencontrées. Voilà qui n'est guère évident. Vu l'horreur de la chose, cela indique une prise de recul de l'auteur et une volonté d'aller de l'avant. Près d'une trentaine de nationalités se sont côtoyées dans ce camp de la mort. Des gens qui ne se connaissaient pas, qui ne parlaient pas la même langue mais qui ont puisé au tréfonds des maigres ressources qui leur restaient pour venir en aide aux plus faibles. Quelle belle leçon de courage !

Si vous voulez vous rendre compte de ce qu'il pouvait se passer dans ces lieux infernaux, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Bien écrit, en toute simplicité et pudeur, il est à mettre entre toutes les mains.

Je remercie Babelio et les Éditions de La Table Ronde pour m'avoir offert cet ouvrage.





Extrait :


Toutes les fois que, dans la matinée, ils descendaient quelqu'un par les escaliers qui donnaient du côté du four, un vide sourd se faisait en nous. André était encore plus pâle que d'habitude, il ne savait même plus qu'il était médecin bon et dévoué, il était comme impotent dans le froid qui soufflait de la terrasse du bas. En tant que médecin, il savait - il le voyait - que le SS accompagnait un groupe de gars à la visite. Entlassung. Ce qui signifie licenciement, renvoi ainsi que congé et même finalement adieu. Et c'était adieu sa véritable signification. Le médecin devait certifier le bon état de santé des renvoyés. Les gars avaient des yeux fixes et hagards mais le SS s'emportait contre celui à qui il manquait la jambe droite à partir du genou. "Tu n'es pas en bonne santé ? Tu ne veux pas être renvoyé ?" Pendant ce temps, Leif agitait nerveusement la main dans laquelle il tenait son stéthoscope ; la sinistre comédie devant laquelle il était impuissant lui répugnait mais il ne pouvait refuser quand on lui ordonnait d'examiner les gars. Or, pour ça, il était médecin. André n'aimait pas Leif mais lui n'aurait pas pu faire autrement. Seuls les gars qui avaient en main le fichier des convalescents du bloc n°2 réussissaient de temps à autre à sauver l'un des marqués. Ils risquaient alors le tout pour le tout car, si on les avaient découverts, c'est eux qui, un matin, auraient descendu les escaliers jusqu'aux crochets. Franc, par exemple, un grand et chaleureux ljubljanais, constamment agité, bourré d'ingéniosité et d'un humour obstiné, pouvait le faire. Quand le SS arrivait avec une liste de Entlassung, commençait le sauvetage fiévreux d'au moins un des condamnés, parfois de deux mais c'était exceptionnel car il fallait éviter d'éveiller le moindre soupçon.Il s'agissait en effet de placer sur l'orteil d'un cadavre étendu sur le sol des lavabos - du Waschraum -, qui attendait qu'on le porte en bas, un papier avec le numéro du condamné au lieu du vrai, du sien. Le gars sauvé changeait de nom et de numéro et il fallait aussi vite que possible lui faire quitter le camp avec n'importe quel convoi de travail.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Boris Pahor [XXe-XXIe s / Italie-Slovénie ; Témoignage]
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