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 Sharon McGovern [XXe - XXIe s / Royaume-Uni ; Témoignage]

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Lydia
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MessageSujet: Sharon McGovern [XXe - XXIe s / Royaume-Uni ; Témoignage]   Lun 19 Oct 2015, 09:12



Années 70 en Angleterre. La petite Sharon aurait pu être heureuse avec son papa, sa maman Sandra et son petit frère Tom. Oui, elle aurait pu... En tous les cas, les quatre premières années de sa vie furent merveilleuses. Jusqu'au jour où ses parents se séparèrent. Elle dut gérer dans un premier temps, émotionnellement, son absence. Premier uppercut de la vie. Arriva ensuite Mick Garvey, un mauvais garçon, un rustre... un monstre ! Second uppercut. Sa mère le lui présenta d'abord comme un simple ami mais ce dernier s'installa très vite dans sa vie et dans sa maison, prenant possession de tout, même de l'inimaginable. Vous voyez certainement où je veux en venir... La mère ne lui suffisait pas. Il préférait la tabasser... Il s'attaqua donc à la fille, une petite gamine de quatre ans et demi sur laquelle il commença ses attouchements. Vous connaissez la suite...

Si ce livre n'était qu'une fiction, on se dirait que l'auteur a l'esprit bien tordu pour mettre en scène une telle horreur. Malheureusement, il suffit de lire son prénom et de faire le rapprochement avec le petit personnage pour se rendre compte que cette histoire est un témoignage de ce qu'elle a pu vivre, endurer, avec cette mère, faible, qui lui demandait de faire tout ce que voulait Mick (sans savoir ce qu'il lui faisait subir), cet individu dont je ne trouve pas les mots pour le qualifier et son frère qu'elle n'aura de cesse de protéger.

L'engrenage est souvent le même : déni de la famille - "Je ne vois rien ou je ne veux pas voir" -, violence verbale du bourreau - "si tu en parles, je tue ta mère" et les nombreuses variantes...-, et, bien entendu, physique (en éloignant souvent la victime pour mieux profiter d'elle).

Ce livre a été écrit pour donner un peu de courage aux trop nombreuses victimes qui ont tendance, et c'est bien compréhensible, à se replier sur elles-mêmes et à avoir une image très négative de leur propre personne.





Extrait :


Dès son arrivée, tout changea. Pour le pire. Si ce n’est les sursis que nous procuraient ses déplacements professionnels, il envahissait notre vie tout entière. Pas question pour Tom et moi de faire le moindre bruit en sa présence. Nous apprîmes à nous déplacer sur la pointe des pieds. Il nous était interdit de nous asseoir sur son fauteuil. Je me souviens m’être demandé pourquoi il avait sa chaise à lui alors que la famille partageait tout. Bientôt, il nous imposa l’ensemble de ses règles. Il disait : « Sandra, tu devrais mieux tenir tes gosses » ou « Ne les laisse pas rester dehors si tard, ils vont mal tourner », comme s’il se souciait de notre éducation. En fait, seule la volonté de tout maîtriser le guidait. Tout contrôler était son obsession. Il s’arrangeait pour y parvenir.

L’un de ses premiers méfaits fut de tenter de nous éloigner de grand-mère. Elle l’avait jaugé dès leur première rencontre. Maman et elle se disputaient sans fin à son sujet, au point qu’elles cessèrent même de se voir pendant quelque temps. Je trouvais pourtant toujours le moyen de m’esquiver pour aller rejoindre grand-mère.

Mick Garvey jurait à tout bout de champ. Nous étions habitués aux jurons à Liverpool, mais les entendre proférés par cette voix grasse était atroce et effrayant. Quoi qu’il dise, il donnait l’impression de vous gronder. Si, assise à jouer, je l’entendais m’appeler d’un fracassant « Sharon ! », je bondissais et fuyais.

Il faisait de nous ses esclaves. Tom et moi devions rester pendant des heures à ses pieds nus, en les caressant. Lui, avachi devant la télé, tenait sa cigarette d’une main et une tasse de thé de l’autre. Si par malheur nous nous arrêtions, le bras trop engourdi, il exigeait que nous reprenions aussitôt, en changeant de main.

Il n’y avait plus de musique quand il était là et, en son absence, maman mettait des chansons tristes comme celle d’Engelbert Humperdink, « Please Release Me ». Elle devint tendue et inquiète.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Sharon McGovern [XXe - XXIe s / Royaume-Uni ; Témoignage]
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