Promenades Culturelles


Venez en toute simplicité !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Mark Twain [XIXe / XXe s ; Etats-Unis]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lydia
Administratrice
Administratrice
avatar

Féminin Messages : 4572
Localisation : Dans les manuscrits
Emploi : Intéressant et prenant
Date d'inscription : 23/07/2015

MessageSujet: Mark Twain [XIXe / XXe s ; Etats-Unis]   Lun 31 Aoû 2015, 20:54



J'ai connu Les aventures de Tom Sawyer lorsque le dessin animé passait à la télévision :




J'étais bien loin de m'imaginer, à cette époque, qu'il s'agissait d'abord d'un livre datant du XIXe siècle ! Manipulateur, rusé, Tom n'hésite pas à faire tourner en bourrique sa tante Polly pour arriver à ses fins : être libre et aller faire les quatre cent coups avec son ami Huckleberry Finn. Il n'a peur de rien, sauf de Joe l'indien.

Tom Sawyer est le premier roman de Mark Twain (mais pas son premier texte). Il espérait que ce livre, fait pour divertir les jeunes, plairait également aux adultes. Effectivement, on peut en faire une double lecture et y voir de plus près tous les éléments de cette Amérique du XIXe siècle. D'ailleurs, certains épisodes sont graves et abordent des sujets douloureux.

A découvrir ou à redécouvrir !





Extrait :


« Tom ! »
Pas de réponse.
« Tom ! »
Pas de réponse.
« Je me demande où a bien pu passer ce garçon… Allons, Tom, viens ici ! »
La vieille dame abaissa ses lunettes sur son nez et lança un coup d’œil tout autour de la pièce, puis elle les remonta sur son front et regarda de nouveau. Il ne lui arrivait pratiquement jamais de se servir de ses lunettes pour chercher un objet aussi négligeable qu’un jeune garçon. D’ailleurs, elle ne portait ces lunettes-là que pour la parade et les verres en étaient si peu efficaces que deux ronds de fourneau les eussent avantageusement remplacés, mais elle en était très fière. La vieille dame demeura un instant fort perplexe et finit par reprendre d’une voix plus calme, mais assez haut cependant pour se faire entendre de tous les meubles :
« Si je mets la main sur toi, je te jure que… »
Elle en resta là, car, courbée en deux, elle administrait maintenant de furieux coups de balai sous le lit et avait besoin de tout son souffle. Malgré ses efforts, elle ne réussit qu’à déloger le chat.
« Je n’ai jamais vu un garnement pareil ! »
La porte était ouverte. La vieille dame alla se poster sur le seuil et se mit à inspecter les rangs de tomates et les mauvaises herbes qui constituaient tout le jardin. Pas de Tom.
« Hé ! Tom », lança-t-elle, assez fort cette fois pour que sa voix portât au loin.
Elle entendit un léger bruit derrière elle et se retourna juste à temps pour attraper par le revers de sa veste un jeune garçon qu’elle arrêta net dans sa fuite.
« Je te tiens ! J’aurais bien dû penser à ce placard. Que faisais-tu là-dedans ?
– Rien.
– Rien ? Regarde-moi tes mains, regarde-moi ta bouche. Que signifie tout ce barbouillage ?
– Je ne sais pas, ma tante.
– Eh bien, moi je sais. C’est de la confiture. Je t’ai répété sur tous les tons que si tu ne laissais pas ces confitures tranquilles, tu recevrais une belle correction. Donne-moi cette badine. »
La badine tournoya dans l’air. L’instant était critique.
« Oh ! mon Dieu ! Attention derrière toi, ma  tante ! »
La vieille dame fit brusquement demi-tour en serrant ses jupes contre elle pour parer à tout danger. Le gaillard, en profitant, décampa, escalada la clôture en planches du jardin et disparut par le chemin. Dès qu’elle fut revenue de sa surprise, tante Polly éclata de rire.
« Maudit garçon ! Je me laisserai donc toujours prendre ! J’aurais pourtant dû me méfier. Il m’a joué assez de tours pendables comme cela. Mais plus on vieillit, plus on devient bête. Et l’on prétend que l’on n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace ! Seulement, voilà le malheur, il ne recommence pas deux fois le même tour et avec lui on ne sait jamais ce qui va arriver. Il sait pertinemment jusqu’où il peut aller avant que je me fâche, mais si je me fâche tout de même, il s’arrange si bien pour détourner mon attention ou me faire rire que ma colère tombe et que je n’ai plus aucune envie de lui taper dessus. Je manque à tous mes devoirs avec ce garçon-là. Qui aime bien, châtie bien, dit la Bible, et elle n’a pas tort. Je nous prépare à tous deux un avenir de souffrance et de péché : Tom a le diable au corps, mais c’est le fils de ma pauvre sœur et je n’ai pas le courage de le battre. Chaque fois que je lui pardonne, ma conscience m’adresse d’amers reproches et chaque fois que je lève la main sur lui, mon vieux cœur saigne. Enfin, l’homme né de la femme n’a que peu de jours à vivre et il doit les vivre dans la peine, c’est encore la Bible qui le dit. Rien n’est plus vrai. Il va de nouveau faire l’école buissonnière tantôt et je serai forcée de le faire travailler demain pour le punir. C’est pourtant rudement dur de le faire travailler le samedi lorsque tous ses camarades ont congé, lui qui a une telle horreur du travail ! Il n’y a pas à dire, il faut que je fasse mon devoir, sans quoi ce sera la perte de cet enfant. »

_____________
"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
Revenir en haut Aller en bas
https://promenadesculturelles2.wordpress.com
 
Mark Twain [XIXe / XXe s ; Etats-Unis]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Promenades Culturelles :: PROMENADES LITTERAIRES :: Romans Etrangers-
Sauter vers: