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 Jean-Pierre Bours [XXe / XXIe s ; Belgique]

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Lydia
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MessageSujet: Jean-Pierre Bours [XXe / XXIe s ; Belgique]   Ven 11 Sep 2015, 18:44




Quatrième de couverture :


Dans une Allemagne entre Moyen Âge et Renaissance, dans un monde que se disputent la peste et la lèpre, la famine et la guerre, une mère et sa fille doivent braver leur destin pour tenter de se retrouver.

1500, au cœur de la forêt saxonne, une femme abandonne son enfant avant d’être arrêtée pour sorcellerie. Quinze ans plus tard, alors que les premiers feux de la Renaissance et de la Réforme commencent à briller sur Wittenberg, la jeune Gretchen ne sait pas encore que la quête de son identité l’amènera à croiser ceux qui sont en train d’écrire l’histoire, qu’il s’agisse de Luther, de Cranach ou du très mystérieux docteur Faust...




Mon avis :



Lorsque j'ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit que tout était réuni pour que j'aime ce roman. J'y ai mis le nez dedans et... je l'ai dévoré en quelques jours. L'histoire est trépidante, menée à un train d'enfer (oui, j'ose le jeu de mots !) et ne laisse pas souffler le lecteur. Enfin, pour être plus précise, je devrais dire "les histoires" car nous suivons en parallèle le destin de Margarete, dite Gretchen, et de sa mère, Eva Mathis. On voyage, à travers ces deux personnages, dans la société du Saint-Empire romain germanique, à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance.

J'apprécie surtout l’honnêteté de Jean-Pierre Bours qui ne se targue pas de faire un roman historique au sens pur du terme et qui précise bien qu'il a mêlé réalité et fiction. Et l'on pourra d'ailleurs remarquer qu'il s'est rudement bien documenté sur le sujet. J'ai appris des choses à la lecture de ce livre, notamment sur l'épisode de peste ayant eu lieu à Wittenberg en 1516. Certains pourront considérer que le romancier est tombé dans la facilité en prenant tous les côtés noirs de cette époque... En même temps, essayez donc de faire un roman ! On sait bien que ce qui plaît au lecteur lambda, c'est justement le sombre, le mystérieux. C'est ce qui rend une histoire haletante. Le monde des Bisounours écœure vite...  S'il y avait un petit bémol à mettre, je dirais - mais cela n'engage que moi - que l'on pouvait peut-être ôter tout ce qui appartient à la thématique du sexe ou l'envisager autrement car, ici encore, les détracteurs pourraient voir cela comme une façon d'attirer le chaland. Alors, oui, il y a bien quelques petites imperfections comme le terme "Allemagne" qui apparaît ou comme un bubon qui grossit à la vitesse de la lumière (enfin, n'étant pas médecin, cela me paraît rapide mais après tout, c'est peut-être vrai). Mais rappelons qu'il s'agit d'un roman et non d'un essai sur l'Histoire du Saint-Empire romain germanique.

Pour résumer tout ceci, l'auteur a réussi à transformer les connaissances encyclopédiques en une véritable histoire où tout le savoir se fond parfaitement dans l'intrigue. Là où, quelquefois, on peut trouver des choses "plaquées" ou copiées-collées, elles évoluent ici en parfaite harmonie. Donc, si comme moi, vous avez ce côté sombre en vous, je ne puis que vous recommander la lecture de cet ouvrage !

Un grand merci à Babelio, à l'auteur ainsi qu'aux éditions HC pour ce très agréable moment de lecture.




Extrait :


La sage-femme s'était emparée des deux mains de l'enfant et les tenait dans les siennes, comme pour infuser en lui une partie de son énergie. Elle n'en avait plus que faire des consignes de prudence, des mesures d'hygiène, face à ce petit être aussi désarmé qu'un fétu ! Elle n'avait plus d'espoir en rien, elle le sentait venir à elle, se vider, elle espérait simplement qu'il allait le faire doucement, sans autre soubresaut, par épuisement, lui à qui l'on avait enlevé tant de sang. 
Mais la pitié n'est pas de ce bas-monde. Il y eut à l'extérieur un choc soudain. Le vent avait-il tourné ? Une bourrasque se leva en un hurlement, secoua la maison jusqu'en ses fondements, éteignit le feu dans l'âtre et, dans l'obscurité soudaine, l'on vit l'enfant rouvrir les yeux puis, comme dressé par une convulsion, s'asseoir sur le lit. Il avait compris. Ce n'était plus à la maison que s'en prenait le vent, c'était à lui.
Un long cri monta de ce corps émacié, comme l'expression même d'une douleur immémoriale, répondant au vacarme de la tempête. Le garçon commença à se tordre. Ses membres furent saisis de mouvements convulsifs, il se secouait sur le lit, la bouche ouverte, à bout de souffle, comme s'il voulait faire comprendre, à la force qui maintenant entrait en lui, qu'elle ne l'aurait plus vivant. Les parents, le prêtre et la sage-femme étaient cloués sur place. Le hurlement prit fin, cédant à un silence traversé de rafales. Sigismond s'était rejeté vers l'arrière, la tête et les épaules au fond du lit, les genoux pliés, le corps cambré, tendu, soulevé, montant des épaules vers les genoux, en une étrange position, qui était tout à la fois un refus et une offrande à la mort. Il avait les yeux et la bouche ouverts mais il ne vivait plus. Freia posa une main sur son bras et sentit son corps tordu comme un nœud. Alors elle se tourna vers les parents et leur dit doucement :
- Il ne souffrira plus. (P139-140)

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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