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 Les Plumes, chez Asphodèle

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Lydia
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MessageSujet: Les Plumes, chez Asphodèle   Sam 27 Fév 2016, 11:13



Pour une fois que j'ai un tout petit peu de temps, je me fais le plaisir de participer aux fameuses Plumes d'Asphodèle, qui fonctionnent sur le même système que le dernier concours sur Nota Bene : une liste de termes et on laisse aller son imagination afin de créer un texte ne dépassant pas 700 mots.


La liste était la suivante : Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier, errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.




Voici ma prose  :


On me rapproche de la fenêtre, comme à chaque fin de repas, pour de longues heures. Le rituel quotidien qui soulage leur conscience. On me demande, avec un enthousiasme feint, de regarder le paysage verdoyant, la prairie au loin. Si je pouvais répondre, je leur ferai comprendre que c’est du délire. Que dois-je voir au juste et pourquoi ? Les moutons en train de pacager pendant qu’une jolie petite bergère gironde attend patiemment sous un arbre ? Belle image d’Epinal qui me fait penser à celles que l’on gagnait, à l’école primaire, lorsqu’on avait accumulé dix bons points. Ce nuage semblant aller à la rencontre du soleil, semant derrière lui quelques avatars cotonneux ? L’alouette chantant l’arrivée du printemps ? La petite mare aux nénuphars où les grenouilles côtoient les libellules, ces insectes gracieux passant leur temps à baguenauder d’herbe en herbe ? Non, bien sûr, il n’y a rien de tout ça. Seulement un parc dont je vois la grille au loin, la porte de sortie que je ne franchirai jamais.

Ils veulent me rendre fou en me montrant la liberté, celle à laquelle je n’ai plus droit, ôtée par une circonstance bien particulière : l’accident. Le truc bête... Un instant de flânerie sur l’autoroute, un cri, le choc brutal, souvenir évanescent qu’il me reste de ce jour maudit, puis plus rien. Je me suis réveillé dans une chambre aseptisée où les machines ronronnaient pour me maintenir en vie. On m’a cru passé de vie à trépas, tombé dans un coma profond duquel je ne devais jamais revenir. Mais une main céleste en a décidé autrement. Pourquoi m’avoir fait m’agripper ainsi à la vie ? Pour expier ma faute ?

Ma compagne a perdu la vie dans l’accident. Nous étions heureux. Nous menions une vie de bohème, ne programmant jamais rien afin de profiter au maximum de la vie au jour le jour. Carpe diem se plaisait-elle à répéter. Ce jour-là, nous revenions d’une fête, l’anniversaire d’un ami. J’avais bu, plus que de coutume. Je n’ai pas vu la voiture freiner brusquement devant moi. Finir ainsi, à trente ans... Je ne me le pardonnerai jamais.

Vivre est une souffrance. L’expiation de cette faute. Je suis prisonnier de mon corps. Tétraplégique. Seul mon cerveau fonctionne encore et me permet cette errance qui me maintient loin de cet établissement médicalisé. Mon imagination vagabonde parfois. Je me plais alors à m’imaginer comme avant, moi le paria qui ne sert plus à rien dans cette société toujours en mouvement, moi, le meurtrier. Tout juste bon à regarder par la fenêtre ce qui se passe à l’extérieur. J’entends l’infirmière qui arrive. Ce doit être l’heure du goûter. Elle va encore me demander si tout va bien mais je ne lui répondrai pas. Je clignerai des yeux, comme à chaque fois, et elle interprétera comme elle le désire cette réponse. Elle s’obstine à me faire la conversation alors que je ne peux même pas répondre. Je sais que c’est son travail. Elle est bien aimable d’ailleurs. Mais je préférerai discuter avec ma compagne, la rejoindre, lui demander pardon. Mais ai-je droit à la rédemption ? Je le saurai le jour ultime...  Peut-être...

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MessageSujet: Re: Les Plumes, chez Asphodèle   Dim 24 Avr 2016, 14:11

Tiens, je me rends compte que je n'avais pas mis mon autre texte, pour les plumes N°50 (12 mars 2016) !





Cette fois, le thème était : Célébrité.

Voici les mots à replacer : Vedette, fragiliser, fortune, film, projecteur, fumé, paparazzi, fanfreluche, réputation, prétention, chanteur, oublier, local, gros, météorite, étoile, talent, chaleur, lumineux, diva,  barricader, moi.



***********



Mon texte :
(319 mots)





Le Canard du soir de Vasouille-les-Panards

12 mars 2016

Article de notre envoyé spécial, Jean DidéKoneri






Annulation du spectacle de Fridola Oumlala


Ce samedi 12 mars 2016 aurait dû avoir lieu le récital de notre diva locale, Fridola Oumlala, dont la réputation n’est plus à faire et a dépassé les frontières de notre village puisque, dernièrement, un habitant de Fouine-sur-Belette nous disait la connaître. Après une enquête rondement menée, nous avons appris que ce dernier n’était autre que le photographe autoproclamé de la star, un cousin, chanteur sans prétention, qui jouait le paparazzi de notre étoile.

Notre vedette est actuellement sous traitement médical. Alors qu’elle s’était rendue à la salle des fêtes voir le dernier film ou plutôt court-métrage d’Augustin Pichard, autre talent local, le projecteur, aussi vieux que son propriétaire a explosé faisant un bruit de pétaudière et émettant une forte chaleur soudaine. Fridola, les nerfs à fleur de peau, a eu tellement peur qu’elle est partie se barricader dans le local attenant, celui où sont rangés les balais et autres produits de ménage. Il fallut montrer patte blanche pour la déloger. Elle a expliqué avoir vu un gros faisceau lumineux et avoir cru qu’une météorite s’abattait sur la salle des fêtes de Vasouille-les-Panards.

Le médecin a diagnostiqué une dépression. En effet, notre chanteuse n’a pas encore fait fortune. Elle se démène, allant de télé-crochets en gala dans les maisons de retraite mais les ventes de son dernier album, Fanfreluche et Saumon fumé sont à compter sur les doigts d’une main. Son « Moi » n’a pas encaissé le choc.

Lors du prochain récital, amis lecteurs, il ne faudra pas oublier d’acheter son CD afin de ne pas fragiliser encore plus le moral de Fridola. Vous pourrez toujours l’offrir à votre tante Jeanne ou votre oncle Raymond. Nous vous tiendrons au courant de la date.

À bientôt, donc, dans ce même journal, pour des nouvelles plus heureuses !

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Dernière édition par Lydia le Dim 24 Avr 2016, 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Plumes, chez Asphodèle   Dim 24 Avr 2016, 14:15

Les Plumes N°51



Un petit changement cette fois puisqu'il n'y avait pas de thème précis. Nous devions donner des mots commençant par la lettre A, comme Avril.

Voici les mots à replacer : Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif, azimuté, s’agenouiller, anamorphose, aimer, accroche-cœur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver.



Et, petite nouveauté, nous devions également insérer dans notre texte la phrase suivante : La soif ne la (le) (me) quittait (s) plus.




************




Mon texte : (321 mots)



Le désert à perte de vue… Mais qu’est-ce que je fous là ? Ça m’apprendra à vouloir faire les paris les plus cons du monde. Il faut dire qu’hier soir, j’étais totalement azimuté. La partie de poker durait depuis des heures. Nous avions descendu pas mal de bouteilles. Venaient s’ajouter à l’ambiance les filles. J’en avais remarqué une tout particulièrement qui arpentait la salle en me regardant obstinément. Vêtue d’une petite robe évaporée montrant ses formes aguicheuses, elle se déhanchait sur ses escarpins et vint se poser avec grâce, telle une abeille faisant une arabesque, sur mes genoux. Comment ne pas aimer son style années 50 avec ce petit accroche-cœur plaqué sur son front et son collier d’où étincelait une goutte d’ambre ? Mais sa façon d’agir m’avait déstabilisé dans ma façon de jouer. Ahuri, je continuais la partie mais mon jeu devenait approximatif. L’alcool et la fierté aidant, il était hors de question de s’agenouiller et de perdre le pari alléchant : 10 000 dollars pour le gagnant et trois jours dans le désert pour le perdant. On m’avait demandé si je voulais continuer. J’avais répondu affirmativement. J’aurai dû passer mon tour. Mais les hormones parlaient pour moi. La fille me faisait des discours enjôleurs, l’ambiance devenait de plus en plus chaude, la soif ne me quittait plus…

Et je suis là, seul, dans mon automobile. Je ne sais pas comment je suis arrivé là. Ai-je conduit ? Depuis combien de temps suis-je là ? J’ai la gorge sèche et rien pour m’abreuver. Ce qui est sûr, c’est que je suis le grand perdant. Le désert du Nevada a remplacé Las Vegas. Il fait une chaleur étouffante. Pas un seul petit nuage actif à l’horizon. La ligne d’horizon semble se déformer. C’est une anamorphose. Je suis victime d’hallucinations à présent, dues à la fatigue et à cette soif qui m’obsède. La même qu’hier… Mais cette fois, ma vie en dépend.

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MessageSujet: Re: Les Plumes, chez Asphodèle   Sam 07 Mai 2016, 14:55

Les Plumes N° 52


Cette fois, le thème était : la PEUR.

Voici les mots à replacer : Bleu, cauchemar, vertige, avion, tremblement, sursauter, vulnérable, coller, ventre, eau, téméraire, inspirer, méchante,  bouleverser.

Difficulté supplémentaire, il faut également insérer les trois titres suivants :

L’adieu aux lisières (de Guy Goffette)
L’étoile d’argent (Jeannette Walls)
La femme en vert (d’Arnaldur Indridason)



**********



Mon texte : 343 mots.




Lundi soir, j’attendais impatiemment le billet de la collecte d’Asphodèle...


Source image




Billet qui me fait toujours rire avec ses phrases bien tournées et ses illustrations bien trouvées. Le ton légèrement moqueur me plaît car la grande prêtresse du blog n’est jamais méchante.

 
 
Je ne prépare jamais rien à l’avance, j’attends toujours la liste des mots à replacer dans le texte pour m’inspirer et coller au mieux avec le thème lorsque je le peux, même si ce n’est pas obligatoire.

 
 
Cette fois, quelque chose me fit sursauter et ce n'était pas l'étoile d'argent qui brillait dans le ciel !

 
 
Asphodèle mettait en avant le fait qu’Emilie et Val avaient une frousse bleue de l’avion. Je me gardais bien de répondre à cela, planquée derrière mon écran et mon bouquin, La femme en vert, un polar d’Arnaldur Indridason...

 
 
 
Bon, ce n'était pas exactement ce livre mais il fallait que je le replace dans le texte si je ne voulais pas subir le courroux de Miss Aspho, capable de sortir sa baguette.

 
 
Bref, disais-je, je ne faisais aucun commentaire à ce sujet… pas téméraire pour deux sous… car je suis moi aussi aérodromophobe. Inutile d’essayer de me faire grimper dans cet oiseau volant, cauchemar ultime de mon vertige ! Dire adieu à tout, trop peu pour moi ! Adieu ce monde, adieu aux lisières de notre belle terre... (vous noterez la subtilité pour replacer le troisième titre !!!)

 
 
J’aurais tellement peur qu’il s’écrase que rien que d’y penser, mon ventre se noue, secoué par des tremblements ; la frayeur s’insinue en moi, sournoise et insidieuse, venant bouleverser tous mes sens. Il faudrait vraiment, je crois, pour m’y faire monter, que je sois ligotée, bâillonnée, sous cachets et que ce soit la fin du monde ou quelque chose s’y apparentant !

 
 
Je préfère de loin le bateau. Je me sens moins vulnérable. Je me dis que je pourrai toujours, s’il arrive quelque chose, sauter à l’eau. Oui, c’est idiot, mais que voulez-vous, les phobies font perdre toute raison !



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