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 Serge Brussolo [XXe / XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Serge Brussolo [XXe / XXIe s]   Dim 13 Sep 2015, 12:28






Voici un bouquin que je n'ai pas lâché et que j'ai lu presque d'une traite (bon, en deux fois, le temps me manquant en ce moment). Alors certes, ce n'est pas de la littérature de haut vol. Amateurs de phrases riches et ampoulées, passez votre chemin ! En revanche, il tient le lecteur en haleine jusqu'à la fin. N'est-ce pas ce que l'on demande à un bon polar ?

L'histoire est originale: Michelle Katz (Mickie) est la narratrice. Elle s'excuse par avance de ne pas être un écrivain (vous connaissez mon horreur pour la féminisation de ce terme). Après ses études d'art, elle rentre dans une boîte branchée de déco, celle de "Madame Lucille" (dont le vrai nom est Sue Ellen Prueflower...), spécialisée dans la décoration d'appartements de millionnaires de la côte Est. Lorsque cette dernière est retrouvée morte, Mickie est la première à être suspectée car l'entente entre les deux femmes n'était plus au rendez-vous. En effet, Mickie était devenue un peu trop célèbre au goût de sa patronne qui la jalousait. La narratrice se retrouve donc sans emploi pendant un court laps de temps. Elle se fait démarcher par l'Agence 13, spécialisée - chose originale - dans la décoration de lieux de crimes. Sa mission sera d'aller chez un milliardaire de Virginie ayant fait fortune dans le pétrole californien, Thobias (Tobbey) Zufrau-Clarkson. Sa famille a fait la guerre de Sécession. Il croit être possédé par l'âme de son arrière-grand-père tombé lors de la bataille de Shiloh. Il a transformé son domaine en camp d'entraînement, a recruté d'anciens G.I à la dérive qui tirent à balles réelles. Des robots, les drones, tirent également sur toutes les personnes qu'ils détectent. Il donne ses filles comme trophées aux vainqueurs. Personne ne dit rien car cet homme complètement déjanté a fait réélire de nombreux hommes politiques...

Bon, et la mission de Mickie dans tout ça, hein ? Elle doit décorer le bunker qui se trouve sur cette propriété. Celui-ci avait été construit lors de la crise des missiles de Cuba. Une simulation avait eu lieu. Ainsi, 300 personnes avaient été enfermées. On leur avait fait croire qu'elles devaient rester 6 mois sous terre (2 semaines en réalité). Elles se sont pratiquement toutes entretuées la 2ème semaine, sans que l'on sache pourquoi.

Bien entendu, ce travail va être ponctué d'aventures et ne va pas être de tout repos, loin de là... Je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler. Si vous voulez passer un bon moment, n'hésitez pas à le lire.    



Extrait :


Un peu après minuit, Tobbey se présente, nu, devant Mickie, pour lui montrer qu'il est bien sous l'emprise d'une malédiction.


- Je sais que vous me prenez pour un affabulateur, a-t-il repris. Il fallait donc que je vous fasse toucher du doigt la réalité de la menace. Regardez bien ! La cuisse... le flanc ... la poitrine... Les trois blessures encaissées par le colonel au cours de la bataille. Elles m'ont été infligées en rêve. La douleur m'a réveillé. Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais couché sur mon lit, au milieu des draps imprégnés de sang. Touchez-les, bordel ! Je veux que vous les touchiez !
  Il me faisait peur. J'ai obéi. C'était bien du tissu cicatriciel. Mon index a même détecté les trous laissés par les points de suture.
  - Je suis confronté à une malédiction familiale, a-t-il repris, plus calme. Je dois l'affronter sans détourner les yeux. Ne pas prendre exemple sur mon père. Il est mort la tête tranchée, savez-vous ? Il roulait en décapotable, un câble tendu en travers de la route lui a sectionné le cou. Après l'accident, un petit échotier satirique local a cru malin de faire un bon mot en précisant que mon père ne conduisait pas une décapotable comme on le prétendait, mais une "décapitable". J'avais quatorze ans. Un soir, je suis allé attendre le scribouillard à la sortie du bar où il avait ses habitudes. Je portais une cagoule du Camélia Blanc 1 et une batte de base-ball. Je lui ai broyé les rotules. Il a fini ses jours en fauteuil roulant.
  - Vous pensez réellement que votre père a été victime de la colère du colonel ? ai-je demandé.
  - Bien sûr, j'ai assisté à son calvaire au cours des derniers mois de sa vie. Les cauchemars, le rituel des trois blessures, les cris des domestiques, le médecin qu'on appelle en pleine nuit et à qui on fait jurer le secret... A l’époque, on a essayé de me tenir à l'écart mais j'avais déjà lu le journal de guerre de Trueblue, l'ordonnance du colonel, je savais à quoi m'en tenir. Le problème de mon paternel, c'est qu'il refusait d'admettre l'existence d'un monde occulte. Il se voulait matérialiste et athée, avec férocité. Jusqu'au bout, il a nié l'évidence, même lorsqu'il se réveillait, la cuisse si profondément entaillée qu'on lui voyait l'os. Il n'osait plus dormir. Il se gavait de café noir, très fort. Ce truc ignoble que boivent les Français et les Cubains. Le jour où il est mort, il se rendait à Richmond, il a senti venir le coup de pompe alors qu'il roulait. C'est du moins ainsi que je vois la chose... Il s'est garé sur le bas-côté pour éviter l'accident. Là, le cauchemar l'a rattrapé. Il s'est endormi, il a rêvé des dernières minutes du colonel.... et sa tête a roulé sur le tableau de bord. Cette histoire de câble électrique tombé en travers de la route a été inventée par les autorités du comté qui ne savaient comment résoudre l'affaire. De toute manière, le gouverneur détestait mon père. Il a voulu éviter de faire de lui un martyr, la victime d'un attentat politique. Un accident stupide, ça vous déconsidère."

1. Nom originel du Ku Klux Klan [/quote]

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MessageSujet: Re: Serge Brussolo [XXe / XXIe s]   Dim 13 Sep 2015, 13:33





Quatrième de couverture :


Gilles, un jeune écuyer, voit mourir son maître au cours d'un tournoi. Devenu la propriété du vainqueur, le voilà dès lors contraint de servir un étrange chevalier à l'armure couverte de rouille, et dont personne n'a jamais vu le visage. Ce baron maudit serait-il lié aux enlèvements d'enfants qui terrorisent la contrée ? Peu après, ce maître mystérieux accepte une mission : retrouver, au coeur d'un manoir perdu dans les forêts du Ponant, un grimoire de sorcellerie dont la possession confère des pouvoirs maléfiques. Commence alors pour l'écuyer un dangereux voyage, qui va lier son sort à celui d'un monstre et l'entraîner aux confins de la peur.



Mon avis :



J'avais déjà apprécié cet auteur dans Dortoir 13 et je l'ai découvert dans un autre registre : le suspense médiéval. Eh bien, vous avez intérêt à avoir deux ou trois heures devant vous si vous mettez le nez dans ce bouquin mettant en scène des sortilèges et autres superstitions car vous n'en sortirez pas avant de l'avoir fini.  Le livre est aussi envoûtant que l'histoire ! C'est avec brio que Brussolo reprend des lieux communs en les mettant, avec tout le talent dont il sait faire preuve, dans un contexte à la fois chevaleresque et religieux. Et si ce texte séduit autant, c'est qu'il donne également des clés pour arriver à comprendre les tours de sorcellerie de l'époque.

Un livre qui se lit aisément et quelques heures agréables... que demander de plus ?



Extrait :


- Vous savez que je suis maudit, insista le chevalier à l'armure de rouille. Vous ne répugnez donc pas à employer un agent au service des ténèbres ?
- Non, puisque tu désires te racheter, et que c'est là la seule chance s'offrant à toi d'en finir avec le voût qui t'emprisonne.
Les deux hommes demeurèrent un instant face à face, le prélat au corps usé et le guerrier bardé de fer.
- Ce sera difficile, fit le prieur, même pour toi. Ne te fais pas d'illusions. J'ai dépêché là-bas des âmes d'élite, elles n'ont pu triompher des maléfices, alors pourquoi ne pas essayer de combattre le mal par le mal ?
- Vous savez ce dont je suis capable, dit le paladin. À chaque lune pleine je ne m'appartiens plus. Il se peut que j'accomplisse nombre de mauvaises actions avant d'atteindre le manoir de la bergère. Je ferai couler le sang des innocents, c'est inévitable. Cela ne vous gêne pas ?
Le vieillard baissa les yeux.
- Tu seras en service commandé, martela-t-il. Tu seras le bras armé de l'Église. Qu'importe le sang de quelques vilains quand il s'agit de faire obstacle aux manigances du Malin ! Je vais te remettre un parchemin stipulant que tu agis Ad Majorem Dei Gloriam. Si, par malchance, on t'emprisonnait au cours de ton périple, n'hésite pas à le montrer. Ta mission est trop importante pour qu'on puisse prétendre te contraindre à respecter la loi des hommes. Avec ce sauf-conduit, aucune accusation, si grave soit-elle, ne pourra te mener au cachot. Quant aux innocents qui tomberont sous tes coups, je prierai pour eux, ne t'en soucie pas, leur âme est dans de bonnes mains.

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MessageSujet: Re: Serge Brussolo [XXe / XXIe s]   Dim 13 Sep 2015, 13:35




Résumé :


Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Julien, exilé depuis cinq ans au fond d'un pensionnat, apprend que son grand-père est mort dans d'étranges circonstances, lui laissant pour tout héritage les miettes de la propriété familiale, là-bas, en Normandie. Au sein d'une nature âpre, sur un domaine réduit à un champ miné par les Allemands et à une maison de maître qu'une bombe anglaise, non désamorcée, rend inhabitable, l'enfant doit réapprendre à vivre avec Claire, sa mère, dont il n'a reçu que de rares lettres lorsqu'il était interne. Très vite, le jeune garçon prend conscience qu'un mystère ronge le passé de sa famille. Qui hante les bois aux alentours de la maison? A qui appartient ce regard que l'enfant sent en permanence posé sur sa nuque ?



Mon avis :



Il s’agit là, mais ce n’est que mon humble avis, d’un des romans les plus réussis de Brussolo et je ne m’étonne guère qu’il puisse avoir obtenu le Grand Prix RTL Lire. Les prix valent ce qu’ils valent mais ceci dit, ils mettent tout de même en avant quelque chose. Et chaque fois que je lis un roman de cet auteur, je suis agréablement surprise. Le thème est toujours différent et Brussolo sait tenir en haleine son lecteur.

C’est ici dans un contexte de guerre que les personnages vont évoluer. Seconde Guerre Mondiale, certes, mais surtout guerre intrinsèque, guerre des sentiments dans cette famille déchirée où l’Amour a cédé la place à la violence. Comment un enfant peut-il trouver ses marques ? La seule figure un tant soit peu cordiale est celle du grand-père, Charles Lehurlant, surnommé l’Amiral, malheureusement décédé. Le pauvre Julien essaie de vivre avec sa mère dans une maison où un engin est prêt à éclater à tout moment. Mais là encore, c’est une autre bombe qu’il faut désamorcer : la mère est-elle véritablement folle ? Qu’a-t-elle fait pendant les années où son fils était en pension ? Quel est ce mystérieux dossier caché à l’étage ? Pourquoi a-t-elle tué de sang-froid leur chien démineur, le seul qui pouvait les protéger ? Un doute plane sur le décès du père et Julien se demande si ce n’est pas elle l’assassin. De ce fait, ne risque-t-il pas lui aussi sa vie à ses côtés ? Existe-t-il une véritable malédiction sur les Lehurlant ? Et qui vient traîner dans ce coin perdu la nuit ?

Voilà autant de questions qui vont également tourmenter le lecteur qui, s’il croit trouver des solutions, se rendra vite compte que n’est pas Sherlock Holmes qui veut !




Extrait :


- C’est à propos du chien… Zeppelin…
- On l’a tué, répliqua froidement Julien.
- Je sais, dit Gorget en baissant la voix. Je sais qui a fait le coup… c’est pour ça que je venais te mettre en garde. Tu ne me croiras peut-être pas, mais ça m’emmerderait qu’il t’arrive malheur.
- Je sais qui a fait le coup, trancha Julien.
- Ça m’étonnerait, ricana Gorget, retrouvant en une seconde son assurance coutumière. J’étais là, dans le bois, quand c’est arrivé. J’ai tout vu.
- D’accord, admit Julien, pressé d’en finir, lâche ton truc et tire-toi. Alors, qui t’as vu ? L’Ankou, les fantômes des brigands de Craindieu ?
- Ta mère…, souffla le paysan. C’est ta mère qui l’a tué.
Julien voulut rire mais ne parvint à produire qu’un pénible bruit de gorge.
- C’est ta mère, renchérit Gorget. T’étais pas là ce jour-là, rappelle-toi. Tu maraudais. Le chien, elle a d’abord essayé de l’empoisonner avec de la mort-aux-rats, mais le cabot n’a pas voulu y toucher. Il n’était pas complètement idiot. C’était un chien de soldats, on l’avait dressé à éviter ce genre de piège.
- C’est des bêtises ! fit Julien en reculant d’un pas, j’y crois pas, tu mens, t’as toujours menti.
- Non, assura Gorget. La nuit, quand vous vous êtes couchés, elle a attendu un peu, puis elle est ressortie avec un couteau. Elle s’est approchée du chien qui ne s’est pas méfié, et elle l’a saigné, vite fait, tu peux me croire. Un sacré coup de main ! Il n’a même pas eu le temps de couiner, le pauvre vieux. Ensuite, elle est rentrée dans la cabane, comme si de rien n’était. Elle était calme comme tout. Ça m’a tellement fichu la trouille que j’ai décampé sans demander mon reste. Elle ressemblait à la dame blanche de la légende, tu sais…

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MessageSujet: Re: Serge Brussolo [XXe / XXIe s]   Dim 13 Sep 2015, 13:37





Quatrième de couverture :



Une angoissante course au trésor dans une maison hantée par des fantômes à croix gammée. Une ancienne cité balnéaire où la jungle crève les trottoirs, où les singes envahissent les cabines téléphoniques.
Un vieillard mythomane, concierge d’un bunker abandonné, sentinelle d’apocalypse veillant sur les ruines d’un laboratoire digne des « médecins » maudits du IIIe Reich ! Au bout du compte, un cocktail au goût de sang.
Quand la folie tire les ficelles du crime, tout est possible, même le pire… Surtout le pire !




Mon avis :



Mais qui est donc cette Miss O dont la spécificité, hormis d’être une tueuse en série, est d’avoir trois grains de beauté sur la poitrine, signature qu’elle prend plaisir à refaire sur ses victimes en leur trouant la peau ? Cette délicieuse beauté passe son temps à anéantir tous ceux qu’elle considère comme des « grosses huiles » qui ne sont en vie que pour spolier les pauvres gens. Avec son complice, Nuco, qui est loin d’avoir connecté tous ses neurones, elle recherche un mystérieux trésor afin de financer leur révolution. C’est-y pas mignon tout ça, hein ?

Ce Che Guevara en jupon – ou plutôt en combinaison de cuir – va s’en prendre à l’entourage de Gabriele Adolfo Parduras, directeur de la mine de Pitsacoa et, accessoirement, chef d’une milice régnant sur l’île. Comment un écrivain, Oswald Caine, va-t-il se retrouver mêlé à toute cette histoire ? Eh bien, figurez-vous qu’il recherche un de ses anciens professeurs, Cazinsky, qui écrivait la biographie d’un ancien nazi. Ah voilà, on comprend mieux à présent le titre puisque qui dit « nazi » dit « bunker », c’est évident, non ?! Et celui-ci s’en était fait construire un.

Vous êtes perdus ? Moi aussi ! Je trouve le roman confus. Autant, habituellement, les intriques de Brussolo sont plaisantes à lire autant là, ce fut laborieux. Était-ce le moment qui était mal choisi ? Peut-être… Mais je n’ai pas retrouvé ce suspense haletant qui me scotche généralement jusqu’à la dernière page, le dernier mot, le point final (oui, c’est bon, j’arrête !). Je me suis vite essoufflée et j’ai dû revenir bon nombre de fois en arrière pour me souvenir des personnages.

Voilà qui ne m’empêchera pas de lire ses autres romans car je pars du principe que tout auteur peut avoir ses faiblesses. Disons pour finir que cet ouvrage est un peu en-dessous des autres et que pour découvrir Brussolo et toute sa patte, je ne conseille pas de commencer par celui-ci.



Extrait :


« À l’origine l’île s’appelait Coscoja, mais en raison de sa sinistre réputation on l’a vite surnommée Casa de la Muerte, la maison de la Mort. Au fil du temps, cette appellation s’est condensée en Casa-muerta, la maison morte. Je dois avouer que c’est un nom qui lui va parfaitement… »
Caine avançait en s’appuyant au roc de la main gauche, les paupières à demi baissées, ignorant volontairement le gouffre que son pied droit côtoyait à chaque pas. Il songea que l’escalier devait être impraticable les soirs de tempête, et que l’imprudent qui s’y serait risqué n’aurait pas tardé à être emporté par les bourrasques. Nulle chaîne, nul garde-fou n’offrait la moindre chance de se raccrocher en cas de glissade. Aucun parapet ne défendait l’accès du vide, et l’on progressait de palier en palier au-dessus d’un abîme sans cesse grandissant. « Mise en scène », pensa Caine, et il avait raison. On s’était complu à cet état de choses, cultivant l’insécurité du passage avec une coquetterie morbide. « Le nid de l’aigle ! »

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