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 Curzio Malaparte [XXe s / Italie]

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Lydia
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MessageSujet: Curzio Malaparte [XXe s / Italie]   Dim 02 Avr 2017, 18:52





Quatrième de couverture :

"Le lieutenant tombe à son tour. "Si je meurs, ne me laisse pas ici", murmure l’officier à son ordonnance, le chasseur alpin Calusia. C’est un Bergamasque puissant, au visage innocent et bon, qui balbutie en dialecte quand il est ému, et rougit. "Ne me laisse pas ici, Calusia, ramène-moi chez moi, à Naples. Chez ma mère. Palazzo Pignatelli, Monte di Dio, Naples..."" 1943, Calabre, Italie. Après le renversement de Mussolini et la signature de l’armistice, l’ordonnance Calusia promet à son lieutenant de le ramener chez lui, quoi qu’il en coûte. Commence un long voyage qui le mènera sur les chemins de la désolation et du chaos. Sans perdre espoir, Calusia poursuivra sa route et découvrira ce que l’humanité a de plus vil, mais aussi de plus noble.



Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout Curzio Malaparte bien qu’en ayant entendu parler, notamment pour ce célèbre livre qu’est La Peau. Belle découverte avec Le Compagnon de voyage qui me donne envie de lire cet auteur. Le style, léger, est très agréable à lire. L’histoire est une invitation à la réflexion, réflexion sur la liberté notamment, mais également sur la fraternité. Cette dernière valeur, soulignée ici dans un contexte de guerre, est à prendre au sens général. On suit le périple de ce pauvre Calusia de bout en bout, partageant avec lui ses émotions, sa détresse et ses petits bonheurs. Fidèle à sa parole, celui-ci va essayer de ramener le corps de son lieutenant, Edouardo Cafiero, à la mère de celui-ci, à Naples. Bien que le contexte de la guerre soit présent, et c’est inévitable, on l’oublie presque. Le lecteur est charmé par cette poésie qui se dégage de cette écriture.

Un livre très court à lire absolument !





Extrait :


Ils s’arrêtent sur une place, près du squelette d’un autocar sans roue et sans moteur et, après s’être occupé de l’âne, Calusia s’étend sur un peu de paille que la femme a ramassée çà et là. Pendant qu’elle prépare quelque chose à manger, il la regarde admiratif. Puis elle s’approche de Roméo, détache le matelas de sa croupe et le pose sur sa tête avec le geste antique de la paysanne.

"Qu’est-ce-que tu fais ? lui demande Calusia en se soulevant les coudes.

- Je m’en vais, répond Mariagiulia. tu n’as plus besoin de moi maintenant...

- non, tu... tu... dois pas partir ! bégaie Calusia. Pourquoi veux-tu me quitter ?

- Tu es arrivé à Naples, répond la femme. J’ai souvent pensé à m’en aller, mais je voulais t’aider à ramener ton lieutenant mort à sa mère.

- Co... comment le sais-tu ? bégaie Calusia.

- Je le sais depuis longtemps... tu en parles presque toutes les nuits, dans ton sommeil.

- Ne t’en va pas, dit Calusia. On a tellement souffert ensemble... Et puis, la famille de mon lieutenant est riche, c’est une famille noble, ils habitent un palais... tu verras, ils vont nous dire de rester avec eux, dans leur palais, toi et moi...

- Non, toi peut-être, pas moi, ils ne voudront pas de moi.

- Je dirai que tu es la fiancée de mon frère, dit Calusia.

- Ton frère ! Comment il s’appelle, ton frère ? Tu ne m’as jamais dit son prénom.

- Il s’appelle... il s’appelle Giovanni, balbutie Calusia. C’est un brave garçon... il t’aimera, il t’épousera..."

La femme le regarde en silence et Calusia rougit.

- Toi aussi tu es un brave garçon, dit Mariagiulia en lui passant la main dans les cheveux. Je n’ai pas envie de te quitter, mais je dois m’en aller... adieu, Calusia...

- Non, je ne veux pas te laisser partir, s’écrie Calusia en la prenant par le bras. Tu es seule, tu n’as personne, tu ne sais pas où aller... et puis, et puis je dois t’avouer...

- Ne me dis rien. Je sais déjà.

-Mon frère est mort à la guerre... en Albanie... je t’ai menti, parce que je n’avais pas le courage..."

La femme garde le silence, elle continue à lui passer la main dans les cheveux.

" - J’osais pas te faire comprendre que je t’aime... beaucoup."

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