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 Pierre Combescot [XXe-XXIe s]

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Lydia
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MessageSujet: Pierre Combescot [XXe-XXIe s]   Dim 19 Juin 2016, 16:21



Quatrième de couverture :




« Un péplum votre roman ? On y retrouve bien évidemment de la toge, du drapé chic, de la chaise curule, du chapiteau corinthien, des petits musclés du cirque mais également des latrines bien romaines où il me plaît de siphonner tous les vices et bien des vertus trop ostentatoires des faux culs de cette époque, qui peut, par certains côtés, renvoyer à la nôtre. Alors, un conte moral ? Plutôt amoral. En fait c’est une chronique sur Pétrone, l’ami du prince - Néron -, l’arbitre des élégances, et l’auteur de ce que nous appelons aujourd’hui le Satiricon, premier grand roman picaresque de l’histoire de la littérature, peuplé de fiers "picaros" et de tendres canailles. Pétrone est un entrepreneur de démoralisation. De démolition également. Démolition du langage par l’argot glané dans les bouges de Marseille, au temps de sa jeunesse, car Pétrone fut marseillais avant d’être romain. Démolition des idées reçues : Pétrone fait table rase de toutes les conventions ; et en épicurien, il s’amuse, à l’ombre des idées nihilistes. Au moment de s’éclipser sur la pointe des pieds, il ne vous laisse en partage que sa vérole, et de grands éclats de rire au crépuscule.»




Mon avis :


Il s’agit ici d’une chronique tenue par Lysias, proche de Pétrone. Avec la même verve que ce dernier, il va nous décrire la vie de celui-ci, sorte de pied-de-nez à tous ceux qui pensent que l’auteur du Satiricon n’a jamais existé. Bien entendu, il ne s’agit ici que de pure fiction puisque cette chronique n’a jamais existé. Cependant, il faut admirer la prouesse de Pierre Combescot qui s’est vraiment bien documenté et qui fait oublier la fiction. Le lecteur se retrouve plongé au cœur du monde antique, entre Pétrone, Juvénal ou encore Néron.

Certes, le style pourra ne pas plaire car le registre employé est souvent familier. Néanmoins, il convient de remettre les choses dans le contexte et de cesser de croire que les latins ou les grecs ne parlaient qu’en hexamètres dactyliques.

Ce soir on soupe chez Pétrone
pourra apprendre énormément au lecteur car, sous des dehors un peu légers, toute l’histoire antique est là. Pierre Combescot pousse même à aller au-delà et à s’intéresser davantage à ce monde qui a tendance à être considéré comme difficile d’accès.

L’avis de François Nourissier éclaire assez bien ce livre : « Érudit, crapoteux, capiteux, licencieux, merdouillard, parfumé, encanaillé, mais un rien snob – voici un péplum de Pierre Combescot. […] De la caleçonnade à l’antique, mais pratiquée par un amateur de haute volée ! » (Le Point)




Extrait :


Ne voulant pas en rester là, je demandai à Pétrone : « Mais l’homme ? Oui, l’homme Sénèque ? Je ne parle pas de l’artiste, mais de l’homme dans son particulier. Qu’était-il au fond ? » La réponse claqua : « Un parfait salaud !... » Il fit une pause comme s’il eût voulu réfléchir, chercher à nuancer son jugement. Au bout d’un moment, il ajouta : « Au fond, ni plus ni moins salaud que Caton son modèle qui, au temps de la République, céda sa femme Marcia à son ami Hortensius, le grand orateur, pour l’épouser à nouveau à la mort de ce dernier quand elle eut palpé le pactole. Un joli coco aussi, celui-là. - Mais sa condamnation était-elle vraiment fondée ?... - Parfaitement fondée... - Pourquoi ? - Parce qu’elle était injuste et rien n’est plus encourageant que l’injustice... C’était un optimiste et je n’aime pas les optimistes... Il s’est amusé avec les idées ; il a enseigné l’analyse sans imaginer que l’intelligence mène au doute, au découragement, à l’impossibilité de se satisfaire de quoi que ce soit... »

Ces paroles brutales, dépourvues d’espoir, tombèrent comme un couperet. Je crois bien me souvenir aujourd’hui que dans mon désarroi je lui demandai : « Mais alors que faire ?... - Vivre au jour le jour. Maquereautage. Parasitisme... Voilà... A la godille... »

J’admirais Pétrone pour sa liberté de faire une œuvre du quotidien, de l’anecdotique glané d’une multitude de petites découvertes et d’aubaines individuelles ; pour son esprit original et fantaisiste aussi, son charme amer ; pour son insolence car ce délicat de cour, sous les dehors d’un voluptueux du désenchantement, perçait toutes les hypocrisies et les conventions de son milieu, ne se ménageant pas lui-même.

Un soir, chez Néron, lors d’un souper, Ménécrate, son diseur favori, ayant fini de réciter une des pièces en vers de Pétrone, tous les convives surenchérirent de compliments : « Ah ! Cher Pétrone, tes vers enfoncent ceux de Virgile... » Il n’avait pas fallu le pousser pour qu’il rétorque, avec cette ironie décapante qui lui était propre : « Virgile, mais certainement !... Mais un Virgile pour Géorgiques de latrines. »

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