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 Timur Vermes [XXe / XXIe s ; Allemagne]

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Lydia
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MessageSujet: Timur Vermes [XXe / XXIe s ; Allemagne]   Mar 22 Sep 2015, 18:57



Il est des mots qui sont encore tabous. « Hitler » fait partie de ceux-là. Bizarrement, Staline, Franco, Pol Pot ou Kim Jong-il font moins d'effet sur le citoyen lambda... et pourtant... Alors, bien sûr, on va faire attention à ce que l'on dit, marcher sur des œufs... Ce n'est pas ce qu'a fait Timur Vermes et je le trouve bien courageux d'avoir pris un tel sujet pour en faire un livre satirique et humoristique. Certains, dans le cinéma ou la chanson s'y étaient déjà aventurés (Le Führer en folie de Philippe Clair ou la chanson des Fatals Picards, Les Dictateurs) mais on peut les compter sur les doigts de la main.

Thème épineux s'il en est, l'auteur le détourne de son contexte pour le traiter d'une autre façon. Certes, cela se veut humoristique (on ne rit pas à gorge déployée cependant), je le disais (vous allez dire que je radote) mais la mise en scène n'est pas nouvelle. Faire revenir ainsi un personnage a déjà été vu et revu. Mais je crois qu'il faut aller bien au-delà de ça et ne pas y voir qu'un premier degré. La question qui reste posée est : « Et si la dictature revenait ? Méfiance ! » Et là, le livre prend d'emblée une autre tournure...

Mais, car il y a un « mais », malgré toute ma bonne volonté, je n'ai vraiment pas accroché à ce roman. Il contient beaucoup trop de longueurs à mon goût et le rire n'est pas au rendez-vous de mon côté. Comme quoi, on a beau essayer tous les degrés, il arrive que cela ne fonctionne pas.




Extrait :


« Vous avez quelque chose où je pourrais me voir ? demandai-je.
— Ça tombe bien, dit-il en faisant un signe de la main. Là, à côté de vous, juste au-dessus du dernier numéro de Focus. »

Me tournant dans la direction indiquée, je tombai sur un magazine dont la couverture était encadrée d’un bandeau orange. Je restai bouche bée.
Mon reflet était impeccable, même mon manteau semblait bien repassé – la lumière à l'intérieur du kiosque devait être avantageuse.

« C'est le titre qui vous gêne ? demanda l'homme. Maintenant, un magazine sur trois sort un dossier sur Hitler. Je crois que vous n'avez pas besoin de vous préparer davantage. Vous êtes déjà parfait comme ça.
— Merci, dis-je, l'air absent.
— Non, vraiment. J'ai vu le film La Chute avec Bruno Ganz. Deux fois. Il est aussi très bon dans son rôle, mais il ne vous arrive pas à la cheville. Cette façon de vous tenir... on jurerait que c'est lui. »
Je le regardai : « Lui, qui ?
— Eh bien, lui ! Le Führer ! »

Tout en parlant, il avait levé ses deux mains, l'index et le majeur serrés l'un contre l'autre, les pliant et les dépliant ensemble, deux fois de suite. J'avais du mal à le croire, mais il semblait que, au bout de soixante-six ans, c'était tout ce qui restait du martial salut nazi. C'était stupéfiant, mais en même temps cela montrait que mon action politique avait perduré.
Je levai l'avant-bras en réponse à son salut et dis : « Je suis le Führer, le guide du peuple allemand. »
Il se mit de nouveau à rire : « C'est dingue, ça fait tellement vrai. »
Je ne partageais pas son hilarité. Peu à peu je prenais conscience de ma situation. Si tout cela n'était pas un rêve – et cela durait depuis vraiment trop longtemps pour n'être qu'un rêve –, j'étais bel et bien en 2011. Je me retrouvais donc dans un monde complètement nouveau et il me fallait supposer que, de mon côté, j'étais aussi pour ce monde un élément complètement nouveau. Et si ce monde fonctionnait encore de façon un tant soit peu logique, il devait s'attendre à ce que j'aie cent vingt-deux ans, ou – ce qui était plus vraisemblable – à ce que je sois mort depuis longtemps.

« Vous jouez aussi d'autres rôles ? me demanda l'homme. Je vous ai déjà vu quelque part ?
— Je ne joue pas, répondis-je de façon sans doute un peu abrupte. »

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