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 Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]

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Lydia
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MessageSujet: Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]   Dim 02 Aoû 2015, 18:29





L'Être de sable est un roman peu commun. Je m'explique : Sonia Frisco (Giada dans le récit) nous présente son père disparu et ses derniers jours avec une telle tendresse et une telle pudeur que cela force le respect. Bien entendu, il ne s'agit pas du premier livre parlant d'un être cher disparu. Nous sommes bien d'accord. Cependant, la façon d'analyser les choses, tout en douceur, sans jamais juger celui qui a dû, contre son gré, leur faire vivre bien des tourments, ne peut que nous toucher. J'éprouve de l'empathie pour cet homme et sa famille, venant moi-même de perdre un être exceptionnel, diminué par la maladie au fur et à mesure que les jours s'écoulaient. Michel, le père de Sonia, ne souffrait pas du même mal mais il avait également une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Et celle-ci n'était pas due "au pas de chance". C'est bien ce qui est horrible. C'était un homme, visiblement, à fleur de peau, à vif, tiraillé entre une famille odieuse dans laquelle il étouffait et celle, toute douce, qu'il s'était créée. Cela n'a pas dû être facile pour sa tendre épouse d'assister, de façon impuissante, au déclin... et encore moins pour sa petite fille qui, bien que jeune, a ressenti chez son papa, comme souvent chez les enfants, les symptômes d'une profonde détresse.

Pourtant, ici, l'auteur ne s'apitoie pas. Son écriture - magnifique - rend hommage à cet être fragile que le titre décrit parfaitement. La puissance des mots, associée à ce caractère intimiste en font un texte que l'on ne peut oublier et qui résonne fortement en nous.

J'ai été charmée par l'élégance de Sonia Frisco et je peux vous assurer que je vais m'empresser de lire ses autres œuvres. Comme souvent, lorsqu'un livre me parle à ce point, je suis en panne de mots. Je vous recommande donc de lire L'Être de sable. Je vous assure que ce récit vous marquera.  



Extrait :


Ils dînèrent dans une atmosphère que l'on pouvait qualifier de magique. Un petit quelque chose planant dans l'air permettait à ce moment d'être ce qu'il était, un quelque chose d'innommable, qui dépassait tout entendement rationnel. Ils étaient réunis et une grande émotion envahit Michel qui ne put retenir une larme de joie et de reconnaissance envers sa petite famille.
Il regardait sa fille comme s'il la découvrait pour la première fois, ou la dernière. Ce petit être qu'il adorait et qui méritait certainement plus que ce qu'il pouvait lui offrir, pensait-il.
Il se trompait, Giada était une enfant comblée, épaulée d'un père merveilleux devant qui elle était en admiration. Parfois, pourtant, il ne se sentait pas à la hauteur et s'en voulait. Elle avait fait naître en lui des sentiments et des émotions que jamais il n'avait connus auparavant, pour cela et pour mille autres choses il la remerciait à jamais. Il vivait au travers d'elle et elle vivait grâce à lui.

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MessageSujet: Re: Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]   Dim 02 Aoû 2015, 18:31




Quatrième de couverture :



L'esprit humain est aussi puissant que dangereux... et il ne faut pas toucher à tout sans savoir ce que l'on touche.
Dans un univers où toutes sortes de forces s'entremêlent, dans un labyrinthe où la plus limpide lumière provoque aussi son ombre, le petit Justin est venu au monde pour amener un sourire... puis se taire à jamais.
Tout ce qui n'est pas prédateur est-il destiné à devenir proie ?
La belle saison était revenue. Un grand renouveau avait déferlé sur la Terre Mère, en un souffle puissant et neuf, le souffle de la naissance, celui de la création, de la vie et de l'éclat.
On l'appelait Printemps. Marta l'appela Justin.
Devant l'immense tout est permis pour rester en Vie.
Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend.



Mon avis :


Vous l'aurez compris en lisant la quatrième de couverture, Le Portail de l'Ange n'est pas un roman comme les autres. D'ailleurs, il est bien plus qu'une simple histoire dont le rôle serait de nous être agréable pendant les quelques heures de lecture. On est ici dans la parabole doublée d'une certaine philosophie. "Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend" nous dit Sonia Frisco. Effectivement. Il y a d'abord le premier degré, la lecture basique. L'histoire de Marta, de son mari Joss et de leur fils Justin. L'écriture est fluide et nous embarque sans problème. Puis il y a l'autre degré, la lecture plus réfléchie : et si tout ceci nous délivrait un véritable message ? À chacun d'entendre ce que la poésie des mots souffle à l'oreille... Aurez-vous la force d'ouvrir le Portail ?

J'avais vraiment apprécié le style de l'auteur dans L'Être de sable. Je la découvre ici dans un tout autre registre. On retrouve la puissance de son écriture, une véritable "patte" artistique. Plonger dans ce livre, c'est ne plus pouvoir en ressortir jusqu'à la fin. J'ai toujours un profond respect pour ceux qui arrivent ainsi à nous tenir en haleine, à nous émouvoir, à nous toucher par leur plume. Madame Frisco, chapeau bas !    



Extrait :


Justin ne savait plus à qui offrir cette confiance, qui devenait encombrante à la fin !
Le blanc d'un jour se transformait en noir le lendemain... pour revenir au galop sur toutes les nuances des gris les plus élaborés, au gré des bonheurs de chacun.
Aussi, au péril de sa quiétude, le petit tenta d'avancer avec précaution et courage sur ce terrain miné. Mais malgré toute sa circonspection, il arrivât qu'une mine lui sautât en plein visage !
La vie était un jeu de l'oie aléatoire dans lequel lui, petit pion, se retrouvait toujours à la case départ... Mais il commença à mieux se porter, en attirant moins de foudres, lorsqu'il résolut de ne se fier qu'à lui-même. Si la confiance à donner était une obstruction à la paix, il suffisait de ne point la donner.

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MessageSujet: Re: Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]   Dim 02 Aoû 2015, 18:32




Quatrième de couverture :

Entre songe et réalité se situent Les Nouvellaires, dans le monde des sentiments.
Il est dit que Les Nouvellaires sont hors du temps et hors classement.
Et Les Nouvellaires existent, car un air nouveau a soufflé sur terre.
Quiconque les lira pourra sentir... ce souffle neuf.






Mon avis :



"Celui qui juge l'amour des autres n'en a point en son cœur,
car, puisque son essence est une épée,
toute son âme en serait transpercée". (P70)


Magnifique ! Un recueil magnifique ! Habituellement, j'ai toujours du mal à faire la critique de nouvelles car comment s'y prendre ? Faire une chronique par nouvelles ou une, plus générale, de tout le livre ? Ici, la question ne s'est même pas posée car il y a toujours un fil conducteur : le regard des autres. Le lecteur va naviguer entre trois récits et entre trois personnages principaux : Eva, Monsieur Poitou et Uma. Tour à tour, ils vont devoir combattre le fameux "qu'en-dira-t-on", l'opinion d'autrui, pour avancer. Eva et son amour particulier, Monsieur Poitou et les médisances d'un village, Uma, la rebelle amoureuse. Les trois histoires se situent dans un village, un petit univers clos où les langues se délient, où les rumeurs vont bon train...  

C'est toujours avec poésie (admirez au passage le jeu de mots sur le titre, pur néologisme au sens si symbolique) que Sonia Frisco fait vivre ses personnages. Certes, on est ici entre songe et réalité mais qui n'a pas connu un de ces protagonistes ? Eva et Andy ressemblent à Sarrasine et Zambinella de Balzac, Monsieur Poitou me fait penser à Madame Bovary, en beaucoup plus sage. Uma et Giacomo, à Juliette et son Roméo. Bien entendu, les histoires sont très différentes des noms que je cite ici mais il y a des similitudes dans le tourment éprouvé, ponctuellement ou non, par les trois protagonistes. Pourtant, il y a aussi une différence majeure : si les histoires finissent mal chez Balzac, Flaubert ou Shakespeare, Sonia Frisco laisse la porte ouverte à l'espoir. Cela donne à réfléchir.

C'est beau, c'est magique et cela peut faire souffrir pour mieux se reconstruire... Lisez ces récits initiatiques, vous en ressortirez différent !





Extrait :



Un soir, la jeune fille et son amant s'étaient retrouvés à l'un des "balcons" du village. Ils se tenaient devant le mur étrusque, rare vestige architectural encore intact de ce mystérieux peuple. Au pied de ce mur surplombant vertigineusement la vallée, se perpétuait un surprenant phénomène géologique. Le mur, lui, en était le témoin, le protecteur et le gardien. Il s'érigeait en ces lieux pour séparer l'homme des mystères de la terre.
Ce phénomène portait un nom, on l'appelait les Balze, gigantesque trou, s'étendant à perte de vue et emportant périodiquement d'importantes fractions de terrain.
Les Balze étaient attrayantes pour les imminents scientifiques, mais incompréhensibles. Elles étaient mystifiées par les dévotes qui s'en tenaient très à l'écart, voyant inévitablement derrière chaque inconnu une main satanique.
Ce mur, aussi étrange que ses constructeurs, n'avait jamais été inquiété par les Balze. Le phénomène semblait ne s'être étendu que devant lui... ou que pour lui.
En ce lieu, avec son amant et ces pierres édifiées savamment, Uma baignait dans l'âme universelle, elle savait son cœur heureux.
Ils échangèrent un regard, elle joyeuse, lui préoccupé par les jours qui passaient. Jamais ils ne parlaient de leur avenir, d'un accord commun, sans s'être concertés. L'avenir allait être en son temps. Et, quoi qu'ils aient pu planifier, l'imprévisible allait toujours s'intercaler.

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MessageSujet: Re: Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]   Lun 25 Jan 2016, 20:35





Quatrième de couverture :


La vie d'Alexandre suivait son cours monotone et sans espoir. Les injustices, les colères, les incompréhensions et les punitions le narguaient chaque jour. Tout ce qu'il tentait pour échapper à sa misère se retournait contre lui avec plus de puissance encore.
Ainsi, pour son quatorzième anniversaire, il souhaitait un cadeau sur mesure, quelque chose d'exclusif, une superbe revanche sur son entourage. Sa vie prendra alors un tournant décisif dont il n'avait pas soupçonné l'ampleur.
Bravant ses peurs, ses doutes et les interdits, il entreprit seul un chemin vers un futur qui ne ressemblera plus jamais à son passé...





Mon avis :

Autant l'annoncer de suite, j'ai adoré Et moi alors ! Je ne sais pas si, au départ, ce roman devait s'adresser à nos jeunes lecteurs. Mais vous savez, c'est exactement comme pour les contes. La cible reste les adultes, notamment les parents. Je pense qu'il en est de même ici.

Ce roman a un vrai rôle : il s'agit d'une initiation. En effet, Alexandre, estimant que ses parents sont trop autoritaires, va commettre une bêtise : la fugue. Mais c'est justement à travers cette dernière qu'il va apprendre la dure réalité de la vie. Quand on a 14 ans, on amplifie toujours les choses, on pense souvent que les parents ne comprennent rien. Inversement, du côté adulte, même chose. On ne comprend plus son adolescent, sa rébellion et l'on veut étouffer dans l'œuf sa crise en usant de son pouvoir. Tout est là, sans compter le rôle du petit frère et du grand-père.

Je le disais, il s'agit ici d'un texte ayant une véritable portée morale. Il amène à une véritable réflexion.

Madame Frisco, encore une fois, un grand, un très grand bravo !





Extrait :

Il regarda les affaires d'Alex, bien alignées sur le bureau, sur lequel tout était parfaitement rangé. Ses enfants étaient loin d'être désordonnés et il ne le remarquait que maintenant, des années trop tard, alors qu'il ressentait déjà l'absence de son fils aîné. Mais il n'était pas au bout de ses peines et de ses surprises. Les malheureuses circonstances lui avaient ouvert les yeux, elles lui avaient rendu la vue et cela ne faisait que commencer... (P111)

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MessageSujet: Re: Sonia Frisco [XXe / XXIe s ; Suisse]   Mar 03 Oct 2017, 18:57



Quatrième de couverture :


[…]

Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités.
La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère.

Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie.

[…]





Mon avis :

Je viens de refermer ce livre, lu de bout en bout à une vitesse édifiante, la gorge serrée. Ma critique sera donc à chaud, avec toutes les émotions que l’on peut avoir à ce moment là.

Avec ce roman, pour une part autobiographique, Sonia Frisco sort des sentiers battus en osant publier, à sa demande, l’histoire de son amie Mia. Cette dernière doit échapper à un mariage devenu conflictuel. Mais dans sa famille italienne, on ne prononce même pas le mot « divorce. » Celui-ci est tabou, interdit, synonyme d’opprobre jeté sur les parents. Qu’à cela ne tienne, la pauvre jeune femme se débrouillera par ses propres moyens. Sandro lui a lancé un ultimatum : si elle est encore là quand il revient, il considérera qu’elle lui appartient. Et cette idée de possession la fait fuir. La seule chose qu’elle possède, justement, c’est son corps. C’est à ce moment-là que le titre du livre prend un de ses sens… un seul seulement…

J’ai été emportée par cette histoire. J’ai souffert avec et pour Mia, eu une énorme sympathie pour Marina, Andrew et Robin… À travers ces personnes, on découvre à quel point certaines mentalités n’ont pas bougé, à quel point des mots peuvent faire souffrir, à quel point le fameux « qu’en-dira-t-on ? » peut détruire. Mais comme toujours chez notre romancière, la poésie intervient, et certains messages sont apaisants. L’amitié, l’amour, sont deux biens précieux qui peuvent transcender une vie misérable. L’essentiel est de ne pas passer à côté.

Ce roman va aider, j’en suis certaine, des personnes qui ont vécu des histoires similaires. En tous les cas, même si je n’ai jamais vécu ceci, j’ai été touchée par ce livre hors du commun. Bravo Sonia Frisco pour votre courage et votre plume !





Extrait :

Nos chemins, bons ou mauvais, sont les lieux de départ de nos rêves… nos premiers espaces de liberté. Et notre liberté est sacrée, nous l’avons si durement gagnée. Depuis des siècles, nous nous sommes battus pour notre droit à l’expression, à l’existence et à l’indépendance, ou en un mot à la liberté, et chacun de nous, un jour ou l’autre, a été amené à livrer bataille pour elle.

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