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 Adrien Baillet [XVIIe s / France ; Biographie]

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Lydia
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MessageSujet: Adrien Baillet [XVIIe s / France ; Biographie]   Lun 05 Oct 2015, 20:48



Adrien Baillet (1649-1706) fut à la fois théologien et biographe. Il fut d'ailleurs le tout premier biographe de Descartes. Apparu en 1691, ce texte fait la part belle au mathématicien et philosophe (1596-1650), décédé un an après la naissance de Baillet. Tout y passe : les ancêtres, la naissance, le baptême, les copains d'école... pas un instant de la vie de Descartes ne semble avoir été oublié. Il ne faudra pas moins de quatre parties contenant chacune une moyenne de 14 chapitres pour évoquer tout ceci.

On ne peut pas dire que le style soit transcendant : beaucoup de phrases lourdes, de redites... Ceci dit, si vous voulez tout savoir dans les moindres détails, c'est le livre qu'il vous faut !


Extrait :



1ère partie, chap. 2



Naissance de M. Descartes. Du lieu et du temps de cette naissance. Etat de ce Monde et particulièrement de la République des Lettres au temps de sa naissance.



Si l’on avoit differé plus longtemps à recueillir exactement les circonstances de la vie de M Descartes, il en seroit infailliblement arrivé de luy au sujet du lieu de sa naissance ce que l’on a publié à l’égard d’Homere, dont la naissance a été reclamée par sept villes differentes, sur une incertitude causée par la negligence qu’on avoit apportée à écrire sa vie. On auroit vû dans la suite des temps diverses villes de la Touraine, du Poitou, et de la Bretagne s’attribuer la gloire d’avoir vû naître nôtre philosophe dans leur enceinte. Déja le Sieur Borel avoit écrit qu’il étoit né dans la ville de Châtelleraut en Poitou. Le Sieur Crasso avoit déja avancé que c’étoit dans le château Du Perron, qu’il appelle Perri, et qu’il place mal à propos sur les limites de la Bretagne et du Poitou : et plusieurs suivant une opinion assez communement répanduë dans le monde, le croyent natif de Rennes en Bretagne.

Mais il est constant que M Descartes n’a point eu d’autre patrie que La Haye en Touraine. C’est une petite ville située entre la Touraine et le Poitou sur la riviere de Creuse, dans une distance presque égale d’environ dix lieuës entre la ville de Tours et celle de Poitiers, au midy de celle-là, et à l’orient d’été ou nord-est de celle-cy. Il n’y a point de contrée en France que l’on puisse preferer à cette partie meridionale de la Touraine soit pour la temperature de l’air et la douceur du climat, soit pour la bonté du terrain et des eaux, et pour les agrémens qu’y produit le mélange des commoditez de la vie. Cependant on aura lieu de douter si ces avantages ont pû se faire remarquer si sensiblement dans la personne de M Descartes tant pour le corps que pour l’esprit. Ils n’ont certainement pas contribué beaucoup à sa santé qui n’a jamais été bien affermie que quand il quitta le pays pour porter les armes et pour voyager : et si l’on s’en rapporte à son sentiment, on ne leur attribuera point ce qu’il peut avoir reçeu de vivacité et de gentillesse d’esprit du côté de la nature. Quoi qu’il ait fait valoir en quelques rencontres les charmes de son païs natal, en l’appellant les jardins de la Touraine par opposition aux païs du nord, il a fait assez connoître qu’il ne croyoit pas les hommes en ce point semblables aux arbres. Il seroit bon pour les consequences qu’on voudroit tirer du climat où l’on reçoit l’être, que le lieu de la conçeption fut le même que celuy de la naissance. C’est ce qui ne s’est pas rencontré au sujet de M Descartes qui avoit été conçu en Bretagne durant le semestre de son pere au parlement.

Il vint au monde le dernier jour de mars l’an 1596.

C’est une circonstance que nous n’aurions peut-être jamais sçuë, s’il avoit été suivi dans la delicatesse où il a toûjours été pour ce point. Il n’a pas tenu à lui que l’on n’ait laissé enseveli dans l’oubli cet endroit des registres baptisteres de sa paroisse, et des archives genealogiques de sa maison. Au moins a-t’il fait paroître cette disposition d’esprit à l’occasion d’un portrait que l’un de ses amis avoit fait graver en Hollande, où cet ami avoit fait marquer le jour et l’année de sa naissance. Nous avons encore la lettre qu’il en écrivit à cet homme pour le prier de ne point laisser paroître ce portrait ; ou s’il ne pouvoit obtenir de lui cette faveur, d’en faire ôter au moins ces mots, natus die ultimo martii 1596 parce, dit-il, qu’il avoit aversion pour les faiseurs d’horoscope, à l’erreur desquels on semble contribuer quand on publie le jour de la naissance de quelqu’un . C’est moins une raison, qu’un pretexte qu’il alleguoit pour tacher d’éviter la confusion ou la gloire de se voir produit au public, même en peinture.

Il nous seroit assez peu utile de sçavoir le temps de la naissance de M Descartes, si nous ne sçavions en même temps à quoi en étoit le genre humain, et ce qu’on faisoit dans le monde lorsqu’il y vint.

C’étoit la sétiéme année du regne de Henry Iv qui ne devoit finir que le second jour d’août. Ce bon prince qui venoit d’être réconcilié solennellement avec l’eglise romaine, par l’absolution que le pape luy avoit donnée le dimanche 17 de septembre de l’année précedente, pouvoit conter celle de la naissance de Descartes au nombre de ses plus heureuses, independemment de ce que pourroit être un jour ce sujet nouveau né. Ce fut en 1596 qu’il reçut les soûmissions des Ducs De Mayenne, De Nemours, et De Joyeuse ; qu’il recouvra la ville de Marseille sur les espagnols par le moyen du Duc De Guise ; qu’il reprit la ville de La Fere en Picardie ; et qu’il reçut le legat qui étoit le Cardinal De Medicis, envoyé par le pape pour faire valoir plusque jamais l’ancienne union du s. Siege avec la France, et pour porter le roy à faire avec l’Espagne la paix qui fut concluë à Vervins deux ans aprés.

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