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 Dora Heldt [XXe-XXIe s / Allemagne]

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Lydia
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MessageSujet: Dora Heldt [XXe-XXIe s / Allemagne]   Sam 12 Déc 2015, 15:46





Résumé :


"Ce n'est que pour deux semaines. Et il s'agit de ton père. J'en connais des enfants qui sauteraient de joie."
"Comment ça, des enfants, maman ? J'ai 45 ans!"


L'été approche. Christine doit se rendre dans une île du nord de l'Allemagne. Elle a prévu d'aider une amie afin que sa pension de famille et son café soient prêts pour l'ouverture de la saison.
Mais la mère de Christine lui demande d'emmener avec elle son père. Problème : Heinz, 73 ans, est du genre à se mêler de tout ! Surtout de ce qui ne le regarde pas…

Que du matin au soir, il critique la décoration, s'autoproclame maître d'œuvre, traite toujours Christine comme une gamine, passe encore – à l'extrême limite. Mais qui s'improvise conseiller conjugal, alors là, non ! La coupe est pleine.




Mon avis :


Quelle tuile pour Christine ! Se retrouver avec son père, Heinz, pour aller aider, en compagnie d'une copine, Dorothée, son amie Marlène, c'est non seulement la honte mais surtout une tension de tous les instants. Car cet homme de 73 ans est à surveiller comme le lait sur le feu. Incapable – ou presque – de se débrouiller seul sans provoquer une catastrophe, il ne s'est jamais retrouvé loin de sa femme. Mais celle-ci doit se faire opérer du genou, voilà pourquoi, ayant besoin de repos, elle l'envoie rejoindre sa fille. Et lorsque Christine le voit débarquer à la gare avec, dans son sac aux roulettes cassées, tout un attirail pour se rendre utile à la pension (perceuse, chargeur de batteries....), elle pressent le pire. Surtout que c'est elle qui doit tout porter, son père se plaignant d'avoir mal à la hanche. Heureusement, ses amies sont conciliantes et vont faire en sorte de la soulager.

Tout pénible qu'il soit, on peut voir apparaître de la bonté chez cet homme qui s'inquiète, sans vouloir forcément le montrer, pour sa fille, comme lorsqu'elle était petite, et surtout pour sa femme. Il n'y a qu'à le voir questionner Christine lorsque celle-ci a un coup de foudre pour un jeune homme, Johann Thiess, ou le voir déambuler comme un zombie, de mauvais poil qui plus est, le matin où sa femme doit se faire opérer et redevenir tout guilleret lorsqu'il apprend que tout s'est bien passé ! N'est pas Tatie Danielle qui veut. Finalement, on s'attache à cet homme et on en viendrait presque à reprocher à sa fille d'être dure avec ce dernier. Mais que celui qui n'a pas eu un Heinz dans sa famille ou dans son entourage proche lui jette la première pierre. Car il faut reconnaître qu'il peut être terriblement embêtant à certains moments.

Ce roman est plein d'humour, léger, dans la droite lignée de ceux de Nicole de Buron pour les connaisseurs. J'ai vraiment passé un bon moment à le lire. L'écriture est agréable, plaisante. Bien sûr, ce ne sera pas un prix Goncourt, ceci dit, ce n'est pas sa vocation (bien qu'il soit resté quand même 61 semaines d'affilée dans la liste des meilleures ventes du magazine allemand Spiegel). Mais si vous cherchez un  livre qui va vous permettre de vous relaxer, de décompresser, alors n'hésitez pas !

Un grand merci aux Éditions de l'Archipel pour ce partenariat.





Extrait :




Deux heures plus tard, nous étions dans la cuisine en train de préparer le dîner, et je pleurais en épluchant les oignons. Soudain, nous entendîmes un objet métallique chuter dans l'allée, du verre se briser et un homme vociférer. Je fis un bond tel que mon couteau glissa. Aveuglée de larmes et mon pouce blessé dans la bouche, je me précipitai dans la cour, Marlène et Dorothée sur les talons.

- Papa ! Tu t'es fait mal ?

Sa bicyclette était enfouie sous un container à ordures. Kalli, quant à lui, posa son vélo contre la clôture et nous regarda, tout penaud.

- Heinz a foncé tout droit sur la benne.

Mon père se releva et épousseta son pantalon.

- Forcément, ce vélo n'a pas de freins ! Seulement cinq vitesses, pas de suspension et, pour couronner le tout, des plaquettes de freins complètement usées. Tiens, Kalli, je te rends ta machine infernale.

Quand son regard se posa sur moi, il recula, surpris.

- Qu'est-ce que tu as à pleurnicher comme ça ? Et depuis quand tu suces à nouveau ton pouce ? Quant à toi, Marlène, ta poubelle est vraiment mal placée, on ne l'aperçoit qu'au dernier moment.

Marlène et Dorothée remirent le container en question à sa place initiale.

- Mais pourquoi vous déboulez à toute berzingue dans la cour, aussi ? La poubelle se trouve à cet endroit depuis des années, tu es le premier à foncer dedans.

- Bon, on meurt de faim. Le dîner est bientôt prêt ?

- Oui, mais ramasse d'abord les ordures.

Marlène poussa un balai dans les mains de mon père et retourna en cuisine. Mon père tendit le balai à Kalli et la suivit. Je continuai à sucer mon pouce en regardant Kalli nettoyer, puis rattrapai mon père.

- Kalli a commencé à balayer.

- C'est bien la moindre des choses. Le vélo lui appartient, après tout. J'ai failli mourir, moi.
Papa !

- Heinz....

- Tout à fait. Mais je peux lui apporter une pelle, ça lui évitera de se salir. Christine, tu veux bien arrêter de sucer ton pouce, à la fin ? Que va penser Kalli ?

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"Je ne risque rien, les ruines, c'est indestructible !" (inspiré Des Diaboliques).
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Dora Heldt [XXe-XXIe s / Allemagne]
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