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 Frédéric Guillaume de Vaudoncourt [XIXe s ; France / Mémoires]

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Lydia
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MessageSujet: Frédéric Guillaume de Vaudoncourt [XIXe s ; France / Mémoires]   Jeu 04 Fév 2016, 20:35


Mémoires d'un proscrit (2 tomes).



Quatrième de couverture :


Tome I, 1812-1815. Récits des derniers temps de l’Empire par un général de Napoléon

Frédéric Guillaume de Vaudoncourt fut l’un des généraux de Napoléon. Publiés en 1835, ses Mémoires d’un proscrit n’ont étonnamment jamais été réédités, bien qu’ils constituent un témoignage précieux, d’une grande valeur historique et littéraire. C’est donc chose faite. Dans ce premier volume, qui couvre les années 1812 à 1815, le général retrace brillamment les dernières années de l’Empire : engagé volontaire dans les armées de la République, puis appartenant à l’élite militaire de Napoléon Ier, il s’avère fin connaisseur des hommes et des idées de son temps. Avec un véritable talent d’homme de lettres, il mêle dans son récit l’épopée impériale à sa propre histoire : le désastre de Russie (1812), le retour des Bourbons (1814) et l’aventure des Cent-Jours (1815) sont aussi des expériences personnelles, racontées avec sobriété. Rédigés peu après les faits, ces Mémoires livrent une autre vision des événements épiques qui ont bouleversé la France et l’Europe au début du XIX° siècle, et c’est donc un regard rare, dénué du voile de la nostalgie napoléonienne, qu’ils proposent aux lecteurs d’aujourd’hui.



Tome II, 1816-1834. Un général de la Grande Armée et les révolutions européennes


Dans ce second volume des Mémoires d’un proscrit, couvrant les années 1816 à 1834, Frédéric Guillaume de Vaudoncourt, général de la Grande Armée napoléonienne, raconte son expérience de révolutionnaire et d’ardent activiste de la liberté. Après sa condamnation à mort lors de la Terreur Blanche, il sillonne l’Europe à la recherche d’appuis pour renverser la dynastie des Bourbons, installée en France après Waterloo. Il entre en relation avec les exilés bonapartistes ou républicains qui partagent ses espérances. Alors que sur tout le continent des monarchies sont rétablies, et afin de mieux les combattre, le général rêve d’unir les patriotes européens dans une “Sainte-Alliance des peuples”. Ainsi, quand les Espagnols, puis les Piémontais se soulèvent contre leur roi, le général se place-t-il aussitôt à leur côté. Aucun homme du temps n’a laissé pareil témoignage sur ces événements : il permet de mieux saisir l’intensité des luttes entre partisans de la liberté et partisans de la contre-révolution en France et en Europe. À la lecture de ce passionnant récit, une certaine image de la Restauration se modifie et on comprend que le vent de la Révolution de 1789 n’a jamais cessé de souffler dans l’esprit de certains contemporains.





Mon avis :


Cet ouvrage me réconcilie avec l'Histoire du XIXe siècle, qui, habituellement, n'est vraiment pas quelque chose qui m'intéresse. Il y a des époques comme ça qui me captivent moins que d'autres. Mais n'étant pas fermée, je suis toujours friande de journaux, correspondances, biographies ou mémoires qui en apprennent souvent beaucoup plus qu'un fastidieux manuel d'Histoire jargonnant.

Une fois de plus, c'est le cas ici. C'est avec une écriture résolument moderne, ce qui me fascine toujours, mais riche sur le plan stylistique que ce proscrit, général de la grande armée, va nous faire partager son exil. Bien que gradé, et donc attaché à Napoléon, c'est avec beaucoup de recul et sans une once de regret que Frédéric Guillaume de Vaudoncourt va faire état des événements qui l'ont amené à sa condition. Si vie privée et vie professionnelle sont étroitement imbriquées dans sa situation, il n'en reste pas moins qu'elles apportent toute la lumière nécessaire à la bonne compréhension de cette période troublée. On restera admiratif face à l'humour dont voici un échantillon : " Ces informations me suffirent pour me décider à m'éloigner davantage, au grand contentement de ma craintive compagne, qui ne se trouvait pas encore assez éloignée de ce qu'elle appelait, je pense sans trop d'exagération, nos bourreaux. Nous ne nous occupâmes donc plus que de choisir le lieu où nous irions chercher un asile. N'ayant pas une disposition bien prononcée pour les cachots ou les cancers à l'estomac, nous ne nous sentions pas disposés à profiter des bontés de cette alliance, appelée Sainte, par une figure de rhétorique qui paraît appartenir à l'ironie. Nous passâmes cependant en revue les quatre enfers qu'on nous destinait pour Champs-Elysées" (P41). Ce style, certes ironique, intervient dès les premières pages. Le ton est donné. Mais n'est-ce pas là un stratagème afin, justement, de ne pas laisser paraître ses émotions ? En bon général qui se respecte, celui-ci reste pudique afin de laisser le premier plan à l'Histoire dans toute sa splendeur. Et c'est de bout en bout que cet humour, fin, va ponctuer le texte. Le deuxième volume s'achèvera ainsi sur une pensée qui force le sourire : " Car en vérité, il vaut mieux être au nombre des spectateurs que d'avoir rien de commun avec ceux qui sont au pouvoir." Humour fin, disais-je, mais parfois féroce, notamment envers les britanniques qui en prennent, si j'ose dire, pour leur grade, dans le premier tome : " Le paysan anglais, quoi qu'on en dise, abruti sous le despotisme d'une aristocratie toujours plus soupçonneuse, à mesure que sa force numérique diminue, est élevé dans la haine de tout ce qui est étranger, et est par là fort peu sociable." (P56) Le deuxième tome fera plus référence aux espagnols et aux italiens avec une plume moins acerbe : " Un seul réfugié piémontais, capitaine de garde nationale, vieillard très doux et inoffensif, fut grièvement blessé par trahison, mais il n'en parvint pas moins à faire fuir ses assassins, au nombre de plus de vingt." (P160)

Ceci dit, qu'il encense ou qu'il critique, Frédéric Guillaume de Vaudoncourt reste fidèle à ses valeurs d'homme droit dans ses bottes, d'humaniste au sens noble du terme. Et ce n'est jamais vraiment l'homme en lui-même qu'il fustige mais bien plutôt le gouvernement et la politique.

Une mention spéciale aux notes de Laurent Nagy, précieuses afin de combler les lacunes du lecteur ou d'apporter les renseignements nécessaires.






Extrait :



Je ne sais qui s'est avisé de dire que les habitants de Brest étaient d'un caractère inquiet et revêche, et que, sous ce rapport, le commandement que j'avais exercé était un des plus difficiles de France ; cela a pu être dans plus d'un cas ; mais à qui la faute ? J'ai fait une expérience tout à fait contraire, et j'en ai reçu toute la satisfaction imaginable, je dois le dire, uniquement parce que je n'ai employé pour mériter la confiance que les deux moyens sont tout homme qui est animé du véritable amour de la patrie, et d'un juste respect pour ses concitoyens et pour lui-même, ne doit jamais s'écarter : franchise et loyauté. Dans tout pays où l'homme n'est pas réduit à la condition d'esclave ignorant et abruti, chaque citoyen est en droit d'exiger de ceux qui sont investis de toute ou d'une partie de l'autorité, d'être francs et loyaux dans l'exercice de leurs fonctions. Ces deux qualités sont pour les fonctionnaires un devoir sacré et indispensable ; c'est la condition dont je ne me suis jamais écarté dans tous les emplois qui m'ont été confiés ; et je ne serai démenti en cela par aucun de mes honorables camarades.
(P344)

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