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 Frédérick Douglass [XIXe s / Etats-Unis ; Autobiographie]

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Lydia
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MessageSujet: Frédérick Douglass [XIXe s / Etats-Unis ; Autobiographie]   Mer 28 Oct 2015, 18:03




Quatrième de couverture :

"Vous avez vu comment d'un homme on fit un esclave ; vous verrez comment un esclave devint un homme. " En 1845, à vingt-sept ans, Frederick Douglass, ancien esclave américain, publie l'un des récits les plus puissants contre l'esclavage. Il y raconte son enfance sur la plantation, la séparation des familles, la violence omniprésente, son départ pour la ville et la révélation qui le met sur la voie de la liberté. Celui que l'on voulait transformer en brute apprend tout seul à lire et à écrire. D'une plume acerbe, il raconte l'inhumanité du système esclavagiste et la barbarie des maîtres. L'accompagnement pédagogique situe le récit dans le contexte de l'esclavage et des luttes abolitionnistes. Il éclaire l'originalité de cette voix autobiographique, sa force, son ironie, ses stratégies rhétoriques de dénonciation. D'autres textes, témoignages, discours politiques, roman, chants d'esclaves, viennent enrichir la lecture.




Mon avis :

Frederick Douglass nous raconte avec force détails sa vie d'esclave, dès sa plus tendre enfance. Comment ne pas éprouver de compassion pour cet enfant retiré à sa mère très tôt ? Cette dernière, après sa journée de labeur, parcourait des kilomètres à pied pour aller le voir. Bien entendu, elle n'y arrivait que pour le voir dormir et repartait presque aussitôt pour ne pas se faire attraper par le maître qui remarquerait son absence le matin. L'auteur avoue que, lorsqu'il apprit son décès, (elle était morte de maladie et d'épuisement), il n'éprouva aucun sentiment. C'est dur, certes, mais quand on y réfléchit bien, comment cet enfant qui n'a que très peu vu sa mère, et encore de nuit, pourrait-il s'y attacher ? Dans ce monde brutal, il n'y a pas de place pour les sentiments. On apprend alors que Frederick sera ensuite placé par le propriétaire chez un couple âgé, certainement pour apprendre les rudiments du "bon esclave". La dame, au début, essaiera même de lui apprendre à lire. Enfin une once d'humanité dans ce système. Cependant, son mari le lui interdit vite, craignant très certainement que le propriétaire ne l'apprenne. Et à partir de là, la dame deviendra pire que le mari. La violence entraîne la violence n'est-ce-pas ?

Le tournant dans la vie de Douglass sera lorsqu'il apprendra que certains défendent leurs droits, les fameux abolitionnistes. Dès lors, il n'aura de cesse de sortir de sa condition.

Ce livre est passionnant ! En effet, quoi de mieux qu'un témoignage pour apprendre ce qu'il pouvait se passer dans ses immenses propriétés américaines ? Douglass ne nous épargne rien. Et l'écriture est très fluide, très agréable à lire. Je vous le conseille, vraiment !




Extrait :


Je suis né à fuckaboe, près d’Illsborough, à environ douze milles d’Easton, dans le comté de Talbot (Maryland, États-Unis d’ Amérique). Je n'ai aucune connaissance précise de mon âge, car je n'ai jamais vu d'acte authentique qui en fasse mention. La grande majorité des esclaves connaissent aussi peu leur âge que les chevaux ; tous les maîtres avec qui j'ai eu des rapports aimaient à tenir leurs esclaves dans cet état d'ignorance. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu un seul esclave qui pût dire le jour de sa naissance. Ils savent, il est vrai, que cet événement a eu lieu à l’époque de la plantation, de la moisson, des cerises, du printemps ou de l’automne mais voilà tout. Mon ignorance sur ce point fut pour moi un sujet de chagrin dès ma plus tendre enfance. Les petits blancs savaient leur âge. Je ne pouvais imaginer pourquoi je devais être privé d'un pareil privilège. Il ne fallait pas songer à interroger mon maître là-dessus. Il aurait trouvé des demandes de cette espèce, de la part d’un esclave, inconvenantes et déplacées; il y aurait vu l'indice d'un esprit inquiet. D'après le calcul le plus approximatif que je puisse faire, je dois avoir maintenant de vingt-sept à vingt-huit ans. Je base ma supposition sur ce qu'un jour j'ai entendu dire à mon maître, en 1835, que j'avais alors à peu près dix-sept ans. Ma mère se nommait Henriette Bailey. Elle était fille d'Isaac et de Babet Bailey, qui étaient tous deux nègres et d'un teint très foncé. Ma mère était plus noire que ma grand-mère, ou mon grand-père. Quant à mon père, il était blanc. Tous ceux à qui j'ai entendu parler de ma parenté admettaient ce fait. On disait tout bas que mon maître était mon père. Cette opinion était-elle fondée, c'est ce que je ne puis dire ; car les moyens de le vérifier me furent enlevés.

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