Promenades Culturelles


Venez en toute simplicité !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Sadie Jones [XXe-XXIe s / Royaume-Uni]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lydia
Administratrice
Administratrice
avatar

Féminin Messages : 4436
Localisation : Dans les manuscrits
Emploi : Intéressant et prenant
Date d'inscription : 23/07/2015

MessageSujet: Sadie Jones [XXe-XXIe s / Royaume-Uni]   Dim 30 Avr 2017, 17:23




Quatrième de couverture :


À Waterford, dans la banlieue de Londres, tout le monde va à l’église et fête Noël dans l’insouciance. Une façade d’hypocrisie qui se fissure le jour où Lewis, dix ans, assiste impuissant, à la noyade de sa mère. Privé du réconfort d’un père à peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accablé par le veuvage, Lewis se rétracte dans la douleur et sombre peu à peu dans le doute, la solitude, puis la révolte… En 1957, quand il sort de prison où il vient de passer deux ans, il n’a que dix-neuf ans… Alors qu’au village personne n’attend son retour, le proscrit, l’exilé tourmenté, pourrait bien tout faire exploser…




Mon avis :

L’écriture de Sadie Jones est très agréable. Une certaine finesse, quasi poétique, caractérise ce roman sombre, finesse associée au pathétique. On plaint ce pauvre garçon, Lewis. Et comment ne pas avoir un sentiment de tristesse, voire de compréhension envers ce gamin qui a vu sa mère se noyer sous ses yeux, qui a essayé de lui porter secours en vain, et qui, orphelin de cette dernière, se retrouve face à un mur d’incompréhension paternelle ? Le lien avec sa mère était plus fort que tout, d’autant plus que le père, démobilisé, avait été absent pendant une longue période. Lewis est le seul à savoir ce qu’il s’est passé réellement ce jour-là. Pourquoi, alors qu’il lui portait secours, a-t-elle voulu l’entraîner avec elle ? Il s’enferme dans un certain mutisme, se créant un bulle sur laquelle glisse le monde extérieur. Mais cette bulle est emplie de violence et de noirceur. Violence envers les autres mais également envers lui-même, allant jusqu’à l’automutilation.Finalement, il ne retrouvera de la compréhension de la part de quelqu’un qu’en la personne d’Alice, sa belle-mère. Mais à quel prix ? Je n’en dis pas plus.

Sadie Jones prend ici des personnages hors norme. La mère, Elizabeth, jure comme un charretier, boit. Elle symbolise une femme indépendante, ce qui pouvait être mal vu par la société de l’époque. Le père, Gilbert, est au contraire, plus réservé.  Il refait très vite sa vie lorsque sa femme meurt, prétextant qu’il faut une mère de substitution à son fils. Il éprouve certainement le besoin de ne pas rester seul face à cet enfant que, finalement, il ne connaît pas. Lewis représente, quant à lui, la délinquance d’un jeune homme à qui cette société anglaise des années 50 n’a pas voulu tendre la main. Je n’ai pas lâché ce roman malgré la tristesse qui s’en dégage. Je le conseille vraiment.




Extrait :


Il s’endormit et se mit à rêver sans s’en rendre compte, de sorte que, par la suite, lorsqu’il s’en souvint, il eut le sentiment que c’était non pas un rêve, mais un épisode bien réel, empreint de toute la limpidité et de la beauté de la vérité, et même plus.

Lewis n’avait pas vu sa mère depuis neuf ans. Il avait refoulé au fin fond de son esprit la nostalgie qu’il avait d’elle, de même que son souvenir, si bien que, quand Elizabeth apparut entre les arbres, il fut plus choqué de se remémorer son apparence que surpris. Cela faisait une telle éternité ! Elle s’avança vers lui de sa démarche habituelle. Elle était vêtue  d’une robe à manches courtes, ornée de motifs roses sur fond vert. Il devait être étendu par terre, car elle s’agenouilla à côté de lui. Il détailla sa joue, sa chevelure brune retenue en arrière par une barrette. Il contempla son visage et constata qu’ils avaient tous les deux les mêmes yeux. Il ne l’avait jamais noté auparavant. Il ignorait comment il pouvait y avoir assez de lumière pour relever tous ces détails, car il faisait encore nuit. Ce devait être à cause des étoiles.

Elle lui prit la main - elle avait des mains fermes et il avait toujours aimé ça qu’elles soient fortes, et non fragiles. Elle s’inclina vers lui - sa mère - et l’observa. Les perles qu’elle portait autour du cou oscillèrent légèrement quand elle se pencha. Elle l’embrassa sur le front, puis se redressa, radieuse, fidèle à elle-même.

Elle ne s’en fut pas. Elle s’attarda avec lui. Il était trop épuisé pour continuer à la regarder, bien qu’il en ait envie, et ses paupières se refermèrent. Elle lui tint encore un peu la main, puis retira la sienne et, quand Lewis se réveilla, il était entouré de chants d’oiseaux et détrempé de rosée, sous le soleil qui venait de se lever et perçait obliquement entre les arbres.

_____________
"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
Revenir en haut Aller en bas
https://promenadesculturelles2.wordpress.com En ligne
 
Sadie Jones [XXe-XXIe s / Royaume-Uni]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Promenades Culturelles :: PROMENADES LITTERAIRES :: Romans Etrangers-
Sauter vers: