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 Nicolas Gogol [XIXe s / Ukraine-Russie ; Nouvelles]

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Lydia
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MessageSujet: Nicolas Gogol [XIXe s / Ukraine-Russie ; Nouvelles]   Mer 21 Oct 2015, 16:08





La Calèche est une nouvelle appartenant aux Nouvelles de Pétersbourg. Elle commence par une description d'une ville de garnison, peu gaie, peu attractive. On n'y voit âme qui vive et, à part quelques animaux, on pourrait la croire abandonnée. Charmant tableau ! Puis, le style s'anime, mimétique de la ville : un régiment arrive ! Voilà qui va réveiller un peu les... deux habitants : un juge et un gouverneur. Soudain, on aperçoit du monde, venu des villages voisins, curieux de voir les soldats. Un beau jour, le général décide de donner un grand banquet. Les gens accourent et, parmi eux, un certain Pythagore Pythagorovitch Tchertokoutski, aristocrate qui aurait pu mener grand train si une "fâcheuse affaire" ne l'en avait empêché. Lorsqu'il entend le général dire qu'il cherche une calèche assez légère à acheter, il se vante d'en avoir une pour lui, la meilleure qu'il soit. Il invite le haut gradé et ses officiers à manger le lendemain...

Sous des dehors anodins, où le rire l'emporte sur le sérieux, cette nouvelle se révèle être plutôt féroce, mordante, ironique envers ceux qui veulent être dans le paraître, qui essaient de piétiner les autres, de se valoriser sans cesse. Molière l'avait fait avec M. Jourdain, le fameux Bourgeois gentilhomme, Gogol s'en moque d'une autre manière dans son oeuvre. C'est réjouissant. Je vous la conseille vivement.




Extrait :



– Eh bien, Excellence, reprit Tchertokoutski, je possède justement une superbe calèche viennoise. – Celle dans laquelle vous êtes venu ? – Oh, non ! Celle-là, c’est une voiture de voyage. L’autre est d’une légèreté étonnante : une plume ! Et quand on y est installé, on se croirait vraiment dans un berceau. – Alors, elle est très confortable ? – Très, très confortable ! Et quels coussins, quels ressorts ! Un vrai tableau ! – Parfait, parfait ! – Et spacieuse avec cela ! Excellence, je n’en ai jamais vu de pareille ! Quand j’étais au service, je mettais dans la caisse dix bouteilles de rhum, vingt livres de tabac, six uniformes, du linge, deux chibouques d’une longueur extraordinaire ; et dans les poches, on aurait fourré un bœuf entier. – Parfait, parfait ! – Je l’ai payée quatre mille roubles, Excellence. – À ce prix-là, elle peut être belle. Vous l’avez commandée vous-même ? – Non, Excellence, je l’ai eue d’occasion ; elle appartenait à un de mes amis d’enfance, un homme rare. Votre Excellence se serait parfaitement entendue avec lui. Nous vivions en frères et ne distinguions pas le tien du mien. Je la lui ai gagnée aux cartes. Votre Excellence voudrait-elle me faire l’honneur de venir dîner demain chez moi ? Par la même occasion je lui montrerai la calèche. – Je ne sais que vous répondre. Seul, cela me paraît… À moins que vous ne permettiez à quelques officiers de m’accompagner ? – Mais certainement, j’invite aussi messieurs les officiers. Messieurs, je serai fort honoré de vous voir chez moi… À mon avis, Excellence, quand on achète quelque chose, il faut prendre du beau ; autrement, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Demain, quand j’aurai l’honneur de vous recevoir, je vous montrerai certaines de mes acquisitions… » Le général considéra Tchertokoutski à travers un nuage de fumée. Satisfait de son invitation, notre homme commandait mentalement ragoûts et pâtés et promenait des regards joyeux sur messieurs les officiers, qui, de leur côté, prêtaient à sa personne une attention plus marquée ; cela se devinait à l’expression de leurs yeux et aux petits mouvements de tête obséquieux qu’ils lui adressaient. Tchertokoutski prit une attitude désinvolte et sa voix s’amollit, indice de profond contentement. « Votre Excellence fera connaissance avec la maîtresse du logis. – J’en serai fort heureux», dit le général en caressant ses moustaches.

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