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 Pierre-Louis Giannerini [XXe-XXIe s / France ; Art]

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Lydia
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MessageSujet: Pierre-Louis Giannerini [XXe-XXIe s / France ; Art]   Dim 14 Mai 2017, 16:38




Quatrième de couverture :

Cet ouvrage, comportant plus de 100 photographies ou dessins en noir et blanc, s’inscrit dans la lignée des Hauts lieux romans, publiés dans la même collection. Au fil de ses voyages en France, en Espagne, et aussi en Italie et en Suisse, allant d’église romane en église romane, l’auteur a collecté de fort surprenantes images sculptées : scènes de tendresse, d’actes sexuels, voire de sodomie, sculptures de sexes dressés et scènes de luxure se succèdent ici et étonnent par leur présence en ces lieux consacrés. Loin de tout sensationnalisme et avec le respect de l’historien, l’auteur en présente une description précise, replace les sites dans leur contexte historique des XI° et XII° siècles, et propose une interprétation de l’ensemble. Non exhaustif, forcément limité par la nécessité de faire des choix, cet ouvrage apporte néanmoins une contribution nouvelle à la connaissance de cet art précieux et fondateur que fut l’art roman.



Professeur d’histoire, Pierre-Louis Giannerini est passionné d’art roman : pour réaliser cet ouvrage, il a parcouru des milliers de kilomètres en France, en Espagne, mais aussi en Italie et en Suisse.

Chantal Fraïsse, qui a accepté de préfacer ce livre, est Conservatrice du Centre d’art roman de Moissac.





Mon avis :


La première chose que l’on a envie de faire en refermant cet ouvrage est de prendre son appareil photo et de courir à l’église la plus proche afin d’aller scruter les Obscenæ romanes, c’est-à-dire les sculptures, statuettes et modillons que notre œil et notre conscience jugent obscènes aujourd’hui mais qui ne l’étaient pas forcément à l’époque. Il est d’ailleurs assez amusant de remarquer que notre siècle, qui prône la liberté à tout va, censure le thème du sexe alors que, comme le souligne Pierre-Louis Giannerini, l’expression "nous ne sommes plus au Moyen Âge" est toujours en vigueur.

Fait par un passionné et un historien, les deux qualités inhérentes à l’auteur se révèlent être, au fil des pages, bien utiles, à la fois pour le message à faire passer et pour la compréhension. Ainsi, le style est clair, limpide, et ne dégoûte en aucune façon le néophyte, bien au contraire. Le connaisseur, quant-à lui, se plaira à enrichir ses connaissances. Car le livre est structuré de telles manières que chacun y trouvera son bonheur: photos ou dessins, éléments historiques et éléments littéraires viennent étayer les différentes interprétations. On apprend ainsi comment agissait le curé de Montaillou, quel rôle jouait le sexe dans les fabliaux, le rôle de la femme en Espagne, notamment avec les fueros etc...

Pas mal de clichés tombent, ce qui n’est pas, vous me connaissez, pour me déplaire, loin de là. Je trouve vraiment intéressant ce lien constant avec la littérature, notamment avec les troubadours et les trouvères. Les références à Guillaume IX, le chantre de l’amour courtois ou à André le Chapelain permettent de recontextualiser ce thème et surtout, de mettre en valeur leurs rôles dans la société. On croit souvent à tort que tout est cloisonné, cet ouvrage aide à démontrer le contraire. On y apprend également, historiquement parlant, quel fut l’apport, le lien culturel, entre l’Orient et l’Occident. Là encore, on apprend énormément de choses.

Pierre-Louis Giannerini réussit avec brio à nous passionner sur un thème qui pourrait paraître trivial. Sans jamais être vulgaire, il nous délivre ses interprétations. Libre à chacun par la suite de se faire sa propre idée.




Extrait :

La sexualité des clercs était donc fièrement assumée par les écrivains et ardemment défendue par ces hommes de terrain qu’étaient les moines ou les chanoines.

Dans les villes, d’ailleurs, parfois même à la campagne, les édifices religieux eux-mêmes étaient le lieu privilégié de débordements plus ou moins contrôlés, avec pour acteurs les chanoines ! Seul lieu couvert susceptible d’accueillir les principales manifestations de la vie sociale, l’église n’était pas, comme aujourd’hui, un lieu de recueillement ou de silence. L’assistance y était souvent tumultueuse et l’important était de voir et de se faire voir. C’est dans une église que Pétrarque remarquera Laure. "Pas besoin de chercher qui peuvent être ceux dont les chiens font un vacarme affreux pendant qu’on dit la messe, qu’on prêche et que l’on chante, tandis que l’épervier vient à battre des ailes, agitant ses sonnettes... Tout le monde parle et épluche les potins du jour, tandis que les sabots font clip-clap", dit Sébastien Brant dans un des poèmes de La Nef des fous.

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