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 Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 18:56




Jean-Yves Laurichesse a été l'un de mes professeurs à l'Université de Perpignan. Professeur remarqué et remarquable, on décelait déjà chez lui non seulement cette passion pour la littérature mais aussi pour les textes écrits de façon délicate et ciselée, en prose poétique notamment.

C'est avec grand plaisir mais sans étonnement que je le découvre romancier. Actuellement professeur de littérature française contemporaine à Toulouse, il a écrit de nombreux livres critiques sur ses domaines de prédilection, l'intertextualité et l'imaginaire, notamment chez Giono et Claude Simon.

Egalement romancier, sa première oeuvre, Place Monge (2008), a été récompensée par le prix littéraire de la ville de Balma en 2009. Suivront ensuite, chez le même éditeur (Le Temps qu'il fait), Les Pas de l'ombre (2009), l'Hiver en Arcadie (2011), Les Brisées (2013) et La Loge de mer (2015).

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MessageSujet: Re: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 18:59





Quatrième de couverture



Un officier de la Grande Guerre retrouve, le temps d'une brève permission, son appartement parisien et les traces d'un bonheur révolu. Une jeune femme et son fils attendent son retour au fond d'une province. Mais la mort est en embuscade et va bientôt frapper, à plusieurs reprises. De cette histoire tragique demeurent des lettres, des photographies, des documents officiels, longtemps enfouis dans un placard humide. Leur découverte reconduira le petit-fils de l'officier à un immeuble de la Place Monge qu'il pensait n'appartenir qu'à l'histoire littéraire, et qui se révèlera comme le lieu même des coïncidences.




Mon avis


Un très beau roman écrit simplement mais avec une certaine recherche. Le lecteur se trouve au coeur d'une atmosphère familiale quelque peu déconcertante. Celui-ci va avoir l'impression d'être parti dans le grenier et d'avoir retrouvé des souvenirs par de vieilles photos ou des documents. Atmosphère familiale certes, mais atmosphère où règne une certaine oppression : la première guerre mondiale, la mort à chaque coin, la famille dispersée....

Si l'écrivain se veut en retrait ici, on ne peut s'empêcher cependant de voir en Jean L. un membre de sa famille. De ce fait, les personnages en deviennent d'autant plus attachants.

Un premier roman qui est un coup de maître. A lire absolument pour les amateurs de belle prose.


Extrait


Paris, 3 mars 1917. À la nuit tombée, un homme traverse la place Monge une mallette de cuir à la main. Il fait froid. La lune éclaire d’une lumière blême la place déserte, les branches figées des platanes, la monumentale caserne de la Garde Républicaine. De haute taille, l’homme est vêtu d’un manteau d’officier au col relevé, coiffé d’un képi. Il s’arrête à l’un des angles de la place et lève les yeux vers les étages d’un immeuble bourgeois. Tous les volets sont clos, mais une faible lumière filtre ici et là par les fentes. Cependant, les fenêtres qu’il regarde, au troisième étage, sont entièrement obscures. L’homme reste là un moment, puis il traverse la rue et se dirige vers la haute porte de bois verni, à croisillons de fer forgé, qu’il pousse. Il disparaît dans l’obscurité et la porte se referme sur lui.
Dans l’appartement désert les jours et les nuits sont passés, les mois, les années. C’était un appartement confortable, dans le goût de la Belle Époque. Depuis que l’époque a changé, il s’est replié sur lui-même dans l’attente. La poussière s’est déposée en couche d’abord fine, puis de plus en plus épaisse sur les meubles, les cheminées, les lampes, les bibelots, les pendules.

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MessageSujet: Re: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 18:59

Voici ce qu’en dit Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur :

"Ecrit à l’économie avec une émotion tremblée, ce livre discret est une merveille. Commencé comme un roman, il se poursuit comme un livre d’histoire et se termine comme un récit autobiographique. Jean- Yves Laurichesse, 52 ans, natif de Guéret, spécialiste de Giono et de Simon, y fait le portrait de son grand-père, jeune lieutenant tombé en mai 1918 à la tête de sa compagnie près du mont Kemmel. Un an auparavant, lors d’une brève permission, Jean avait passé quelques heures dans l’appartement vide et glacial de la place Monge, à Paris, d’où il avait écrit à sa femme, Gabrielle, réfugiée avec leurs deux enfants en Corrèze.Après la disparition de Jean, les drames se succèdent: leur fille de 3 ans est emportée et Gabrielle s’éteint, à 32 ans, d’une tuberculose. Ce paysage familial avec ruines, Jean- Yves Laurichesse le recompose à partir des lettres retrouvées: d’un poilu à sa femme, d’une veuve de guerre à une autre, d’une mère qui va mourir à son jeune fils, lettres d’amour, de désespoir, de réconfort, lettres laconiques de l’administration militaire, lettres qui ressemblent à des prières. Des cloches d’une église de village, Laurichesse écrit qu’elles s’étendent «en nappes de bronze vers les collines». C’est exactement le son, cuivré, vibrant, prolongé, que fait entendre ce beau livre dont chaque phrase est une victoire contre l’oubli."

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MessageSujet: Re: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 19:01





Quatrième de couverture

L'ombre d'un étudiant des années trente — le survivant de la Place Monge — erre dans les rues du quartier latin. Il a été orphelin dans un internat gris de province. Il sera prisonnier dans une froide région d'Allemagne. Dans ses pas, son fils imagine ce que fut sa jeunesse à partir de photographies, de poèmes, d'anecdotes. Il le rejoint au bout du chemin, où le présent se confond avec le mythe.




Mon avis


L'auteur revient pour notre plus grand plaisir avec un roman qui fait suite au premier. C'est toujours avec ce style admirable, feutré, délicat, qu'il nous parlera ici de son père, fait prisonnier pendant la seconde guerre mondiale et qui s'attachera, pour survivre intellectuellement, à ses lectures et à cette langue qu'il aime par-dessus tout.

Prouesse technique mais également prouesse narrative, ce livre est d'autant plus admirable que l'auteur retrace une histoire, que son père a gardé enfouie en lui, à travers des documents.

Un grand moment de lecture.




Extrait :


On le voit sur les photos, dans ses vingt ans, front haut, menton volontaire, lèvres sensuelles, regard intelligent derrière les petites lunettes rondes. Il arpenta le quartier des écoles au long des années trente. Il venait de la province, presque de la campagne, et d’abord s’habitua mal à Paris, son fleuve de pierre, ses arbres trop rares, ses petits messieurs poussés dans les grands lycées du Ve arrondissement. Il y était né pourtant, non loin de là, mais n’aimait pas s’en souvenir. Et même les quelques séjours qu’il avait faits enfant dans la capitale avec ses grands-parents n’avaient pu le raccorder à ces premiers mois de vie que la guerre avait tranchés. Il avait été remarqué au lycée par un jeune professeur de philosophie qui emmenait le jeudi quelques internes hors de la ville, pour de longues promenades si animées qu’ils en oubliaient l’heure et rentraient souvent trop tard pour le dîner. C’était lui qui l’avait poussé vers l’aventure parisienne. Il eut au début la nostalgie des collines aux épaisses châtaigneraies parmi lesquelles il avait grandi. Sur la pente de cette fausse montagne depuis si longtemps déboisée et murée, les eaux vives qui couraient le matin au long des trottoirs lui rappelaient parfois d’autres ruisseaux.

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MessageSujet: Re: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 19:03





Quatrième de couverture

Le voyageur a tourné le dos à sa vie et jeté la clé dans l’herbe. Marchant sur une route pluvieuse, il passe sans le savoir de l’autre côté du paysage. Il y fait la rencontre d’un homme et d’une femme qui l’accueillent pour quelques jours dans leur vaste demeure. Il y poursuivra un autre voyage, par la grâce de la musique, de la littérature et de passions qui ne sont pas les siennes. Il ira ainsi jusqu’au bout de l’hiver, dans cette Arcadie glacée aux bergers énigmatiques.





Mon avis


Je viens tout juste de refermer ce roman et je suis encore sous le coup de l'émotion. Rares sont les auteurs qui peuvent se vanter de faire passer ainsi de tels sentiments.

Non seulement l'histoire est aboutie mais le style l'est également. Nous sommes ici en pleine prose poétique où chaque mot, chaque phrase va résonner dans la tête du lecteur.

Qui est ce personnage quelque peu énigmatique ? Nous ne pouvons ici, comme dans les deux premiers romans, faire une référence familiale. N'est-il pas, finalement, chacun d'entre nous ? Cet homme solitaire n'est pas sans rappeler l'Etranger de Camus, du moins, c'est ce qu'il m'a évoqué.

A travers de nombreuses références culturelles, notamment musicales, on suit le cheminement de ce voyageur énigmatique et l'on retrouve ici quelques détails que l'on pouvait déjà voir dans les premiers romans, notamment celle d'un récit pouvant se créer au travers de documents retrouvés. Ici, il s'agit de lettres que le voyageur, refaisant une pièce chez ces étrangers pour en faire un salon de musique, va retrouver. La différence est qu'il ne sera pas curieux au point de les lire jusqu'au bout. On n'en saura pas plus, ni sur ses lettres, ni sur le sort du personnage principal. Mais, après tout, l'Arcadie ne doit-elle pas rester mystérieuse ?




Extrait :


La pluie s’était mise à tomber doucement. Il releva le col de son manteau. Le paysage se noyait dans la brume à mesure que la route s’élevait. Il entra dans les châtaigniers et l’odeur du sous-bois l’entoura. Son pas sonnait dans le bruit léger des gouttes tombant sur l’épaisseur de feuilles mortes. Il pensa à la musique, puis la musique se tut et il n’entendit plus que son pas. Il se disait que tout était bien ainsi : la route, les arbres, la pluie, et derrière lui cette porte fermée. Il ignorait ce que serait l’heure prochaine et cette ignorance était son habit de voyage.


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MessageSujet: Re: Jean-Yves Laurichesse [XXe - XXIe s]   Dim 22 Nov 2015, 19:05



Résumé :


À sa table de travail, pendant que la nuit s’avance dans la rumeur du fleuve proche, un homme se souvient d’un retour dans sa ville d’enfance, rassemble des bribes d’étés anciens, suit le fil intermittent de l’écriture au long de sa vie. Comme un cheminement rêveur sur les brisées de la mémoire.



Mon avis :



Dans la lignée de ses autres livres mais avec une structure différente, Jean-Yves Laurichesse raconte avec brio des parcelles de vie, de mémoire ; moments intimes que l'on peut tous connaître – et en cela le lecteur ne peut qu'adhérer – et qu'il a très certainement connu, même si, au final, on ne sait pas si le narrateur est l'auteur (sauf si vous furetez sur son site). C'est la figure paternelle ici qui est mise en avant. Un père aimé et aimant qui, malheureusement, a disparu. Les souvenirs s'enclenchent alors sur les lieux du passé, les lieux de l'enfance qui reconstituent une trame fragile mais ô combien puissante. Comme à son habitude, l'auteur emploie un style tout en finesse et en retenue, où la pudeur est de mise. On ressort de cette lecture à la fois ébloui par l'écriture et convaincu par cette histoire qui pourrait être la nôtre.


Ce livre a été plébiscité par le blog de France 3 Midi-Pyrénées.



Extrait :


Le chemin se glisse tout droit entre les fougères tendres et les fleurs de juin. Ils marchent sans parler. Le sol est souple au pied et l’on pourrait aller ainsi longtemps. Mais il cherche quelque chose à gauche au milieu des grands arbres qui dévalent. La forêt, il s’en souvient, était semée d’énormes rochers de granit comme jetés là par des géants, ou tombés du ciel dans des temps d’avant les hommes, restés plantés à mi-pente. Il en distingue quelques uns qui lui semblent de taille mesquine. Sans doute il n’a plus ses yeux d’enfant. Mais soudain il l’aperçoit bien au-dessus du chemin, à travers le rideau des troncs, vaste table posée sur de gros rochers irréguliers, ménageant en-dessous une cavité obscure. Déjà il a commencé à escalader la pente raide à travers les buissons. Elle l’attend sur le chemin, patiente. Ses pieds enfoncent dans l’humus. Il s’accroche aux branches et aux racines, le regard tendu vers les énormes pierres grises et usées qui le dominent à présent de toute leur hauteur. Au-dessus les arbres continuent à grimper vertigineusement jusqu’à une mince bande de ciel.

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