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 Margaret Atwood [XXe / XXIe s ; Canada]

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Lydia
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MessageSujet: Margaret Atwood [XXe / XXIe s ; Canada]   Mer 23 Sep 2015, 20:48




Quatrième de couverture :


On l'appelle Defred. Quoique son nom, dans la machine normalisatrice qu'est devenue la société de Gilead, n'ait plus aucune importance. Ni sa personnalité. Aux yeux des fanatiques qui ont édifié le système, seul compte son ventre. Dans ce monde clos à coups d'interdictions et de diktats religieux, la maternité est réservée aux servantes, réduites à cette seule fonction. Sinon, c'est la déportation dans les colonies irradiées où croupissent les Antifemmes, bêtes noires du régime. Alors Defred se contraint à la soumission. Lutte pour oublier qu'elle était libre, autrefois, dans un pays qui s'appelait encore l'Amérique. Un réquisitoire sans appel contre tous les intégrismes ; la peinture, implacable et minutieuse, d'un monde qui pourrait être le nôtre, si...




Mon avis :


"Je veux un ventre !" s'était écrié Napoléon après son divorce d'avec Joséphine, cette dernière ne lui ayant pas donné l'héritier tant espéré. Vous allez me demander quel est le rapport avec ce roman de science-fiction. Il est bien là justement : la procréation. Margaret Atwood imagine une société américaine dans laquelle seule une certaine caste de femmes, les Servantes, auraient à donner la vie. Mères porteuses, elles sont attribuées à des couples en mal d'enfants et sont à la merci des Épouses (en bleu) et des Commandants. Nous sommes proches ici des romans d'Huxley et d'Orwell : hiérarchie, surveillance totale et constante (l'Oeil), société sous contrainte... Il s'agit du schéma type d'une contre-utopie mettant en scène l'absence d'espoir, de possibilité de changement. Atwood dénonce les dérives, notamment celles des régimes totalitaires. La déportation de celles qui faillissent à la règle n'est pas sans rappeler les heures sombres de notre histoire. S'ajoutent à ceci le rationnement, les différents codes, les tatouages sur les Servantes afin de les identifier, la propagande, les arrestations et les exécutions... Il serait bien difficile de ne pas y voir un lien. Mais le totalitarisme ne touche pas non plus que la politique. Le puritanisme en prend aussi pour son grade si j'ose dire.

Defred fait partie de ces Servantes. C'est à travers elle que nous pouvons découvrir ce monde froid, hostile, où la peur a pris la place de la communication. Les sentiments n'ont pas leur place. La narratrice insiste sur le fait que si un seul grain de sable venait s'immiscer dans les rouages bien huilés de cette vie qui lui est donnée, ce serait la fin. Il est interdit à ces "ventres" d'être malades ou infertiles.

Defred oscille entre vie présente et souvenirs de ce monde passé où, comme elle le dit elle-même, les gens ne pouvaient pas savoir qu'ils étaient heureux. La phrase est répétée à plusieurs reprises. Tout est détruit pour elle : sa vie de couple avec Luke et leur petite fille, ses études avec sa copine Moira... L’Oeil est toujours là... Sa confession est à la fois poignante et révoltante.

Je n'ai pas pu me détacher de ce roman lu en quelques heures seulement. Au-delà de cette palpitante lecture, il donne à réfléchir sur tout ce qui pourrait enfreindre la liberté.

À lire absolument !




Extrait :


Sur le Mur, pendent les trois femmes de ce matin, toujours vêtues de leurs robes, chaussées de leurs souliers, toujours la tête fourrée dans les sacs blancs. On leur a délié les bras, ils sont raides et convenables à leurs côtés. La bleue est au milieu, les deux rouges de part et d'autre, quoique les couleurs ne soient plus aussi vives. Elles semblent s'être fanées, défraîchies, comme des papillons morts ou des poissons tropicaux à se dessécher sur le rivage. elles ont perdu leur brillant. Nous restons à les regarder en silence.

"Que ce soit pour nous un rappel", dit enfin la nouvelle Deglen.

D'abord je ne réponds rien, parce que j'essaie de deviner ce qu'elle veut dire. Elle pourrait vouloir dire que ceci est pour nous un rappel de l'injustice et de la brutalité du régime. Auquel cas, je devrais répondre oui. Ou elle pourrait vouloir dire l'inverse, que nous devrions nous rappeler de faire ce qu'on dit, et de ne pas nous attirer d'ennuis parce que alors nous serons justement punies. Si c'est ce qu'elle entend, je devrais ajouter Loué soit. Elle avait la voix douce, atone, pas d'indices de ce côté.

Je prends un risque. Je réponds : "Oui."

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Margaret Atwood [XXe / XXIe s ; Canada]
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