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 Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas

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Lydia
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MessageSujet: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:47



Qui pourrait croire que nos grands écrivains aient pu faire des anachronismes ? Et pourtant...

Ainsi, Alexandre Dumas père, situe l'histoire du Chevalier d'Harmenthal en 1718, comme il le précise dès le premier chapitre qui commence ainsi :

"Le 22 mars de l'an de grâce 1718, jour de la mi-carême, un jeune seigneur de haute mine, âgé de vingt-six à vingt-huit ans, monté sur un beau cheval d'Espagne, se tenait, vers les huit heures du matin, à l'extrémité du pont Neuf qui aboutit au quai de l'École. Il était si droit et si ferme en selle, qu'on eût dit qu'il avait été placé là en sentinelle par le lieutenant général de la police du royaume, messire Voyer d'Argenson."

Pourtant, il va faire référence à un peintre et dessinateur, Jean-Baptiste Greuze, né en... 1725 !


Voyez plutôt :


Chapitre 12 :

Alors il sembla au chevalier, sans doute à cause de la disposition d'esprit singulière où il était lorsque ce tableau avait frappé sa vue, il lui sembla que cette jeune fille, au visage calme et suave, entrait dans sa vie comme un de ces personnages resté jusqu'alors derrière le rideau, et qui entrent dans une pièce au deuxième acte ou au troisième pour prendre part à l'action et quelquefois pour en changer le dénouement. Depuis cet âge où l'on voit encore des anges dans ses rêves, il n'avait rien rencontré de pareil. La jeune fille ne ressemblait à aucune des femmes qu'il avait vues jusqu'alors. C'était un mélange de beauté, de candeur et de simplicité, comme on en trouve quelquefois dans ces charmantes têtes que Greuze a copiées, non pas dans la nature, mais qu'il a vues se réfléchir dans le miroir de son imagination. Alors, oubliant tout, l'humble condition où elle était née, sans doute la rue où elle se trouvait, la chambre modeste qui lui servait de demeure; ne voyant dans la femme que la femme même, et lui faisant un cœur selon son visage, il pensa quel serait le bonheur de l'homme qui ferait battre le premier ce cœur, qui serait regardé avec amour par ces beaux yeux, et qui cueillerait sur ces lèvres, si franches et si pures, le mot: je t'aime ! cette fleur de l'âme, dans un premier baiser.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).


Dernière édition par Lydia le Mer 07 Oct 2015, 20:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:47

Chapitre 15 :

Alors il jeta un regard autour de lui, et à la lueur d'une des trois lanternes qui, grâce à la munificence de l'édilité, éclairaient ou plutôt devaient éclairer la rue dans toute sa longueur, il aperçut un de ces bons gros charbonniers au visage couleur de suie, si bien stéréotypés par Greuze, qui se reposait devant une des bornes de l'hôtel de la Roche-Guyon, sur laquelle il avait déposé son sac. Un instant il parut hésiter à s'approcher de cet homme ; mais le charbonnier, à son tour, ayant chanté sur l'air des Pendus le même refrain qu'avait chanté l'homme au manteau, celui-ci ne parut plus éprouver aucune hésitation, et marcha droit à lui.

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MessageSujet: Re: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:48


Chapitre 28 :

—Je la ménage pour en faire ma femme, quand nous aurons réussi et que je serai prince espagnol. Non, madame ; je quitte pour Votre Altesse les deux plus charmantes grisettes !...

—Des grisettes ! ah ! fi donc ! s'écria la duchesse avec un mouvement de lèvres d'un indéfinissable dédain ; je ne croyais pas que vous descendissiez jusqu'à ces espèces.

—Comment des espèces ! Deux charmantes femmes, madame Michelin et madame Renaud. Vous ne les connaissez pas ? Madame Michelin, une délicieuse blonde, une véritable tête de Greuze ; son mari est tapissier. Je vous le recommande, duchesse. Madame Renaud, une brune adorable, des yeux bleus et des sourcils noirs et dont le mari est, ma foi ! je ne me rappelle plus bien....

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MessageSujet: Re: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:55


Jean-Baptiste Greuze
Source image

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MessageSujet: Re: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:56


Mais ce n'est pas tout ! En effet, au chapitre 42, on trouve :


"Vers les huit heures du soir, et comme le jour commençait à tomber, Buvat entendit un grand bruit à sa porte et une espèce de froissement métallique qui ne laissa point de l'inquiéter ; il avait entendu raconter bon nombre de lamentables histoires de prisonniers d'État assassinés dans leur prison, et il se leva tout frissonnant et courut à sa fenêtre. La cour et le jardin du Palais-Royal étaient pleins de monde, les galeries commençaient à s'illuminer, toute la vue qu'embrassait Buvat était pleine de mouvement, de gaieté et de lumière. Il poussa un profond gémissement en songeant qu'il allait peut-être lui falloir dire adieu à ce monde si animé et si vivant. En ce moment on ouvrit sa porte. Buvat se retourna en frissonnant et aperçut deux grands valets de pied en livrée rouge qui apportaient une table toute servie. Ce bruit métallique qui avait inquiété Buvat était le froissement des plats et des couverts d'argent".


Or, les galeries ne furent construites qu'en 1780, sous l'ordre de Louis Philippe Joseph d’Orléans, futur Philippe Egalité...

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MessageSujet: Re: Un anachronisme surprenant d'Alexandre Dumas   Mer 07 Oct 2015, 20:56

Et si les anachronismes vous intéressent, allez voir le site de La France Pittoresque.

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