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 Antonin Artaud [XXe s / France ; Essai]

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Lydia
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MessageSujet: Antonin Artaud [XXe s / France ; Essai]   Lun 29 Fév 2016, 21:03






Quatrième de couverture :


Voici le livre le plus violent de la littérature contemporaine, je veux dire d'une violence belle et régénératrice. Héliogabale, né sur un berceau de sperme, mort sur un oreiller de sang est un noir héros de notre monde.
Sa légende est faite de perversité et d'exécration. El Gabal " celui de la Montagne " est non seulement l'empereur dépravé de la Rome pourrissante du Troisième siècle, livré aux vices et à la folie, mais aussi le premier héros infernal de cette rencontre avec l'Orient, dont Apollonius de Tyane fut l'archange. Incarnation du mythe hermaphrodite, adorateur du Soleil et de la pierre noire Elagabale, il a vécu jusqu'à l'extrême le drame de l'affrontement entre le monde gréco-latin et la Barbarie.
Il s'agit bien ici d'un texte initiatique : prête païen et empereur de Rome à l'âge de quatorze ans. Héliogabale annonce à la fois le rite solaire des Tarahumaras, et le sacrifice de Van Gogh le Suicidé de la société, puis la descente aux Enfers d'Artaud le Momo. Héliogabale est l'Anarchiste, avant d'être l'Alchimiste couronné. Ce livre envoûtant, le plus construit et le plus documenté des écrits d'Antonin Artaud est aussi le plus imaginaire. Qui n'a pas lu Héliogabale n'a pas touché le fond même de notre littérature sauvage.





Mon avis :


Difficile de faire un essai sur un personnage tel qu'Héliogabale. Celui qu'on a voulu faire passer pour un être pervers et sanguinaire l'était-il réellement ? Extravagant, certes, il était connu pour ça. Mais cruel ? Les Historiens en viennent à se dire qu'on a voulu le faire passer pour, comme le dit Artaud, un fantoche, afin de privilégier son cousin, Alexandre Sévère. Encore une fois, tout n'est qu'une question de politique et, surtout, de religion. Car Artaud le met bien en relief ici. Héliogabale voulait faire un culte unique, un culte solaire... autre décision qui passera pour une excentricité.

Si le texte est plutôt complexe, ne nous voilons pas la face, il reste néanmoins très intéressant. Sous la plume d'Artaud, le personnage prend une dimension nouvelle. Cet essai permet également de mieux connaître cette période durant laquelle la décadence et la luxure régnèrent.

Un grand merci à Lili Galipette qui a eu la gentillesse de m'offrir ce livre.





Extrait :


Donc, pendant qu'on se sert de lui comme d'un fantoche, d'un fantoche vidé de roi, pendant qu'on le manipule comme un membre, - et les parades journalières au temple font partie de ces manipulations, - pendant que tout le monde travaille pour lui, tout le monde, c'est-à-dire Julia Moesa, sa grand'mère, Julia Soemia, sa mère, et les deux eunuques de celle-ci, de Julia Soemiamira : Gannys le prévoyant, le sagace, Eutychien le Grotesque; - et, tout à côté de Julia Soemia, Julia Mammoea, la soeur de cette dernière, qui, tout en faisant semblant de travailler pour lui, travaille en réalité pour son fils, le petit Alexandre Sévère (pour mettre, à la place d'Héliogabale, un jeune empereur à la verge pure et à la tête de mouton frisé); tandis que tout le mode travaille pour lui, Héliogabale aussi travaille pour lui-même, mais d'une façon qui aurait bien étonné les historiens de l'époque, s'ils s'étaient risqués à y regarder de plus près. On peut le mener tous les jours au temple ; et, revêtu de la tiare solaire qui porte une corne de bélier, le faire évoluer selon les rites comme une statue qui ne dit mot; Héliogabale, aidé de Gannys, a pénétré toute l'intrigue, et il se propose d'en profiter.
Mais d'en profiter comme un roi. Avec grandeur et magnificence, avec une conscience vraiment royale des pouvoirs qui reviennent au roi et qu'il puise derrière les rites. (P 85-86)

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Antonin Artaud [XXe s / France ; Essai]
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