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 Elfriede Jelinek [XXe / XXIe s ; Autriche]

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Lydia
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MessageSujet: Elfriede Jelinek [XXe / XXIe s ; Autriche]   Dim 02 Aoû 2015, 18:54




Je viens de finir la fameuse trilogie des jumeaux (Le Grand Cahier, 1986 ; La Preuve, 1988 et Le Troisième mensonge, 1991) d'Agota Kristov et je retrouve en Elfriede Jelinek cette même puissance d'écriture. Ce roman, Les Exclus, a été écrit en 1981. Décidément, les années 80 verront se lâcher quelques écrivains dont le style et la diatribe seront un signe d'engagement.

Dans Les Exclus, la romancière s'inspire d'un fait divers qui fit frémir d'horreur l'Autriche : une bande de jeunes délinquants semaient la terreur dans les années cinquante. Oui, et alors ? allez-vous me dire, ce ne sera pas la première fois. Seulement voilà : le chef de la bande ira jusqu'à commettre l'irréparable sur sa propre famille en assassinant ses parents et sa soeur. Jelinek met alors en relief ce qui a amené ce garçon, Rainer, a en arriver là. Livré à lui-même, avec une mère complètement soumise, un père, mutilé de guerre, ancien SS, obnubilé par le sexe et sa dérive, Rainer tente de ne pas reproduire ce comportement et se réfugie dans la littérature et la poésie. Amoureux de Sophie, il souffrira de ses propres sentiments envers cette dernière. D'autant plus qu'elle ira avec un gros lourdaud, Hans, et se livrera plus d'une fois à la débauche. Anna, sa soeur, en fera autant, avec le même garçon, ce qui exaspérera Rainer. Le contexte n'est pas tendre. Nous sommes dans un pays qui tente d'oublier son passé. Comment ne pas en arriver alors à de telles dérives ?

Bien plus qu'un roman, ce texte permet de s'interroger sur la société, la haine et la violence. Le style volontairement froid et sec percute le lecteur. Sous une apparente simplicité, il met en scène la complexité de la perversité humaine ainsi que ses causes.

Si vous aimez Agota Kristov, nul doute que vous apprécierez Elfriede Jelinek.



Extrait :


(Anna emmène pour la première fois Hans chez elle dans une intention... peu catholique).


La mère dit qu'elle a sur le bout de la langue la citation latine de ce qu'elle vient de mentionner, qu'on apprend pour la vie et non pour l'école. Elle possède un réservoir de proverbes et de maximes. Il n'y comprendra rien, sera anéanti, et par la suite laissera sa fille en paix. Dans la famille de la mère, la culture est une tradition, elle n'est jamais laissée à l'initiative personnelle, étant trop précieuse pour cela. La savoir, le voilà le plus précieux des biens. Ce qui vient de vous est toujours un facteur de risque, mieux vaut l'éliminer. Par ailleurs elle n'aimerait pas voir ces deux-là disparaître sans surveillance dans la chambre de jeune fille d'Anna aménagée par ses soins. Avec des rideaux à petites fleurs - qui détonnent quand on connaît Anna. Une chambre de jeune fille n'est pas la place d'une femme, mais seulement d'une jeune fille comme son nom l'indique. En vérité Anna est encore une enfant. Hans veut obéir automatiquement, parce que la mère d'Anna lui inspire du respect, mais Anna dit tu nous fais chier. Et ils y vont quand même. (P84)

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