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 Romain Puértolas [XXe / XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Romain Puértolas [XXe / XXIe s]   Jeu 17 Sep 2015, 21:01



Mouais, bof ! Voilà ce qui me vient à l'esprit en refermant ce bouquin. Je m'attendais à rire, je n'ai même pas esquissé un sourire. Pourtant, l'histoire loufoque de ce fakir venant en France avec, pour tout argent, un faux billet de 100€ imprimé d'un seul côté, devant servir à acheter un lit à clous dans l'enseigne suédoise pouvait avoir du charme. En général, je suis bon public et je ne demande pas à ce genre de livre d'être d'une grande qualité littéraire. Je veux rire, me divertir, c'est tout.

Mais là, je n'ai rien ressenti. D'abord parce que, d'entrée de jeu, le fait que l'on m'explique les jeux de mots ou qu'on me les mette en italique, des fois que je sois idiote ou myope (barrer la mention inutile), a eu la fâcheuse tendance à me mettre les nerfs en pelote. Ensuite, le style : je le disais, je ne réclame pas de grandes envolées littéraires mais un minimum quand même. J'ai repéré des non-inversions de sujets par exemple. Décidément, j'ai l'impression que c'est à la mode ! J'avais lu dans des critiques de presse que ce roman était picaresque, ébouriffant de drôlerie etc. Certes, s'il y a bien des éléments faisant de cette histoire une fable picaresque, on est loin de l'Histoire de Gil Blas de Santillane pour ne citer qu'une œuvre.

Ce qui est bizarre, c'est que certains passages, notamment ceux qui évoquent de grandes causes comme la misère, sont très habilement menés et fort bien écrits. Je ne connais pas cet auteur mais je me dis qu'il n'est peut-être pas fait pour le comique. Après tout, Racine avait bien subi un échec avec sa pièce comique, Les Plaideurs. Il avait su rebondir en continuant, avec brio, dans un genre qu'il connaissait bien : la tragédie. Romain Puértolas maîtrise peut-être mieux le pathos. A voir...



Extrait :



Durant ses performances au bled, Ajatashatru restait des semaines sans manger, assis en position du lotus dans le tronc d’un figuier banian, comme l’avait fait, deux mille cinq cents ans plus tôt, le fondateur du bouddhisme, Siddharta Gautama. Il ne s’accordait que le luxe de s’alimenter, une fois par jour, à midi, des vis, boulons et autres clous rouillés que les gens du village voulaient bien lui apporter comme offrandes. En mai 2005, un adolescent de quinze ans du nom de Ram Bahadur Bomjam, présenté par ses adorateurs comme méditant depuis six mois sans boire ni manger, lui avait volé la vedette. Les télévisions du monde entier s’étaient alors tournées vers l’imposteur, délaissant Ajatashatru dans son petit arbre.
En vérité, gourmand comme il l’était, notre fakir ne pouvait passer plus d’une journée sans s’alimenter. Dès que le soleil se couchait, chaque soir, on était venu refermer la toile de tente pendue devant le figuier et il s’était nourri des victuailles que son cousin Rhibbasmati (prononcez Riz basmati), complice de bon nombre de ses tours, était venu lui apporter. Pour ce qui était des vis et des boulons, ils étaient en charbon, ce qui, loin d’être très agréable à manger, était tout de même plus facile à déglutir que de vrais clous en acier, aussi rouillés fussent-ils.
Mais Ajatashatru n’avait jamais jeûné enfermé dans une armoire sans victuailles cachées dans le double-fond. Peut-être y arriverait-il s’il y était contraint. Après tout, il s’appelait Aja (prononcez À jeun). Le médecin de Kishanyogoor lui avait un jour affirmé qu’un être humain, fakir ou pas, ne pouvait survivre en moyenne plus de cinquante jours sans nourriture et pas plus de soixante-douze heures sans eau. Soixante-douze heures, autant dire trois jours.

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Romain Puértolas [XXe / XXIe s]
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