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 Gloria Cigman [XXe-XXIe s / Royaume-Uni ; Roman historique]

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Lydia
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MessageSujet: Gloria Cigman [XXe-XXIe s / Royaume-Uni ; Roman historique]   Dim 19 Juin 2016, 16:06




Quatrième de couverture :


« Alison, » dit son père, « sera élevée comme un garçon. »
Mais cette fille non désirée a un caractère bien trempé ; elle devient une femme pleine de passion, qui défie toute autorité masculine et connaîtra de nombreux mariages.
Alison est un pur produit du XIVe siècle, une époque tourmentée par des guerres interminables, la peste noire et une impitoyable chasse aux hérétiques.
Et pourtant, il y a quelque chose d’intemporel dans l’histoire de cette femme. Sa vie est assombrie par le conflit qui la déchire, entre son appétit insatiable et son besoin inassouvi de sérénité spirituelle.
Marquée par de lourds secrets, elle connaît le chagrin, l’angoisse et la perte des siens.
Et pourtant, la joie débordante d’Alison est semblable à une flamme : elle ne faiblit jamais bien longtemps.





Mon avis :


Bien que l’écriture de ce gros roman de 416 pages soit résolument moderne, il n’en reste pas moins qu’elle colle à l’histoire et qu’elle est très agréable. C’est bien simple, j’ai mis mon nez dans ce roman et je l’ai dévoré en un temps record. Nous suivons la vie d’Alison de bout en bout, toutes les péripéties qui l’ont aidée à se construire. Nous apprenons tous les détails à travers plusieurs narrateurs : Alison, sa grand-mère (Banmaman), Matilda (son amie), Lys (sa fille) ou Lollius qui deviendra, à force de ténacité, l’ultime époux. Je dis ultime car Alison n’a rien du caractère dévoué de la jeune fille que l’on peut trouver dans les romans médiévaux ou d’inspiration médiévale. Non, Alison n’est pas le cliché de la femme servant son mari jusqu’à la fin de ses jours. Alison est une fille tourmentée. Élevée comme un garçon, sa personnalité devient complexe. Elle est résolument attirée par le péché de chair tout en combattant ce dernier. Elle est tiraillée entre le sexe et la spiritualité. Elle le restera jusqu’à la fin, se prenant même pour Marie-Madeleine lorsque la mort approcha. Alison aura une multitude d’amants, pas moins de sept époux, une relation incestueuse avec son frère Ben, l’attardé. Elle abandonnera sa fille, Lys, fruit de ses amours coupables. Lys, dernière narratrice, Lys à qui la mère avait raconté qu’elle était le fruit d’un viol. Lys qui n’apprendra que tardivement la vérité et qui finira dans un couvent. Elle cherchera qui est son père ; pauvre fille dont la vie fut happée par celle de sa mère. On a pitié de ce triste destin.

A travers ce personnage d’Alison, qui, il faut bien le dire, finit par agacer (bien qu’attachante au départ), se dessine une période ponctuée par la guerre et la maladie. Ceci dit, tout n’est pas noir dans ce roman. Il ne faut pas oublier le message ultime : il faut donner de l’amour.




Extrait :



Lollius 1404-1412



[...] De nombreuses questions me torturaient l’esprit. Qui était le père de Lys ? Pourquoi la rencontre entre mère et fille fut-elle un tel choc pour toutes deux ? Qu’est-ce qui les avait séparées et quand ? Matilda ne me dit rien. Peut-être n’a-t-elle pas les réponses elle-même.

Mes pensées se tournèrent vers Lys même, seule quelque part dans la maison, mangeant ce que les domestiques déposaient devant sa porte, buvant de l’eau et un peu de vin, mais ne parlant à personne. La solitude, me dit Matilda, est ce qui convient à beaucoup de religieuses. Lys suivrait le chemin que Dieu avait choisi pour elle, quel qu’il soit. Elle parlait avec la conviction de la foi, mais elle en dit trop peu pour moi. Il me fallait en savoir plus.

La porte de la petite chambre en haut de l’escalier était entrebâillée. Lys était assise près d’une fenêtre, les mains sur les genoux. Alors que je me tenais dans l’embrasure de la porte, elle se retourna et me regarda sans montrer de mécontentement ni de surprise. Je m’en allai sans un mot. Chaque jour, après cela, je rentrais dans la pièce et m’asseyais près d’elle sans parler. Jamais longtemps, et seulement quand Alison était endormie dans son fauteuil.

J’attendais. Enfin, Lys parla. Elle me questionna sur moi-même, de manière directe et enfantine : quel était mon nom et depuis quand avais-je épousé sa mère ; ce que j’avais fait dans la vie avant de vivre ici. Je dus sourire quand elle me demanda si j’avais été aussi gentil avant d’être un vieil homme. Son attitude était toujours pleine de respect. Elle écoutait pensivement chacune de mes réponses.

Je n’essayais pas de la persuader de quitter sa chambre. Matilda m’avait fait comprendre que Lys avait besoin d’un espace à elle où elle pourrait réfléchir à ce qui la troublait. Un jour vint où, d’elle-même, elle me suivit pour descendre l’escalier étroit.

Elle montre quelque intérêt pour sa mère telle qu’elle est maintenant, mais ne s’intéresse pas à sa vie passée. Elle sait qu’elle n’existe nulle part dans la mémoire d’Alison, mais se demande si elle a pu y avoir une place, aussi petite, aussi vague soit-elle.

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