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 Charles-Louis Philippe [XIXe-XXe s / France ; Nouvelles]

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Lydia
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MessageSujet: Charles-Louis Philippe [XIXe-XXe s / France ; Nouvelles]   Lun 07 Déc 2015, 21:02


(Merci au site La Revue des ressources pour cette illustration)


L'enfant malade est une nouvelle du poète et romancier Charles-Louis Philippe (1874 – 1909), parue dans le Mercure de France en février 1900 (Tome 33, N°122).

Autant j'aime exhumer des auteurs peu connus, oubliés, découvrant ainsi de nouveaux textes, autant je comprends pourquoi certains sont tombés dans l'oubli. C'est malheureusement le cas pour ce dernier. Mais peut-être n'ai-je pas commencé par le bon texte car visiblement son Bubu de Montparnasse a obtenu un franc succès. Et Charles-Louis Philippe est tout de même l'un des fondateurs de La Nouvelle Revue Française. En tous les cas, j'ai trouvé L'Enfant malade plutôt mièvre, écrit de façon très médiocre (de nombreuses répétitions, une syntaxe aléatoire...). Était-ce un effet de style puisque le narrateur est l'enfant ? J'ai lu mieux quand même...

Je vous laisse juger !



Extrait :


Cinq ans, six ans et sept ans, la joie…

Un jour de septembre, lorsque j’avais sept ans, j’eus mal aux dents. Mal aux dents, c’est triste. Cela prend les idées et les comprime jusqu’à ce qu’elles souffrent comme des bêtes et ne sachent plus que dire : J’ai mal aux dents. Maman faisait la lessive. Je rôdais autour d’elle, inquiet, je marchais en me plaignant. On dirait que nous promenons notre douleur afin de l’égarer, pour qu’elle se perde dans un coin et ne puisse plus nous retrouver. Maman s’interrompant me regardait avec de bons yeux. Les souffrances d’un enfant sont des souffrances imméritées. Le Destin martyrise quelqu’un qui se plie et qui pleure avec tant de faiblesse que l’on pense : Nature tu es forte, mais tu es bien injuste. Maman m’embrassait : « Mon pauvre petit, tu as mal aux dents ! »

Le lendemain, j’eus encore mal aux dents : Mon garçon nous la ferons arracher ce soir. Le médecin prend des pinces très dures et malfaisantes comme une âme d’acier. On ouvre la bouche, quelque chose s’arrache, on crie. Ça y est.

Le surlendemain, j’eus encore mal aux dents : « Tu n’as pas de chance, mon enfant. Qu’est-ce que c’est donc ce mal aux dents qui ne veut pas finir ? » Je m’asseyais sur une chaise et je penchais la tête, pour voir si pencher la tête ne me soulagerait pas. Je ne promenais plus mon mal comme au premier jour, car il était tel que rien ne pouvait le distraire. Assis sur une chaise et penché, voyez-vous cet enfant : quelque chose est sur lui, trop lourd pour ses petites forces. Il pleure, il invoque sa mère, il invoque Dieu et toutes les puissances qu’il connaît : quelque chose est sur lui, terrible comme un châtiment. La mère pense : « Mon enfant ne vous a jamais offensé, mon Dieu, et moi que vous ai-je donc fait pour que vous vouliez le punir ? Mon Dieu, c’est à moi que vous auriez dû donner cette souffrance. »

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Charles-Louis Philippe [XIXe-XXe s / France ; Nouvelles]
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