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  Didier Daeninckx [XXe - XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Didier Daeninckx [XXe - XXIe s]   Jeu 19 Nov 2015, 20:54




Quatrième de couverture :


1931, l'Exposition coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup.
Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l'intérêt du public, veut bien prêter les siens, mais en échange d'autant de Canaques. Qu'à cela ne tienne ! Les « cannibales » seront expédiés.
Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l'intrigue sur fond du Paris des années trente - ses mentalités, l'univers étrange de l'Exposition -tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.




Mon avis :


Je connaissais cet auteur par d'autres textes, notamment Passages d'enfer et Meurtres pour mémoire. J'avais aimé son style incisif et cette narration qui n'appartient qu'à lui. Aussi, lorsque j'ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit qu'un fait historique relaté, romancé, par Daeninckx, cela devait valoir son pesant d'or.

Et pourtant... je me suis ennuyée. Ce court roman (108 pages) est certes une belle leçon d'Histoire : esclavage, racisme etc... mais je n'ai pas du tout retrouvé le même plaisir à la lecture. Dommage car le sujet était prometteur.




Extrait :


- Tu vas te taire, à la fin ! Si tu n'essaies pas de t'échapper, si tu ne hurles pas, on ne te fera pas de mal... on veut seulement parler avec toi. Tu vas venir avec nous sans faire d'histoires...
Il a marmonné contre ma main, en roulant des yeux et en relevant ses sourcils. Badimoin a assuré sa prise puis il l'a obligé à escalader le monticule. Nous nous sommes arrêtés à l'autre extrémité du relief qui formait une sorte de terrasse naturelle au-dessus du marigot. On entendait distinctement les clapotements, les respirations inquiétantes, les claquements de mâchoires des sauriens affamés. J'ai fait glisser ma main, libérant ses lèvres.
- Qu'est-ce que vous me voulez tous les deux ? Vous vous croyez dans votre jungle !
Badimoin, qui lui interdisait tout mouvement s'est penché à son oreille.
- Si ça n'avait tenu qu'à nous, on y serait restés...

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MessageSujet: Re: Didier Daeninckx [XXe - XXIe s]   Jeu 19 Nov 2015, 20:55



Je vous rassure, il n'y a pas d'erreur orthographique. Il s'agit bien ici du retour d'Ataï et non pas d'Altaï, l'espèce d'épouvantail donnant de la voix et officiant pendant un moment en tant que prof de chant à la Star Ac' ! On me souffle dans l'oreillette qu'Armande va me maudire sur cinq générations en faisant des incantations avec sa cocotte Kiki ! Comprenne qui pourra !

Ce livre est la suite de Cannibale. Je m'étais un peu ennuyée avec ce dernier mais comme j'ai de la suite dans les idées, j'ai tenté celui-ci. Il faut dire qu'hormis cette fameuse exposition coloniale de 1931, départ de toute l'histoire, se trouve un événement important, celui de la Vénus Noire. Cette jeune paysanne d'Afrique du Sud, répondant au nom de Saartjie Baartman, avait un problème physique de taille puisqu'elle était née avec une hypertrophie des hanches et des fesses. A cette époque (début du XIXe), les personnes atteintes de tares physiques finissaient souvent dans les cirques, comme bêtes de foire. C'est ainsi que Saartjie sera exposée, exhibée en Angleterre d'abord puis en Hollande et en France. Elle tombera dans l'alcoolisme et finira sa vie dans une maison close. Une vie très brève puisqu'elle rendra son dernier souffle à l'âge de 26 ans environ. Bon, alors, quel est le lien avec le bouquin, allez-vous me demander, impatients que vous êtes ! Un moulage de plâtre ainsi que le squelette furent exposés au Musée de l'Homme. Et le narrateur, en faisant visiter les réserves de ce même musée, va y faire référence. D'ailleurs, une question importante va se poser : d'où proviennent les trésors des musées ? Et derrière une histoire fictive, se cache justement ici ce grave problème de "reliques" volées. Il faut savoir quand même que l'Afrique du Sud, qui avait réclamé la dépouille de Saartjie en 1994, devra se battre jusqu'en 2002 pour récupérer celle-ci.

Je disais que ce roman était la suite de Cannibale. On retrouve Gocéné, ce personnage ayant été enfermé à Vincennes pour l'Exposition coloniale. Il avait vingt ans à l'époque. Il en a presque 90 à présent. Il vit en Nouvelle-Calédonie. Mais il veut revenir en France une dernière fois. Non pas pour faire un pèlerinage sur les traces de son passé. Il veut retrouver un compatriote disparu en 1878, Ataï. Celui-ci, chef de tribu, a mené une révolte contre les colons et a été décapité. Gocéné veut ramener le crâne sur sa terre natale.

Je ne regrette pas mon entêtement car ce texte m'a bien plus parlé que le précédent. On sent que l'auteur s'est bien documenté pour retracer cette histoire méconnue de la Nouvelle-Calédonie.




Extrait :


Quand j'étais gamin, l'école a organisé une sortie au musée de l'Homme et je me souviens être passé devant cette chose avec mes petits camarades. J'ai encore en tête les réflexions idiotes qu'on peut faire à cet âge... Le programme officiel signalait qu'il s'agissait de la Vénus hottentote, une jeune femme venue en Europe au début du XXe siècle. [...]

Cette statue est un moulage du corps de la jeune femme, pratiqué juste après sa mort, et c'est les naturalistes qui l'ont intentionnellement habillée de cette manière simiesque. Pendant plus d'un siècle, des centaines de milliers de personnes ont défilé devant son effigie, et la grande majorité s'est donné bonne conscience. La répulsion, au mieux la moquerie, confortaient les Européens dans l'idée de leur supériorité. On sait aujourd'hui qu'elle s'appelait Saarje, suivie du nom de son "propriétaire", Baartman, et qu'elle n'est pas venue de son plein gré sur le vieux continent. Elle a été achetée à ses maîtres par un Anglais organisateur de spectacles qui l'a promenée à travers son île pendant plusieurs années avant de la revendre au patron français d'une baraque foraine. On suit sa trace grâce aux comptes rendus des journaux de province qui font état de sa présence dans des foires, des spectacles, des expositions... On a appris, depuis, qu'elle était aussi louée à des "savants reconnus" qui l'auscultaient, la mesuraient sous toutes les coutures, pour conforter leurs arguments racialistes. Sans parler de la prostitution à laquelle elle a été contrainte avant sa mort en 1815. Un véritable calvaire.

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