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 Alain Monnier [XXe-XXIe s / France ; Essais historiques]

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Lydia
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MessageSujet: Alain Monnier [XXe-XXIe s / France ; Essais historiques]   Dim 30 Avr 2017, 17:46





Quatrième de couverture :

Créé en 1938, le camp de Rivesaltes a d’abord "hébergé" des Républicains espagnols, puis des tziganes et des juifs, ensuite des prisonniers allemands, enfin des harkis. Pourtant, l’auteur s’attache surtout aux années 1941-1942: non parce qu’il ignore la souffrance des autres "hôtes" du camp, mais parce que, né à quelques dizaines de kilomètres, il n’a jamais, de toute son enfance, entendu parler des juifs partis de Rivesaltes vers Drancy, puis Auschwitz. C’est à l’âge adulte qu’il découvre fortuitement les lieux et cette vérité. Ainsi, au fil des images surgies des vestiges du camp, pensant aux victimes, il nous donne à partager sa quête intime d’une mémoire si difficile à appréhender: " Il suffirait d’un froissement du temps pour qu’ils arrivent un à un, avec leur manteau usé, leurs chaussures en lambeaux, raccommodées avec des herbes séchées. Cette petite fille aux cheveux noirs et courts continue à avancer sur son chemin, elle s’efface soudain, emportée par une bourrasque plus forte. Tout est désert. Cette fillette est pourtant là. Je la sens. Elle est dans ce lieu."




Mon avis :


Parler  d’une  époque que l’on n’a pas connue n’est pas chose facile, surtout lorsque l’on n’est pas historien. Et parler d’un lieu, un lieu en ruines qui plus est, l’est encore moins si l’imagination ne nous vient pas en aide. Dans ce petit livre, bien trop court d’ailleurs, Alain Monnier erre dans ce qu’il reste , à l’heure actuelle, du camp de Rivesaltes. Sa pensée vagabonde, son esprit va à la rencontre de ceux qui ne sont plus.

Je connais ce camp. J’ai vécu plus d’une trentaine d’années à côté mais je ne suis allée le visiter qu’en 2007. J’ai ressenti également ces émotions dont nous fait part l’auteur. Pour autant, j’étais passée à côté de quelque chose d’important: je ne savais pas qu’il avait servi de transit à des juifs. Dans cette région, lorsqu’on parle des camps, on pense à ceux d’Argelès, de Saint-Cyprien, mais surtout, on fait référence aux réfugiés espagnols. Ici, Alain Monnier a choisi de ne mettre l’accent que sur une période et sur une "catégorie" de population ayant eu le malheur de rencontrer ce camp. Le choix est pleinement assumé et peut-être même est-il judicieux afin, justement, de faire connaître toute l’histoire de ce lieu, sans chaînon manquant. Un devoir de mémoire qu’il convient d’assurer...

Je vais mettre toutefois un petit bémol. Oh, bien léger toutefois: j’aurais aimé, mais cela n’engage que moi, qu’Alain Monnier, qui écrit avec une grande pudeur, s’ouvre un peu plus afin que sa poésie nous transcende. Sa retenue, qui est tout à son honneur, fait que certains passages sont "froids". En même temps, ne sont-ils pas mimétiques de l’histoire même du Camp Joffre ?


Je ne peux que conseiller ce livre qui montre à quel point l’être humain peut s’imprégner de lieux, d’émotions, et vivre une période du passé en écoutant son côté humaniste.




Camp Joffre , Rivesaltes
Photo David Bonnaventure ©







Camp Joffre, Rivesaltes
Photo David Bonnaventure ©







Extrait :


Le vent tord la garrigue au gré de son souffle, et tout ce monde du ras du sol s’agite comme une foule paniquée, éternellement aux prises avec la tristesse et la froidure. Dans le cimetière officiel du village, entre les silhouettes des hauts cyprès sombres, on entend geindre le vent. Il brise les crucifix mal attachés et roule les graviers blancs qu’on a étendus sur les tombes anonymes des juifs, devant la plaque peinte à la chaux. Sans nom.
Comme les deux pages d’une Bible ouverte, vide de mots, vide de sens, à jamais silencieuse. Les noms ont été gravés plus loin dans un morceau de marbre. Avec le jour de leur mort. Rien sur leur âge, rien sur leur nationalité.
Qui saura jamais si Lina Zivi avait soixante ans, six ans ou six mois ?

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Alain Monnier [XXe-XXIe s / France ; Essais historiques]
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