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 Heinz G. Konsalik [XXe s ; Allemagne]

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Lydia
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MessageSujet: Heinz G. Konsalik [XXe s ; Allemagne]   Dim 30 Aoû 2015, 18:52


Source photo.



Comme son nom l'indique, Konsalik est un auteur allemand né à Cologne en 1921 et mort à Salzbourg en 1999.

Il a publié des nouvelles dans des journaux avant de faire des études de littérature et de médecine (voilà pourquoi on retrouve ce thème assez souvent dans ses livres). En parallèle, on trouve également celui de la seconde guerre mondiale. Il l'avait faite en France et sur le Front Russe. Il y avait été, par ailleurs, grièvement blessé. Autre grand thème que l'on retrouve dans pratiquement tous ses livres, l'Amour. Il disait: "un homme sans passion, sans amour, n'est pas pour moi un homme".

Konsalik fut un des auteurs les plus lus après-guerre, pour ne pas dire le plus lu. Une douzaine de romans ont été adaptés à la télévision ou au cinéma.
Il est l'homme aux 155 romans.

Je ne me lasse pas de lire ses romans. J'en ai maintenant une bonne collection (une cinquantaine). Allez, plus que 100 à trouver !!!  

_____________
"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).


Dernière édition par Lydia le Dim 30 Aoû 2015, 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Heinz G. Konsalik [XXe s ; Allemagne]   Dim 30 Aoû 2015, 18:55



On pourra me dire tout ce que l'on voudra sur cet auteur et sur ses livres, souvent qualifiés de populaires ou de romans de gare, je m'en fiche (et je reste polie) : Konsalik est mon auteur-doudou. Lorsque je ne sais pas quoi lire, même si ce ne sont pas les livres qui me manquent, ou lorsque j'ai ce sentiment que tout ce que je lis en ce moment est fadasse, je reprends un roman de cet auteur allemand et, comme le dirait une certaine publicité, "ça repart" ! Ce que j'aime particulièrement, c'est l'association Histoire / histoire. Très souvent, on trouvera pour décor la seconde guerre mondiale (comme je le disais plus haut).

La maison des visages perdus fait partie de mes bouquins préférés. Nous sommes le 04 octobre 1944. Le jeune soldat Erich Schwabe, 26 ans, commandant de la troupe de réserve, revient d'une permission de dix jours, congé passé avec sa femme, Ursula. Un retour sur les chapeaux de roues puisqu'il est envoyé, avec 57 gamins soldats, vers la Russie. La neige et la glace recouvrent tout. Les corps, les esprits, le matériel, tout est mis à rude épreuve. Alors qu'il conduisait son traîneau, les freins lâchent. Le véhicule dévale une pente en trombe. Erich a tout juste le temps d'apercevoir un petit monticule : une mine. Une brûlure au visage l'envahit puis c'est le trou noir. Lorsqu'il se réveille, dans un château transformé en hôpital, on lui indique qu'il est blessé au visage. Mais il comprend assez vite que les dégâts doivent être importants. D'ailleurs, il n'y a aucun miroir, rien qui pourrait refléter son visage dans ces lieux. Il va devoir subir de nombreuses opérations de reconstruction faciale en imaginant à quoi pourrait ressembler son visage.

Même si l'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale, on ne peut pas s'empêcher de penser aux fameuses "gueules cassées" de 14-18. Si l'expression est caractéristique de la Grande Guerre, on sait qu'il y en a eu, bien évidemment, pendant la seconde.

Au-delà de cette reconstruction physique dont je parlais, on peut se demander si, moralement parlant, on peut subir tout ceci sans conséquences. Et ce roman invite à y réfléchir. Comment avoir le courage de se montrer sans passer pour une bête de foire ? Comment reprendre une vie civile normale ? On le verra avec la suite de ce texte : Le retour tragique.





Extrait :


Dans le traîneau aux munitions, le jeune lieutenant se tenait toujours droit debout, les bras étendus, comme une statue implorant la grâce du ciel sur un monde de fumée et de feu.
Puis tout retomba sur le sol, un mélange de neige humide et collante, de terre et de glace qui bientôt recouvrit le lieu du drame. Et au milieu, les lambeaux du traîneau n°1, une montagne de métal et de bois.

- Le... l'adjudant..., hoqueta un des soldats, qui s'était mis à genoux et se pressait les mains sur la poitrine. Schwabe se trouvait pourtant bien dans le traîneau...

Ils bondirent tous et se précipitèrent vers le tas de ferraille.

- Il est foutu..., bredouilla Plotzke en courant. Schwabe est foutu... - Il sentit ses yeux qui commençaient à brûler, et repoussa brusquement les jeunes soldats de la réserve qui lui barraient le passage, apeurés et figés.

- Il est là ! s'écria quelqu'un d'un ton perçant. Là, sous le moteur !

Plotzke se jeta sur la neige, se glissa vers une masse humaine inondée d'essence et d'huile et chercha fébrilement à tâtons un coin de peau nue.

- Il respire encore ! criait-il. Soulevez le moteur, bande d'empotés ! Tous au moteur...

Lorsqu'ils eurent dégagé Schwabe, le lieutenant les rejoignit, et les 57 jeunes soldats, le regard épouvanté, l'entourèrent. Seul Plotzke se mit à genoux près du corps ensanglanté qui reposait dans la neige.
Schwabe était étendu sur le dos, la tête posée sur une planche, et ils le virent tous : il n'avait plus de visage. Là où, auparavant, se trouvaient un nez, une bouche, un menton, et des oreilles, un énorme poing d'acier impitoyable, d'un seul coup, avait tout détruit. Il ne restait plus qu'une bouillie informe, entre des cheveux blonds et une carcasse recouverte d'un uniforme en lambeaux. Le visage avait été comme raboté ; ce n'était plus qu'une assiette rouge avec quelques trous. Rien d'autre.

- Il vit..., dit Plotzke à voix basse. Il vit encore...

- Ce serait préférable pour lui... Le lieutenant ne termina pas sa phrase, mais le sous-officier saisit son pistolet, le visage blafard, la respiration sifflante, comme s'il étouffait. Il tremblait de fièvre.

- Ne faites pas cela, murmura le lieutenant. Même si pour lui c'est la meilleure solution, il ne faut pas...

- Mais il... Ce n'est même plus un être humain...

Le lieutenant fixa Schwabe de son index.

- Regardez-le, vous autres ! Regardez-le bien ! Ce que vous voyez là, c'est le visage de la guerre... Voilà le visage de l'héroïsme dont on nous a tant rebattu les oreilles depuis l'école, dont on nous a appris à chanter les louanges d'une voix émue et tremblante ! Regardez-le bien ! Dans le traîneau aux munitions, le jeune lieutenant se tenait toujours droit debout, les bras étendus, comme une statue implorant la grâce du ciel sur un monde de fumée et de feu.

Puis tout retomba sur le sol, un mélange de neige humide et collante, de terre et de glace qui bientôt recouvrit le lieu du drame. Et au milieu, les lambeaux du traîneau n°1, une montagne de métal et de bois.

- Le... l'adjudant..., hoqueta un des soldats, qui s'était mis à genoux et se pressait les mains sur la poitrine. Schwabe se trouvait pourtant bien dans le traîneau...

Ils bondirent tous et se précipitèrent vers le tas de ferraille.

- Il est foutu..., bredouilla Plotzke en courant. Schwabe est foutu... - Il sentit ses yeux qui commençaient à brûler, et repoussa brusquement les jeunes soldats de la réserve qui lui barraient le passage, apeurés et figés.

- Il est là ! s'écria quelqu'un d'un ton perçant. Là, sous le moteur !

Plotzke se jeta sur la neige, se glissa vers une masse humaine inondée d'essence et d'huile et chercha fébrilement à tâtons un coin de peau nue.

- Il respire encore ! criait-il. Soulevez le moteur, bande d'empotés ! Tous au moteur...

Lorsqu'ils eurent dégagé Schwabe, le lieutenant les rejoignit, et les 57 jeunes soldats, le regard épouvanté, l'entourèrent. Seul Plotzke se mit à genoux près du corps ensanglanté qui reposait dans la neige.
Schwabe était étendu sur le dos, la tête posée sur une planche, et ils le virent tous : il n'avait plus de visage. Là où, auparavant, se trouvaient un nez, une bouche, un menton, et des oreilles, un énorme poing d'acier impitoyable, d'un seul coup, avait tout détruit. Il ne restait plus qu'une bouillie informe, entre des cheveux blonds et une carcasse recouverte d'un uniforme en lambeaux. Le visage avait été comme raboté ; ce n'était plus qu'une assiette rouge avec quelques trous. Rien d'autre.

- Il vit..., dit Plotzke à voix basse. Il vit encore...

- Ce serait préférable pour lui... Le lieutenant ne termina pas sa phrase, mais le sous-officier saisit son pistolet, le visage blafard, la respiration sifflante, comme s'il étouffait. Il tremblait de fièvre.

- Ne faites pas cela, murmura le lieutenant. Même si pour lui c'est la meilleure solution, il ne faut pas...

- Mais il... Ce n'est même plus un être humain...

Le lieutenant fixa Schwabe de son index.

- Regardez-le, vous autres ! Regardez-le bien ! Ce que vous voyez là, c'est le visage de la guerre... Voilà le visage de l'héroïsme dont on nous a tant rebattu les oreilles depuis l'école, dont on nous a appris à chanter les louanges d'une voix émue et tremblante ! Regardez-le bien !

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MessageSujet: Re: Heinz G. Konsalik [XXe s ; Allemagne]   Dim 30 Aoû 2015, 18:56



Ce roman est la suite de La Maison des visages perdus. Nous avions quitté Erich Schwabe, dans son hôpital, à l'arrivée des américains, en mai 1945. Comme tout soldat allemand, il est considéré comme prisonnier. Pourtant, la compassion aidant, le major Braddock, au risque d'être mis aux arrêts, accepte qu'Ursula vienne voir son mari et les laisse ensemble pour la nuit. Il les emmène dans une maison vidée de ses occupants, histoire qu'ils aient un peu d'intimité. Le livre s'arrêtait à cette soirée.

Dans ce deuxième tome, Braddock revient les chercher le lendemain. Ursula ne peut pas rester plus longtemps. Les supérieurs du major chargé de l'administration de l'hôpital, pourraient s'en apercevoir. La vie reprend son cours, entre arrestations et, pour les blessés, espoir de recevoir des nouvelles de la famille. Mi-septembre, Erich reçoit une lettre qui le bouleverse : Ursula attend un enfant. Mais la future maman est dans tous ses états. Car, pendant la guerre, un soir d'égarement, elle était tombée dans les bras d'un ex-aviateur qu'elle avait sauvé lors du bombardement de Cologne. Le dénommé Karlheinz Petsch, devenu maçon, entend bien l'épouser et tente de la convaincre que la vie sera douloureuse avec un mutilé de guerre. Lorsqu'au mois de décembre, les prisonniers sont libérés, Erich s'empresse de rentrer chez lui. Il n'a qu'une idée en tête : retrouver Ursula et reprendre une vie "normale". Il est loin de s'imaginer que les retrouvailles ne vont pas être à la hauteur de ses attentes...




Extrait :


Lorsqu'il entendit dire qu'elle attendait un bébé, Karlheinz Petsch haussa de nouveau les épaules. Le premier mur était déjà reconstruit, et les voisins enviaient les Schwabe comme s'ils avaient gagné un million à la loterie.
- Je m'y attendais, fillette, dit Petsch. Mais cela ne change rien. Je prendrai aussi l'enfant avec moi.
- Maintenant, il n'y a plus rien qui puisse me séparer d'Erich, affirma Ursula.
- Attendons !
- C'est inutile ! Il serait préférable que tu t'installes dans un autre quartier de Cologne. La ville est assez grande !
- Tu ne connais pas les hommes, Uschi. En ce moment, tu n'es encore que la pauvre petite épouse dont le mari est en captivité, et gravement blessé en plus. Mais quand il reviendra, tout changera.
- Qu'est-ce qui doit changer ?
- Tout, enfant. Alors, adieu la pitié ! On ne dira plus : la pauvre femme est obligée de vivre avec cet infirme. Non, on clamera : la petite Schwabe est complètement folle ! Si jeune encore, elle pourrait se débrouiller autrement ! Si une mutilation pareille n'est pas un motif de divorce... C'est cela qu'on dira !
- Tous ceux qui me parleront ainsi, je les frapperai un pleine figure !
- On vous évitera, on vous mettra en quarantaine, on vous laissera tomber. L'homme n'est rien d'autre qu'un animal cruel, Uschi ! Et si un jour l'Allemagne réussit à se relever tout à fait, alors ce sera la fin pour toi. Alors on considérera ton Erich comme un reste de cette guerre à laquelle on ne veut plus penser ; il sera pour tous le rappel du passé, de la défaite, des temps odieux ! Et on vous donnera une chaumière n'importe où, dans un coin sombre, pour que le lustre de la vie nouvelle ne soit pas terni par une tache d'un passé oublié.
- Tu n'as que mépris pour l'humanité, tu n'es qu'un pessimiste ! lança Ursula, troublée malgré elle.
Karlheinz approuva : - Attendons, te dis-je. On n'aura jamais fini de sonder la méchanceté de l'homme. Et le pire, c'est l'homme repu ! Attends seulement !

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