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 Italo Calvino [XXe s / Italie]

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Lydia
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MessageSujet: Italo Calvino [XXe s / Italie]   Sam 18 Juin 2016, 17:47



"Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra est, sans conteste, un soldat modèle ; mais tous le trouvent antipathique". Voici ce que consigne Sœur Théodora dans son manuscrit. Et lorsque Charlemagne passe ses troupes en revue, c'est avec stupeur qu'il découvre que l'armure est vide. Pourtant, ce preux chevalier semble bien exister puisqu'il combat, donne des ordres et veille à la discipline...

La nonne va ainsi mettre en scène des personnages fantasques, comme Gourdoulou, qui s'identifie à tout ce qu'il rencontre. Une scène est particulièrement cocasse : cet homme voit des canards. Il se jette alors à l'eau tout en poussant de tonitruants "coin coin" ! Bien entendu, il deviendra l'écuyer d'Agilulfe, formant ainsi son opposé.

Italo Calvino nous plonge, à travers la plume de Sœur Théodora, dans le monde médiéval. Cependant, s'il parodie avec brio les genres de l'époque, il n'en reste pas moins que sa réflexion va plus loin. Ainsi, il s'interroge sur l'identité à travers l'étroite imbrication de la fantaisie et du réalisme.




Extrait :


Sous les murs rouges de Paris, s'était déployée l'armée de France : Charlemagne devait passer les paladins en revue. Ils attendaient depuis trois grandes heures, dans la touffeur d'un après-midi de début d'été. Un peu couvert, nuageux ; on mitonnait dans les cuirasses, comme dans des marmites mises à cuire à feu doux. Peut-être bien que, dans cet alignement imperturbable de chevaliers, quelqu'un déjà s'était évanoui, ou simplement assoupi : de toute façon, l'armure les maintenait bien cambrés sur leur selle, tous pareils. Et soudain, trois sonneries de trompette ; dans l'air immobile, les plumails des cimiers tressaillirent comme au passage d'un vent coulis. D'un coup s'éteignit cette sorte de rumeur marine qu'on avait perçue jusque-là : ce n'était, bien sûr, que le ronflement des guerriers, assourdi par l'embouchure métallique des heaumes. Enfin ! Là-bas au fond, c'était lui, Charlemagne ! Il s'avançait sur un cheval qui semblait plus grand que nature, sa barbe étalée sur sa poitrine, ses mains posées sur le pommeau de la selle. Régner et guerroyer, guerroyer et régner, pas de trêve, pas de repos : il avait quelque peu vieilli, depuis la dernière fois où ses soldats l'avaient vu. Devant chaque officier, il arrêtait son cheval et se tournait pour examiner l'homme des pieds à la tête.

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