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 Gilles Del Pappas [XXe-XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Gilles Del Pappas [XXe-XXIe s]   Dim 08 Nov 2015, 18:33





Résumé :


Un matin de 1954, Marius Jacob se souvient de son passé, de son enfance à Marseille, de ses voyages, des camarades de la cause anarchiste, qu’il épouse. Et puis de sa rencontre avec Rose, une jeune comédienne engagée par la Star Films de Georges Méliès et flanquée de Jean, un amnésique de deux mètres qu’elle accompagne sur la piste de sa mémoire perdue. À l’époque, l’insaisissable Marseillais signe ses coups « Attila ». Avec sa bande des Travailleurs de la nuit, il porte la cambriole au rang d’art, subtilisant leurs biens aux profiteurs d’un système qu’il dénonce. Dans ce roman d’aventures, les épisodes basés sur des faits réels (mais pas toujours) racontent aussi une histoire du cinéma, depuis l’âge des cavernes jusqu’au siècle de son invention. On y croise les acteurs, célèbres ou anonymes, d’un temps qui voit naître bien des combats qu’il ne faut pas abandonner tant qu’ils ne sont pas gagnés.




Mon avis :


Si, comme moi, vous êtes friands de romans cultivant l'art d'insérer de multiples références culturelles, alors je ne peux que vous conseiller cette lecture qui m'a fait passer un très agréable moment. Passée la petite gêne du titre (oui, je sais, je suis peut-être tatillon, mais le fait qu'il n'y ait pas de majuscule à attila (sic) me perturbe), l'avertissement au lecteur nous plonge dans l'ambiance : Gilles Del Pappas n'a pas la prétention de faire quelque chose de purement historique ou de purement réel, il veut rêver et laisser sa plume vagabonder sur ce personnage qu'est Marius Jacob. Ainsi, il avertit d'entrée de jeu : "Que les spécialistes du cinéma ou du célèbre Marseillais, les lauréats de l'anarchie, de la photographie, de la peinture, les universitaires ergoteurs, les fanatiques, les savants à barbe blanche triturée hystériquement passent gentiment leur chemin".

Un style ponctué d'humour - mais un humour très fin - peut-être par référence à son personnage connu à la fois pour cette qualité et pour ses cambriolages, de nombreuses références, un thème pour le moins original, voilà la recette d'un succès certain.




Extrait :


Inspiré par la fausse identité du jeune couple, Méliès rêve déjà à un scénario pour un film. Un artiste !

- Peut-être as-tu enlevé Rose d'un lupanar où des lointains parents la tenaient embastillée ? C'est pour cette raison que vous avez emprunté ce drôle de nom ?

Méliès sourit en lançant cette pique au Marseillais, qui décide de s'en sortir par une pirouette...

- Je peux enfin vous l'avouer, je suis trop connu là-bas... Je voulais voyager incognito !

Mais, terrain glissant, il décide de changer de sujet pour parler de la famille du cinéaste.

- Vous n'avez pas voulu que votre femme vous accompagne ?

Méliès avait épousé sa femme très jeune. Il l'avait enlevé dans un couvent, une belle histoire d'amour. Son père voulait qu'il convole avec la fille d'un confrère, fabricant de chaussures comme lui. Il secoue la tête.

- Elle n'aime pas le bateau, ça la rend très malade. Ce n'est pas un plaisir pour elle. Et toi ? Tu souffres du mal de mer ?

- Le mal de mer ? Marius secoua la tête.

- Non, j'ai été marin dans une autre vie.

- Ah oui ? Comment ça ?

Très curieux - Méliès ne connaît pas cet épisode de l'existence du jeune homme -, il l'interroge sur ses voyages du temps où il était mousse. Ils sont interrompus par le long cri triste de la sirène qui annonce le départ de transatlantique. Les hommes du port larguent une amarre ; à bord, on remonte les dernières passerelles. Enfin, le bateau est libre, on sent la mer sous les pieds. Le mouvement n'est pas très fort, elle est calme, mais il y a un très léger tangage et le ronron du moteur. Rose se serre contre Marius.

- Tu as peur madame Escartefigues ?

Elle sourit :

- Non, je suis avec toi. Mon beau monsieur Escartefigues ! Mon coeur bat la chamade, je ne suis jamais sortie d'Europe !

Les badauds sur le quai font de grands " hou hou ! " Les enfants bougent les bras comme des moulins à vent, les hommes lancent casquettes et hauts-de-forme, les femmes agitent leurs mouchoirs de dentelle de Calais. En troisième classe, beaucoup sentent leur coeur se serrer. Presque tous partent sans se retourner sur leur passé, qui n'est pour la plupart qu'une suite de malheurs, de misères... Ils ont vendu leurs meubles, leurs vêtements, tout ce qui pouvait se négocier. Ils ont placé tous leurs espoirs, patrie intrinsèque de l'homme, dans ce pays dont partout on vante les mérites.

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Gilles Del Pappas [XXe-XXIe s]
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