Promenades Culturelles


Venez en toute simplicité !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Jacques Cazotte [XVIIIe s]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lydia
Administratrice
Administratrice
avatar

Féminin Messages : 4276
Localisation : Dans les manuscrits
Emploi : Intéressant et prenant
Date d'inscription : 23/07/2015

MessageSujet: Jacques Cazotte [XVIIIe s]   Lun 28 Sep 2015, 21:07


Aventure du pèlerin


Cette courte nouvelle met en scène le roi de Naples, Roger, égaré dans une forêt au cours d'une chasse. Il y fait la rencontre d'un pèlerin. Celui-ci lui dit être heureux avec ce qu'il a, c'est-à dire son bâton, un peu de nourriture et, surtout, sa conscience. S'il trouve quelqu'un de plus heureux que lui, il se pendra. Roger lui dévoile alors son identité. Mais le pèlerin n'en a cure. Il estime que roi ou pas, il reste le plus heureux. Il va alors monter un stratagème pour faire découvrir au monarque que les gens autour de lui ne se dévoileront jamais véritablement.

Sur un ton relativement humoristique, Cazotte amène ici le lecteur à réfléchir sur les "vanités" du bas monde. Le pèlerin, personnage symbolique, tente de faire ouvrir les yeux à ce roi naïf qui pense que tout le monde l'aime, que les gens autour de lui sont sincères. Ce texte fonctionne comme un apologue, c'est-à dire qu'il a une visée morale, didactique. N'oublions pas que nous sommes ici au XVIIIe siècle. Il faut faire entendre raison au peuple, le secouer. Comme dans Les Caractères de La Bruyère un siècle plus tôt, les courtisans en prennent pour leur grade... Et l'on se rend compte que, finalement, la leçon est toujours d'actualité...



Extrait :


- Serais-je plus heureux, dit le pèlerin, si tout le monde avait besoin de moi ?
- Allez vous pendre, reprit Roger ; car je pense être plus heureux que vous.
- Si ce mal devait m'arriver, répliqua le pèlerin, je croyais que quelque faquin plus désœuvré que moi dût me porter le coup. Je ne l'attendais pas de la part dont il me vient; mais, comme le pas est dur à franchir, je pense qu'avant tout il serait bon que nous comptassions ensemble.
- Cela sera bientôt fait, dit Roger. J'ai en abondance les commodités de la vie. Quand je voyage, je le fais à mon aise, comme vous pouvez le voir ; car je suis bien monté, et j'ai dans mes écuries trois cents chevaux qui valent au moins celui-ci ; retourné-je à Naples, je suis sûr d'être parfaitement reçu.
- Je ne ferai qu'une question, dit le pèlerin. Jouissez-vous de tous ces biens avec une sorte de vivacité ? Seriez-vous sans affaires, sans ambition, sans inquiétude ?
- Vous en demandez trop, pèlerin, reprit Roger. - Votre Majesté me pardonnera, dit le pèlerin ; mais comme l'affaire doit avoir des suites très sérieuses pour moi, je dois tout faire entrer en ligne de compte.

_____________
"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
Revenir en haut Aller en bas
https://promenadesculturelles2.wordpress.com
 
Jacques Cazotte [XVIIIe s]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Promenades Culturelles :: PROMENADES LITTERAIRES :: Romans Français ou Francophones-
Sauter vers: