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 Edouard Glissant [XXe-XXIe s ; Martinique]

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Lydia
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MessageSujet: Edouard Glissant [XXe-XXIe s ; Martinique]   Dim 08 Nov 2015, 17:37

Edouard Glissant est né, à la Martinique, à Sainte-Marie, en 1928. Il a fait ses études en métropole, à La Sorbonne. Il deviendra Docteur ès lettres. Son intérêt portant d'abord sur la Négritude, il fonda ensuite le concept d'antillanité et de créolisation. En 1960, il signe le Manifeste des 121, contre la guerre d'Algérie. En 1961, il fonde avec Paul Niger (de son vrai nom Albert Béville, écrivain, administrateur et militant français né en Guadeloupe) le front antillo-guyanais qui se veut indépendantiste puis autonomiste. Ceci lui vaudra d'être interdit de séjour de 1959 à 1965 sur son île natale pour « séparatisme ». Il revient en 1965 et crée l'institut martiniquais d'études. De 1982 à 1988, il devient le directeur du Courrier de l'Unesco.

Sur le plan littéraire, Glissant est à la fois poète, romancier, essayiste  et dramaturge. Il a rejoint les mânes de ses ancêtres le 03 février 2011.

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MessageSujet: Re: Edouard Glissant [XXe-XXIe s ; Martinique]   Dim 08 Nov 2015, 17:41





"J'appelle Tout-monde notre univers tel qu'il change et perdure en échangeant et, en même temps, la "vision" que nous en avons." Voilà la définition donnée par l'auteur lui-même qui va mêler ici roman et essai. A travers différents personnages - et ils sont nombreux- Edouard Glissant va faire apparaître une réflexion philosophique sur l'humanité. Cette vision est d'ailleurs celle qui est sous-jacente dans bon nombre de ses ouvrages. Pour cet écrivain, il fallait trouver un système afin de sauver les peuples, les sauver face à la mondialisation. Il avait inventé ainsi "la mondialité", néologisme impliquant une histoire des peuples, une communication entre ceux-ci. Il réfute le ghetto identitaire qui enferme ainsi les populations et sont la source de conflits. Il prône le métissage, seul salut pour la paix.

Je ne cache pas que si l'idée est louable, le roman reste un peu complexe. D'abord parce qu'il y a, je le disais, pléthore de personnages qui se rencontrent. Ensuite parce que la philosophie vient étroitement s'imbriquer dans la fiction. Ceci dit, je crois qu'il est quand même important (et c'est assez rare lorsque je dis ça) de buter légèrement sur ce roman, de réfléchir, afin d'en comprendre toute la teneur, tout le sel.

Je laisse la parole à l'un des personnages : "Le Tout-monde, c’est le monde que vous avez tourné dans votre pensée pendant qu’il vous tourne dans son roulis". A méditer !




Extrait :


"On avait commencé, ici aux Antilles, par moquer les fils, ceux qui étaient nés là-bas en France (les sociologues disaient : ceux de la deuxième génération), on racontait à leur propos des histoires de calimordants (leur manière à eux de nommer les crabes et de pérorer le français quand ils revenaient au pays et qu’ils étaient débarqués de ces Boeing 747 où on vous traitait presque comme un bétail ou une cargaison), plus tard on les appela des Négropolitains, ils en revendiquèrent parfois l’appellation, et la question se posa donc, à quoi nul ne porte réponse, de ce qu’ils sont en vérité.
On s’évertuait de partout à les coincer laminairement entre deux impossibles, d’un ici et d’un là-bas, et entre deux identités, aussi frileuses et circonspectes l’une que l’autre, du Français et de l’Antillais. L’idée grossit alors que la seule ressource était l’intégration. Il y eut des leaders nationaux de l’intégration. Il fallait accomplir la citoyenneté irréversible, au lieu même où on vous l’avait accordée, et malgré même la résistance des citoyens patentés, dits français de souche.
Mais ils sont, ceux-là qui naviguent ainsi entre deux impossibles, véritablement le sel de la diversité. Il n’est pas besoin d’intégration, pas plus que de ségrégation, pour vivre ensemble dans le monde et manger tous les mangers du monde dans un pays. Et pour continuer pourtant d’être en relation d’obscurité avec le pays d’où tu viens. L’écartèlement, l’impossible, c’est vous même qui le faites, qui le créez.
Aussi bien, plutôt que de vous déchirer entre ces impossibles (l’être aliéné, l’être libéré, l’être ceci l’être cela), convoquez les paysages, mélangez-les, et si vous n’avez pas la possibilité des avions, des voitures, des trains, des bateaux, ces pauvres moyens des riches et des pourvus, imaginez-les, ces paysages, qui se fondent en plusieurs nouveaux recommencés passages de terres et d’eaux. Ce train qui trace dans la banlieue de Lyon, poussez-le à un autre impossible mais bien plus ardent, la bousculade entre les hauts et les fonds de tant d’environs et de lointains."

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MessageSujet: Re: Edouard Glissant [XXe-XXIe s ; Martinique]   Dim 08 Nov 2015, 17:44



La Lézarde est le premier roman que j'ai lu de cet auteur lorsque je l'étudiais à la Fac. Je ne suis pas peu fière d'avoir pu rencontrer son auteur et d'avoir une belle dédicace sur mon exemplaire ! Mais trêve de bavardage ! Que nous raconte ce roman ?

Dans une petite ville des Antilles, Lambrianne, un petit groupe de militants décide d'attenter à la vie du représentant de l'Etat. Dans ce clan, on retrouve les mêmes personnages que dans Tout-monde : Mathieu Béluse, Mycéa, Raphaël Targin (Thaël)... Vient se greffer sur les activités belliqueuses et les idéaux des jeunes gens une histoire d'amour entre Mathieu et Mycéa. On retrouve ici une large part de l'auteur lui-même.

La musicalité de cette œuvre ne peut laisser le lecteur indifférent. La lézarde est d'abord une histoire d'amitié et d'amour, un amour qui relie et oppose les êtres. Rien de bien nouveau. Oui mais voilà, la rivière, cette fameuse Lézarde, fait presque partie des personnages: outre le fait d'être un repère géographique, elle est également symbolique, quasiment magique.

Laissez-vous tenter par un embarquement immédiat vers les îles, leur complexité et leur beauté !



Extrait (Chapitre XV) :


" La jeune fille avait du courage : elle marcha toute la nuit parmi les ombres affolantes, sans entendre les chiens (ou les engagés qui empruntent la forme des chiens, courent la campagne, volent, effrayent, s’amusent d’autrui), sans entendre le bruit multiplié de sa propre marche dans la splendeur noire, sans rien entendre qu’en son cœur un silence encore étonné, un silence qui avait pris corps et qui était maintenant l’âme sans âme de sa chair. C’était une fixité étrange dans la nuit..."

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