Promenades Culturelles


Venez en toute simplicité !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Plutarque

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lydia
Administratrice
Administratrice
avatar

Féminin Messages : 4444
Localisation : Dans les manuscrits
Emploi : Intéressant et prenant
Date d'inscription : 23/07/2015

MessageSujet: Plutarque   Jeu 30 Juil 2015, 18:19


Comment il faut nourrir les enfants


C'est dans le premier livre, De l'éducation des enfants, que l'on trouve ce texte. Il convient tout de même de signaler que le philosophe et moraliste grec de la Rome Antique n'a pas, de son vivant, compilé lui-même ses essais. Il s'agissait alors d'écrits disparates que l'on commença à rassembler au Moyen-Âge.

On pourrait penser que Plutarque, dans "Comment il faut nourrir les enfants", va simplement donner quelques conseils afin d'élever au mieux sa progéniture. Mais c'est bien mal connaître le moraliste ! En effet, il commence d'abord par affirmer tous les vices et perversions auxquels pourraient être soumis les enfants, en s'appuyant sur Euripide :
"Quand une fois mal assis a esté
Le fondement de la nativité,
Force est que ceux qui de tels parents sortent,
D'autruy peché la penitence portent."


Ce n'est que par la suite qu'il essaie de convaincre les mères qu'elles doivent absolument allaiter leurs enfants. Apparemment, il s'agit d'un acte qui peut nous sembler logique, surtout à une époque où il n'existait rien d'autre que le lait maternel mais qui aurait vraisemblablement été négligé. Il semblerait, si l'on suit ce que dit l'auteur, que les jeunes accouchées préféraient confier leur descendance à une nourrice. Tout ceci est malsain selon le moraliste qui estime que l'enfant ne recevra pas l'amour maternel d'une part et une bonne éducation d'autre part. Car il poursuit ensuite avec ce thème. Seule excuse pour prendre une nourrice : ne pas pouvoir nourrir son enfant. Et attention, il faudra choisir convenablement cette dernière qui se devra d'être grecque et exclusivement grecque !

Il est toujours riche de lire ces textes antiques qui transmettent les pensées de l'époque. Les philosophes et les moralistes parlaient de tout sur tout et se mêlaient même de ce qui concernait exclusivement les femmes.  




Extrait : (Traduction : M. Amyot)


Il ensuit apres de parler touchant la maniere de les alimenter et nourrir apres qu'ils sont nez. Je dis doncques, qu'il est besoing que les meres nourrissent de laict leurs enfans, et qu'elles mesmes leur donnent la mammelle : car elles les nourriront avec plus d'affection, plus de soing et de diligence, comme celles qui les aimeront plus du dedans, et comme lon dit en commun proverbe, dés les tendres ongles : Là où les nourrisses et gouvernantes n'ont qu'une amour supposee et non naturelle, comme celles qui aiment pour un loyer mercenaire. La nature mesme nous monstre que les meres sont tenues d'allaicter et nourrir elles mesmes ce qu'elles ont enfanté : car à ceste fin a elle donné à toute sorte de beste qui fait des petits, la nourriture du laict : et la sage Providence divine a donné deux tetins à la femme, à fin que si d'adventure elle vient à faire deux enfans jumeaux, elle ait deux fontaines de laict pour pouvoir fournir à les nourrir tous deux. Il y a d'avantage, qu'elles mesmes en auront plus de charité et plus d'amour envers leurs propres enfans, et non sans grande raison certes : car le avoir esté nourris ensemble est comme un lien qui estrainct, ou un tour qui roidit la bienveuillance : tellement que nous voyons jusques aux bestes brutes, qu'elles ont regret quand on les separe de celles avec qui elles ont esté nourries. Ainsi doncques faut-il que les meres propres, s'il est possible, essayent de nourrir leurs enfans elles mesmes : ou s'il ne leur est possible, pour aucune imbecillité ou indisposition de leurs personnes, comme il peut bien advenir : ou pour ce qu'elles ayent envie d'en porter d'autres : à tout le moins faut-il avoir l'oeil à choisir les nourrisses et gouvernantes, non pas prendre les premieres qui se presenteront, ains les meilleures que faire se pourra, qui soient premierement Grecques, quant aux mœurs. Car ne plus ne moins qu'il faut dés la naissance dresser et former les membres des petits enfans, à fin qu'ils croissent tout droits, et non tortus ne contrefaicts : aussi faut-il dés le premier commancement accoustrer et former leurs mœurs, pour ce que ce premier aage est tendre et apte à recevoir toute sorte d'impression que lon luy veut bailler, et s'imprime facilement ce que lon veut en leurs ames pendant qu'elles sont tendres, là où toute chose dure malaiseement se peut amollir : car tout ainsi que les seaux et cachets s'impriment aiseement en de la cire molle, aussi se moulent facilement és esprits des petits enfans toutes choses que lon leur veut faire apprendre. A raison dequoy, il me semble que Platon admoneste prudemment les nourrisses, de ne conter pas indifferemment toutes sortes de fables aux petits enfans, de peur que leurs ames dés ce commancement ne s'abbreuvent de follie et de mauvaise opinion : et aussi conseille sagement le poëte Phocyllides, quand il dit,
Dés que l'homme est en sa premiere enfance,
Monstrer luy faut du bien la cognoissance.

_____________
"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
Revenir en haut Aller en bas
https://promenadesculturelles2.wordpress.com
 
Plutarque
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Promenades Culturelles :: PROMENADES LITTERAIRES :: Les textes de l'Antiquité-
Sauter vers: