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 Madame de Lafayette [XVIIe s / France ; Nouvelles]

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Lydia
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MessageSujet: Madame de Lafayette [XVIIe s / France ; Nouvelles]   Dim 04 Oct 2015, 18:53




La Comtesse de Tende est une courte nouvelle de Mme de Lafayette... et à peu près le seul texte de cet auteur (avec La Princesse de Montpensier) que j'ai pu lire sans m'endormir (en même temps, c'est aussi parce qu'ils sont courts). Et qu'on ne vienne surtout pas me parler de sa fameuse Princesse de Clèves sous peine de me voir m'énerver, devenir écarlate et dire des choses horribles sur ce roman gnan-gan (oui, oui, j'assume !) pour lequel je ne comprends toujours pas qu'on ait pu s'enthousiasmer un jour !  

Bon, alors évidemment, on est toujours ici dans l'amour, cet amour noir qui est à la base de chacun de ses textes. Pourquoi ce thème ? Est-ce parce que Marie-Madeleine Pioche de La Vergne fut malheureuse dans sa vie sentimentale ? Peut-être... Ceci dit, je passe mon tour, je crois que ce genre d'écriture n'est pas fait pour moi.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).


Dernière édition par Lydia le Lun 19 Oct 2015, 09:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Madame de Lafayette [XVIIe s / France ; Nouvelles]   Dim 04 Oct 2015, 18:54

Extrait :



Mademoiselle de Strozzi, fille du maréchal, et proche parente de Catherine de Médicis, épousa, la première année de la régence de cette reine, le comte de Tende, de la maison de Savoie, riche, bien fait, le seigneur de la cour qui vivait avec le plus d’éclat, et plus propre à se faire estimer qu’à plaire. Sa femme, néanmoins, l’aima d’abord avec passion. Elle était fort jeune ; il ne la regarda que comme un enfant, et il fut bientôt amoureux d’une autre. La comtesse de Tende, vive, et d’une race italienne, devint jalouse ; elle ne se donnait point de repos ; elle n’en laissait point à son mari ; il évita sa présence, et ne vécut plus avec elle comme l’on vit avec sa femme.

La beauté de la comtesse augmenta ; elle fit paraître beaucoup d’esprit ; le monde la regarda avec admiration ; elle fut occupée d’elle-même, et guérit insensiblement de sa jalousie et de sa passion.

Elle devint l’amie intime de la princesse de Neufchâtel, jeune, belle, et veuve du prince de ce nom, qui lui avait laissé, en mourant, cette souveraineté, qui la rendait le parti de la cour le plus élevé et le plus brillant.

Le chevalier de Navarre, descendu des anciens souverains de ce royaume, était aussi alors jeune, beau, plein d’esprit et d’élévation ; mais la fortune ne lui avait donné d’autre bien que la naissance. Il jeta les yeux sur la princesse de Neufchâtel, dont il connaissait l’esprit, comme sur une personne capable d’un attachement violent, et propre à faire la fortune d’un homme comme lui. Dans cette vue, il s’attacha à elle, sans en être amoureux, et attira son inclination : il en fut souffert ; mais il se trouva encore bien éloigné du succès qu’il désirait. Son dessein était ignoré de tout le monde : un seul de ses amis en avait la confidence, et cet ami était aussi intime ami du comte de Tende : il fit consentir le chevalier de Navarre à confier son secret au comte, dans la vue qu’il l’obligerait à le servir auprès de la princesse de Neufchâtel. Le comte de Tende aimait déjà le chevalier de Navarre ; il en parla à sa femme, pour qui il commençait à avoir plus de considération, et l’obligea, en effet, de faire ce qu’on désirait.

La princesse de Neufchâtel lui avait déjà fait confidence de son inclination pour le chevalier de Navarre : cette comtesse la fortifia. Le chevalier la vint voir, il prit des liaisons et des mesures avec elle ; mais, en la voyant, il prit aussi pour elle une passion violente. Il ne s’y abandonna pas d’abord : il vit les obstacles que ces sentiments partagés entre l’amour et l’ambition apporteraient à son dessein : il résista ; mais, pour résister, il ne fallait pas voir souvent la comtesse de Tende, et il la voyait tous les jours, en cherchant la princesse de Neufchâtel ; ainsi il devint éperdument amoureux de la comtesse. Il ne put lui cacher entièrement sa passion : elle s’en aperçut ; son amour-propre en fut flatté, et elle se sentit un amour violent pour lui.

Un jour, comme elle lui parlait de la grande fortune d’épouser la princesse de Neufchâtel, il lui dit en la regardant d’un air où sa passion était entièrement déclarée : Et croyez-vous, madame, qu’il n’y ait point de fortune que je préférasse à celle d’épouser cette princesse ? La comtesse de Tende fut frappée des regards et des paroles du chevalier : elle le regarda des mêmes yeux dont il la regardait ; et il y eut un trouble et un silence entre eux plus parlant que les paroles. Depuis ce temps, la comtesse fut dans une agitation qui lui ôta le repos : elle sentit le remords d’ôter à son amie le cœur d’un homme qu’elle allait épouser uniquement pour en être aimée, qu’elle épousait avec l’improbation de tout le monde, et aux dépens de son élévation.

Cette trahison lui fit horreur : la honte et les malheurs d’une galanterie se présentèrent à son esprit ; elle vit l’abîme où elle se précipitait, et elle résolut de l’éviter.

Elle tint mal ses résolutions. La princesse était presque déterminée à épouser le chevalier de Navarre : néanmoins elle n’était pas contente de la passion qu’il avait pour elle ; et, au travers de celle qu’elle avait pour lui, et du soin qu’il prenait de la tromper, elle démêlait la tiédeur de ses sentiments. Elle s’en plaignit à la comtesse de Tende. Cette comtesse la rassura ; mais les plaintes de madame de Neufchâtel achevèrent de la troubler ; elles lui firent voir l’étendue de sa trahison, qui coûterait peut-être la fortune de son amant. La comtesse l’avertit des défiances de la princesse. Il lui témoigna de l’indifférence pour tout, hors d’être aimé d’elle : néanmoins, il se contraignit par ses ordres, et rassura si bien la princesse de Neufchâtel, qu’elle fit voir à la comtesse de Tende qu’elle était entièrement satisfaite du chevalier de Navarre.


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MessageSujet: Re: Madame de Lafayette [XVIIe s / France ; Nouvelles]   Dim 04 Oct 2015, 18:55

Le texte est en entier sur mon site.

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